L’ambassadrice du président Donald Trump en Grèce, Kimberly Guilfoyle, a démissionné mardi à la suite d’allégations de conduite inappropriée, mais a insisté sur le fait qu’elle se «défendrait vigoureusement» contre ces accusations «mensongères».
Le président américain Donald Trump avait demandé sa démission à la suite d’une série d’articles alléguant qu’elle se serait livrée à des agissements inappropriés et peut-être illégaux avant et pendant son mandat à Athènes.
Mais Katie Zacharia, lors de son premier point de presse, a rapporté que Mme Guilfoyle «a été un atout formidable pour l’équipe, et nous lui souhaitons bonne chance».
Cela fait suite à des informations préliminaires communiquées à l’Associated Press au cours de la fin de semaine, et le président Donald Trump a fait part de son mécontentement lundi à propos des reportages concernant la conduite présumée de Mme Guilfoyle.
«Nous examinons la situation», avait affirmé M. Trump aux journalistes à la Maison-Blanche lorsqu’on lui a demandé s’il envisageait de congédier Mme Guilfoyle. «Nous ne sommes pas satisfaits.»
Ces commentaires font suite à un article publié la veille par l’Associated Press, qui, citant un haut fonctionnaire américain, rapportait que M. Trump et le secrétaire d’État Marco Rubio étaient «extrêmement furieux» face au comportement présumé de Mme Guilfoyle et qu’ils devraient se prononcer sur son avenir cette semaine.
Dans une série d’articles datant de la fin du mois dernier, le Wall Street Journal a fait état de comportements douteux de la part de Mme Guilfoyle, notamment le fait d’avoir proféré une menace présumée à l’encontre d’un fonctionnaire du pays hôte, d’avoir accepté des cadeaux et des services inappropriés, et d’avoir proposé d’user de son influence au sein de l’administration en échange du paiement d’une importante facture de carte de crédit.
Mme Guilfoyle n’a pas réagi directement à ces allégations, mais dans un communiqué publié dimanche en fin de journée, ses avocats ont nié qu’elle ait commis la moindre infraction et ont affirmé que l’argent qu’elle demandait au donateur de M. Trump correspondait au paiement de services — des apparitions publiques et des conférences antérieures à sa nomination au poste d’ambassadrice — qui n’avaient pas été rémunérés.
Les avocats, David Schwartz et Jesse Binnall, ont également rejeté les allégations d’irrégularités liées aux déplacements de Mme Guilfoyle à bord d’avions privés, affirmant qu’avant chacun de ces voyages, elle «avait sollicité, obtenu et suivi les directives du Département d’État et respecté les règlements de ce dernier en matière de déplacements».
«L’ambassadrice Guilfoyle a exercé ses fonctions, et continuera de le faire, avec intégrité, honneur et distinction. Nous évaluons tous les recours juridiques disponibles pour recouvrer cette créance ainsi que toute autre cause d’action potentielle», ont fait savoir les avocats.
Après avoir pris la défense de Mme Guilfoyle à la suite du premier article, M. Rubio a refusé de commenter publiquement les allégations qui se multiplient. Mercredi, M. Rubio avait dit: «Notre ambassadrice a été une ambassadrice de grande envergure ici.»
Mais après la parution d’un autre article tard mercredi, M. Rubio avait, jeudi, avant de quitter Athènes, réprimandé les journalistes qui l’interrogeaient sur ces allégations, affirmant qu’il ne savait pas si elles étaient vraies et qu’il ne répondrait pas s’il ne pouvait pas les confirmer.

«Vous vous promenez en pensant que, parce qu’une source vous a dit quelque chose et que vous l’avez rapporté, c’est parole d’évangile. Ce n’est pas parole d’évangile pour moi. Ce n’est pas ainsi que nous procédons», avait-il dit au pied de son avion, sous le regard de Mme Guilfoyle, venue assister à son départ.
Un deuxième responsable américain, qui s’est également exprimé sous couvert d’anonymat pour aborder des questions de personnel, a indiqué que l’inspecteur général du Département d’État enquêtait sur ces allégations, qui ont commencé à faire surface dans le Wall Street Journal à la fin du mois dernier et se sont depuis multipliées.
Ce deuxième responsable n’a pas pu préciser si une enquête officielle de l’inspecteur général avait été ouverte. Les inspecteurs généraux mènent souvent des enquêtes informelles sur les plaintes visant des membres du personnel et, bien souvent, ces enquêtes ne débouchent pas sur une enquête à part entière, laquelle peut entraîner des mesures disciplinaires pouvant aller jusqu’au congédiement.
Le Département d’État a refusé de commenter une éventuelle enquête de l’inspecteur général.
Les deux principaux démocrates des comités des affaires étrangères de la Chambre des communes et du Sénat, le député Gregory Meeks, de New York, et la sénatrice Jeanne Shaheen, du New Hampshire, ainsi que le membre de rang le plus élevé du Comité de la surveillance et de la réforme gouvernementale de la Chambre des communes, Robert Garcia, démocrate de Californie, ont déjà réclamé une enquête sur Mme Guilfoyle.
Depuis la fin septembre, le Wall Street Journal a détaillé de nombreux cas de conduite douteuse de la part de Mme Guilfoyle. Son premier article indiquait qu’elle avait déclaré à des invités lors d’une réception que les États-Unis pourraient nuire au gouvernement grec s’ils le souhaitaient, qu’elle avait favorisé les intérêts commerciaux d’une entreprise grecque particulière du secteur de la construction et de l’énergie, et qu’elle avait autorisé le lobbyiste de cette entreprise à assister à des réunions diplomatiques privées.
Alors que M. Rubio se trouvait à Athènes, le Wall Street Journal a rapporté — en citant des messages texte — que Mme Guilfoyle avait demandé à un donateur et partisan de Trump de régler une facture de carte de crédit de 100 000 $ juste avant son audience de confirmation, lui promettant en échange un accès à des responsables de l’administration s’il acceptait.
Le Wall Street Journal a ensuite rapporté que Mme Guilfoyle s’était mise en colère de ne pas avoir été invitée à un événement sur le thème de la Grèce lors du Forum économique mondial de Davos, en Suisse, plus tôt cette année, et qu’elle avait exigé d’y assister tout en se vantant d’un voyage de luxe en France avec des dirigeants d’une entreprise du secteur de l’énergie.
Un autre article, publié par le tabloïd britannique The Daily Mail, indiquait que Mme Guilfoyle s’était aliéné le personnel de l’ambassade des États-Unis à Athènes et avait dépassé les limites d’un comportement convenable pour la plus haute représentante du gouvernement américain en Grèce.
Mme Guilfoyle est une ancienne animatrice de Fox News Channel et une ancienne procureure de la Californie; elle a été mariée au gouverneur démocrate de la Californie, Gavin Newsom, et a été fiancée au fils de M. Trump, Donald Jr.
