International

Comme en France, la génération Z appelée à manifester en Allemagne

Quelque 160 000 personnes se sont inscrites jusqu’à présent en ligne pour manifester dans une trentaine de villes.

Publié le 

Des manifestants brandissant une pancarte sur laquelle on peut lire « Jeunesse en colère » défilent lors d'une manifestation contre la hausse du coût de la vie à Paris, samedi 24 octobre 2026. Des manifestants brandissant une pancarte sur laquelle on peut lire « Jeunesse en colère » défilent lors d'une manifestation contre la hausse du coût de la vie à Paris, samedi 24 octobre 2026. (Thibault Camus/AP Photo/Thibault Camus)

Des dizaines de milliers de jeunes Allemands sont attendus samedi dans plusieurs grandes villes du pays pour réclamer notamment davantage de moyens pour l’éducation, un mouvement inspiré des manifestations françaises sur fond de craintes de violences.

À l’appel d’un collectif baptisé Gen Z regelt («la Génération Z s’en charge», en référence aux jeunes nés entre 1995 et 2012), quelque 160 000 personnes se sont inscrites jusqu’à présent en ligne pour manifester dans une trentaine de villes, dont Berlin, Francfort (centre) et Cologne (ouest).

Sur son site, «GenZ regelt» proteste contre la misère des écoles, la vie chère et l’éventuelle réintroduction du service militaire, et alerte sur le réchauffement climatique.

«Nous sommes des apprentis, des lycéens, des collégiens et des étudiants. Nous nous sommes rassemblés via les réseaux sociaux, car nous en avons assez que les jeunes ne soient pas écoutés», a déclaré lors d’une conférence de presse en ligne vendredi l’une des porte-parole du mouvement, Kaja Schwab, étudiante de 23 ans à Berlin.

Nouvelle journée de manifestations en France Plusieurs manifestations ont eu lieu à travers la France samedi afin de dénoncer notamment la hausse du coût de la vie. Malgré quelques heurts, les rassemblements ont eu lieu globalement dans le calme.

Critiquant «l’extrême manque de transparence» de ce mouvement, la BSK, organisation officielle regroupant les représentants des élèves des différentes régions allemandes, ne participera pas aux manifestations de samedi. Elle appelle à manifester «pacifiquement» le 20 novembre prochain pour de «meilleures conditions d’éducation».

Car, comme dans de nombreux pays d’Europe, les élèves d’Allemagne, nation particulièrement vieillissante, voient se réduire les moyens octroyés pour les écoles, lycées et universités. Avec de fortes disparités néanmoins, car l’éducation est dans ce pays du ressort des États régionaux et non de l’État fédéral.

Crainte de violences

Même si le mouvement GenZ regelt insiste sur son rejet de la violence, la police allemande, échaudée par les débordements en France de ces dernières semaines, va déployer plusieurs milliers d’agents.

Certaines bijouteries de luxe et enseignes de prêt-à-porter ont déjà protégé leurs vitrines pour prévenir d’éventuels pillages en ce jour d’Halloween, où des dégradations ont eu lieu de façon récurrente ces dernières années en Allemagne.

Jeudi, la porte-parole de la BSK, Amy Kirchhoff, estimait «trop risqué» de défiler à Berlin aux côtés de GenZ regelt, «compte tenu des appels à la mobilisation, parfois marqués par de la violence».

Vendredi, Helen Brin, de GenZ regelt, a elle affirmé que le mouvement «disposait d’un nombre suffisant de bénévoles pour encadrer la manifestation et veiller à la sécurité» dans la capitale allemande.

Pour sa part, le ministère allemand de l’Intérieur a indiqué être en contact avec les autorités françaises et italiennes, inquiet d’une possible participation de militants radicaux venus de l’étranger.

Manifestations en France: les réseaux sociaux «des instruments de mobilisation du pire», selon Macron De passage à Marseille, le président Emmanuel Macron a affirmé que les réseaux sociaux jouent «à coup sûr» un rôle dans les violences lors des manifestations en France.  Il a également reconnu que les autorités n'avaient pas anticipé les débordements du 17 octobre dernier.

Il souligne toutefois qu’il convient de distinguer les «manifestations étudiantes pacifiques» d’une «mouvance extrémiste violente» qui pourrait chercher à détourner les rassemblements.

Les autorités affirment ne disposer, à ce stade, d’aucun élément attestant de projets concrets de violences.

Dans un entretien à l’hebdomadaire Stern paru vendredi, la ministre allemande de la Famille, Karin Prien (CDU), a exhorté les jeunes manifestants samedi à ne pas céder aux provocations.

«Faites du bruit. Engagez-vous dans les partis politiques. Mais ne soyez pas violents. Cela ne ferait que desservir votre cause», a-t-elle dit, les appelant également à ne pas se laisser «instrumentaliser par l’extrême droite ou l’extrême gauche».