Conflit au Moyen-Orient

«Ce n’est que le début»: l’attaque lancée contre l’Iran pourrait avoir des conséquences imprévisibles, selon un expert

«Il y a beaucoup d’inquiétudes quant à l’ampleur que cela va prendre.»

Publié le 

Iran U.S. Israel Cette image tirée d'une vidéo fournie par le Commandement central américain montre un missile lancé depuis un navire de la marine américaine dans le cadre de l'opération Epic Fury, le samedi 28 février 2026. (Commandement central américain via AP)

Selon un expert, l’attaque actuelle menée par Israël et les États-Unis contre l’Iran s’aventure en terrain inconnu et pourrait modifier des alliances géopolitiques complexes.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Sajjan Gohel, directeur de la sécurité internationale à la Fondation Asie-Pacifique, a indiqué samedi à CTV News Channel que les frappes actuelles dans la région ne ressemblent à rien de ce qui a été vu auparavant.

«Nous sommes entrés dans un territoire sans précédent», a affirmé M. Gohel.

«Nous assistons à un changement de régime orchestré par les États-Unis. Il n’y a pas eu de changement de régime en Iran depuis la révolution islamique de 1979 qui a renversé le shah d’Iran et instauré le régime théocratique, qui existe depuis lors.»

—   Sajjan Gohel, directeur de la sécurité internationale à la Fondation Asie-Pacifique

M. Gohel a ajouté que les frappes actuelles constituent un abandon de «la politique de sanctions, de la politique de confinement par procuration, des cadres nucléaires et de non-prolifération».

L’objectif actuel des États-Unis et d’Israël est d’imposer une stratégie visant à renverser à la fois le régime théocratique et le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), qui, selon lui, «agit comme la garde prétorienne de ce régime».

Il a souligné que les frappes ne prendront pas fin aujourd’hui, car les avions israéliens et américains devront être ravitaillés en carburant et en munitions.

«Ce n’est que le début d’une stratégie qui a été mise en œuvre, dont nous ne connaissons ni l’issue ni la phase finale», a-t-il déclaré. «Il y a beaucoup d’inquiétudes quant à l’ampleur que cela va prendre.»

Tôt samedi matin, les États-Unis et Israël ont lancé une attaque majeure contre l’Iran. Certaines des premières frappes semblaient viser les environs du bureau du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, ainsi que des cibles militaires. Cependant, les médias iraniens ont rapporté que des zones situées dans tout le pays avaient été touchées par les frappes et que de la fumée s’élevait de la capitale.

Frappes israélo-américaines: des missiles vus dans le ciel de Téhéran Des missiles ont été aperçus dans le ciel de Téhéran alors que des frappes israélo-américaines ont visé l'Iran le samedi 28 février 2026.

Ce qui complique encore les choses, c’est la manière dont les autres pays de la région vont s’impliquer, a expliqué M. Gohel. Des frappes de représailles ont touché le Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Qatar et la Jordanie, qui a dû utiliser son système de défense pour abattre des missiles. Il prévoit que des pays comme l’Arabie saoudite, qui ont déjà critiqué l’action de l’Iran, seront également impliqués.

L’expert a noté que l’Arabie saoudite, qu’il a décrite comme un «rival stratégique de l’Iran», a conclu un pacte de défense avec le Pakistan, qui a condamné l’opération américaine. Cependant, le Pakistan a également déjà proposé la candidature du président américain Donald Trump au prix Nobel de la paix.

M. Gohel a indiqué qu’Israël et l’Arabie saoudite n’entretenaient actuellement aucune relation diplomatique, ce qui complique encore la situation.

L’Arabie saoudite s’inquiète des prochaines actions de l’Iran, en particulier en ce qui concerne le détroit d’Ormuz et la mer Rouge, deux voies navigables qui pourraient être prises pour cible et perturber massivement les chaînes d’approvisionnement mondiales, a-t-il ajouté.

Selon lui, il y a de fortes chances que l’Iran fasse appel à ses mandataires, tels que le Hezbollah et les Houthis, afin de créer une instabilité régionale supplémentaire.

Il a également averti que le CGRI pourrait utiliser ses liens avec des groupes criminels organisés dans des pays occidentaux tels que le Canada, les États-Unis et le Royaume-Uni pour mener « des opérations ciblées et clandestines contre les dissidents iraniens qui se sont opposés au régime ».

«L’Iran doit désormais lutter pour sa survie et son existence. Ainsi, à bien des égards, il n’a rien à perdre, si ce n’est causer du tort et infliger des dommages», a déclaré M. Gohel, ajoutant que l’Iran ciblerait probablement les installations militaires américaines ainsi que la flotte navale américaine qui se trouve à proximité.

«Nous assistons à un moment sans précédent», a-t-il ajouté.

- Avec des informations de l’Associated Press.