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COVID-19: une commission du Sénat américain recommande des poursuites contre Fauci

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Dr. Anthony Fauci appears before the Senate Homeland Security and Governmental Affairs Committee at the Capitol, Wednesday, July 29, 2026, in Washington. (AP Photo/Allison Robbert) Le Dr Anthony Fauci témoigne devant le Comité sénatorial de la sécurité intérieure et des affaires gouvernementales au Capitole, le mercredi 29 juillet 2026, à Washington. Crédit image | Photo AP (Allison Robbert)

Une commission du Sénat à majorité républicaine a déclaré jeudi le médecin Anthony Fauci, qui avait orchestré la réponse de la Maison Blanche à la pandémie de Covid-19, coupable d’entrave aux prérogatives d’enquête du Congrès.

Sur recommandation de ses avocats, M. Fauci a continuellement invoqué le Cinquième amendement de la Constitution américaine pour garder le silence face aux questions pressantes des sénateurs républicains, qui l’ont interrogé au sujet d’allégations infondées selon lesquelles les origines de la pandémie auraient été dissimulées.

Ce vote de la commission constitue un pas supplémentaire dans la tentative du Sénat de poursuivre l’immunologue de 85 ans.

Avant l’audition, qui s’est tenue la semaine dernière, Anthony Fauci avait dénoncé «l’obsession manifeste» du conservateur Rand Paul, qui préside cette commission, à le poursuivre en justice.

Ce dernier a d’ailleurs annoncé son intention d’envoyer directement la décision de la commission au ministère de la Justice pour engager des poursuites, alors que de telles résolutions doivent généralement être adoptées par le Sénat dans son intégralité dans un premier temps.

Les démocrates membres de la commission ont dénoncé ce vote, le sénateur Gary Peters accusant son collègue Rand Paul d’une «enquête précipitée».

L’élu républicain accuse depuis des années M. Fauci de mensonges à propos de la pandémie de Covid-19 et a récemment publié des extraits de son journal intime.

Si ces derniers ne fournissent pas de preuves sur l’origine du Covid, ils donnent à voir l’inquiétude du médecin, qui conseillait alors Donald Trump - il a gardé cette fonction sous le mandat de Joe Biden - vis-à-vis de la pandémie, mais aussi sa fascination pour sa notoriété grandissante et son agacement à l’encontre du républicain.

Longtemps directeur de l’Institut national américain des maladies infectieuses (NIAID), Anthony Fauci était devenu lors de la pandémie l’expert le plus visible des États-Unis sur le sujet et contredisait souvent Donald Trump.

Grâce présidentielle

Avant l’audition, le président républicain s’était fendu d’un nouveau message accusatoire sur sa plateforme Truth Social, lui reprochant d’avoir «cherché à protéger la Chine» et d’avoir pris «trop de mauvaises décisions».

Anthony Fauci a nié à plusieurs reprises que les États-Unis aient financé des recherches en virologie dites de «gain de fonction» dans le laboratoire chinois de Wuhan, ce que dénonce Rand Paul, qui y voit un «débat sémantique» malhonnête.

Plus de six ans après le début de la pandémie, la question de savoir si le virus s’est échappé de ce site ou s’il s’est propagé d’un animal à l’être humain reste largement débattue.

Anthony Fauci a fait partie des élus et anciens fonctionnaires à avoir été graciés préventivement par Joe Biden juste avant qu’il ne quitte la Maison Blanche, pour ses actions au sein de l’administration publique entre 2014 et le 19 janvier 2025.

D’après les élus républicains, ce pardon l’aurait protégé pour les propos qu’il aurait pu tenir lors de son audition.

Mais son utilisation répétée du Cinquième amendement l’exposerait désormais à de potentielles poursuites par le ministère de la Justice, après la recommandation de la commission du Sénat.

Les juristes sont divisés sur le fait qu’Anthony Fauci était dans son droit d’utiliser le Cinquième amendement alors qu’il était protégé par la grâce présidentielle.

Deux anciens conseillers de Donald Trump, Steve Bannon et Peter Navarro, ont été par le passé reconnus coupables d’entrave aux prérogatives d’enquête du Congrès, et condamnés à des peines de prison.