À l’est de la Lettonie, à seulement 50 kilomètres de la frontière russe, des soldats canadiens s’entraînent à s’adapter au chaos.
À l’intérieur des ruines calcinées d’une école de l’époque soviétique, un bataillon de combat composé de plus d’une douzaine de Canadiens mène un exercice d’entraînement au combat rapproché (CQB), en coordination étroite avec un groupe de soldats italiens. Deux pays, tous deux membres de la même brigade de l’OTAN.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Alors que le bruit des coups de feu résonne le long des murs de béton de l’école abandonnée, les bataillons multinationaux parcourent les différents étages, sécurisant le bâtiment dans le cadre d’un scénario de combat simulé.
«Un véritable nettoyage comme celui-ci (d’un bâtiment) entraînerait de nombreuses victimes et des évacuations médicales. C’est l’une des opérations les plus dangereuses que nous puissions mener au quotidien lors d’une véritable mission de combat», a expliqué un caporal-chef qui s’est entretenu avec CTV News pendant l’opération d’entraînement.

Alors qu’elle était intégrée aux soldats de l’OTAN, l’équipe de CTV National News a été priée de ne pas divulguer les noms des membres de l’infanterie afin de protéger leur identité.
Le caporal-chef chargé de diriger l’exercice de combat rapproché a soutenu que des journées d’entraînement comme celle-ci, dans un environnement hautement tendu, sont inestimables.
«Si ce combat rapproché devait se produire dans un scénario de guerre réel, nous devons être prêts, car ce que nous ferons est extrêmement dangereux», a-t-il dit.
Depuis près d’une décennie, les troupes canadiennes dirigent la mission multinationale de l’OTAN en Lettonie. Cependant, cette semaine a marqué un tournant important : l’ensemble de la brigade de l’Alliance – dont 2000 membres sont canadiens – a été déployée près des frontières de la Russie et de la Biélorussie.
C’est la première fois que la brigade au complet est mobilisée à la frontière est de la Lettonie, et ce, à un moment où les tensions s’intensifient en Europe de l’Est.
La Lettonie, avec l’Estonie au nord et la Lituanie au sud, constitue le flanc est de l’OTAN.
CTV News est en mission intégrée auprès des troupes de l’OTAN près de la ville de Daugavpils, située à 30 km de la frontière biélorusse et à 50 km de la frontière russe.
Près de 50% de la population de Daugavpils est d’origine russe, ce qui en fait une région complexe où coexistent des opinions politiques divergentes.
Le maire de la ville, qui n’a pas pu s’entretenir avec CTV News, a été présenté comme pro-russe par certains médias d’Europe de l’Est. Plusieurs reportages affirment qu’il aurait refusé de hisser le drapeau ukrainien à l’hôtel de ville à la suite de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en 2022.
Un lieutenant des Forces armées canadiennes qui s’est entretenu avec CTV News a raconté que lui et certains autres soldats de l’OTAN déployés à Daugavpils avaient été confrontés à des tensions de la part des résidents de la région.

«Certaines personnes sont plus réceptives que d’autres à notre présence ici», a confié le lieutenant. «Certains nous ont lancé des insultes, mais d’autres nous ont accueillis à bras ouverts.»
Tout en s’efforçant de tisser des liens avec la collectivité, le lieutenant, dont CTV News a été priée de ne pas publier le nom, surveille l’activité des drones et les incursions potentielles près des zones d’entraînement de l’OTAN dans l’est de la Lettonie.
«Parfois, ce sont des drones civils, d’autres fois, il pourrait s’agir de drones militaires», a-t-il expliqué. «Parfois, les drones survolent la zone en prenant des photos (de nous) en volant à basse altitude, puis en remontant en altitude.»
C’est une réalité opérationnelle dans cette région: la Lettonie accueille désormais le plus grand nombre de membres des Forces armées canadiennes à l’étranger.
Ce jour-là, la brigade de l’OTAN dirigée par le Canada organise une démonstration de force, dans l’espoir de dissuader toute menace imminente venant de l’est.

