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Cinq morts lors d’un attentat à la bombe dans un café en Syrie

L’attentat, le plus sanglant depuis une attaque-suicide contre une église il y a un an, n’a pas été revendiqué à ce stade.

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(Ghaith Alsayed)

Au moins cinq personnes ont été tuées selon les autorités syriennes par l’explosion d’une bombe dans un café du centre de Damas, un nouveau défi au pouvoir islamiste qui oeuvre à pacifier le pays.

L’attentat, le plus sanglant depuis une attaque-suicide contre une église il y a un an, n’a pas été revendiqué à ce stade.

L’explosion est survenue dans un café situé près du Palais de justice, dans un quartier extrêmement animé du centre de la capitale.

Elle a été provoquée «par un engin explosif qui avait été placé sur les lieux», a annoncé le général des forces de sécurité intérieure Mohammad Khit à la télévision d’État.

Le ministère de la Santé a fait état de cinq morts et 16 blessés.

Un correspondant de l’AFP a vu des ambulances se diriger vers le secteur, sirènes hurlantes, au milieu de scènes de panique.

Les forces syriennes ont établi un cordon de sécurité autour du lieu de l’explosion, dans une rue résidentielle et commerciale du coeur de Damas.

«J’ai entendu une forte détonation vers 15h00 (12h00 GMT) et la devanture de mon magasin a tremblé. Les gens se sont précipités vers le café et ont commencé à appeler les secours», raconte à l’AFP Nawar Khayyat, 40 ans, propriétaire d’une boutique de batteries pour panneaux solaires située en face du Palais de justice.

«Du sang partout»

Autre témoin de la scène, Mohammad al-Dahabi, qui possède un magasin d’optique proche du café, en tremble encore.

«J’ai couru vers les lieux et j’ai vu des personnes étendues sur le sol, et du sang partout autour d’eux», dit-il, affirmant que la scène lui avait rappelé «les explosions qu’a connues Damas» pendant la guerre civile.

Accouru sur les lieux, le gouverneur de Damas, Maher Edelbi, a affirmé qu’une enquête avait été ouverte par les autorités.

«Si Dieu le veut, les responsables de cette effusion de sang seront punis», a-t-il promis.

«À chaque fois que le pays connaît une période de stabilité, des parties malveillantes tentent de le déstabiliser», a-t-il ajouté.

La prise du pouvoir par une coalition menée par Ahmad al-Chareh qui a renversé en décembre 2024 le président Bachar al-Assad a mis fin à une guerre civile de plus de 13 ans.

Les nouvelles autorités s’emploient depuis à réunifier le pays morcelé et à rebâtir ses institutions.

L’attentat de jeudi est le plus sanglant à Damas depuis celui qui a visé une église en juin 2025, faisant 25 morts. Il avait été revendiqué par un groupe fondamentaliste sunnite, tandis que les autorités en ont imputé la responsabilité au groupe État islamique (EI).

Le pouvoir central, soutenu par Washington, a rejoint l’an dernier la coalition contre l’EI.

Le groupe jihadiste, vaincu en 2019 dans le pays, y conserve des cellules dormantes et avait appelé à défier les nouvelles autorités syriennes.

Plusieurs autres incidents ont été signalés dans la capitale au cours des derniers mois. Le 19 mai, un soldat avait été tué dans l’explosion d’une voiture piégée près de la Vieille ville.