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Canicule: la mortalité a grimpé de 29% en France; bond de 91% des décès à domicile

À Paris, les responsables des pompes funèbres ont révélé avoir eu du mal à trouver des lieux pour entreposer les corps avant leur inhumation ou leur crémation.

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Des ambulanciers transportent un patient vers le service des urgences de l'hôpital de Paris-Saclay, en banlieue parisienne, ce mardi 30 juin 2026. (AP Photo/Christophe Ena ) Des ambulanciers transportent un patient vers le service des urgences de l'hôpital de Paris-Saclay, en banlieue parisienne, ce mardi 30 juin 2026. (AP Photo/Christophe Ena ) (Christophe Ena)

Le nombre de décès a bondi de près d’un tiers en France au cours de la semaine la plus chaude d’une vague de chaleur record le mois dernier, a indiqué vendredi l’autorité de santé publique française, faisant état d’au moins deux mille décès supplémentaires par rapport à la semaine précédente, alors que les températures grimpaient déjà et que les services d’urgence étaient submergés de victimes de la chaleur.

Ces nouveaux chiffres, encore incomplets, fournis par Santé publique France, ont doublé sa première estimation préliminaire d’au moins un millier de décès supplémentaires, communiquée dimanche dernier. Cette estimation initiale ne couvrait que trois des journées les plus chaudes de cette canicule extrême et meurtrière.

À Paris, les responsables des pompes funèbres ont révélé avoir eu du mal à trouver des lieux pour entreposer les corps avant leur inhumation ou leur crémation, certaines morgues indiquant qu’elles étaient pleines et qu’elles devaient refuser des corps.

Le bilan actualisé des décès établi par Santé publique France couvre la semaine du 22 au 28 juin, durant laquelle la France a connu ses journées les plus chaudes de son histoire et où des records de températures maximales diurnes et nocturnes ont été fracassés dans de nombreuses villes et localités à travers le pays.

La canicule a également battu des records de température dans de nombreuses autres régions d’Europe.

Santé publique France a indiqué avoir recensé 8973 décès à ce jour pour cette semaine, tout en précisant que ce chiffre n’était encore que partiel. L’organisme a précisé que ce total préliminaire était supérieur de 29 % aux 6948 décès enregistrés la semaine précédente, du 15 au 21 juin, lorsque la vague de chaleur a commencé.

La différence entre ces deux séries de chiffres — soit un total de 2025 à ce jour — est donc considérée comme représentant les décès supplémentaires enregistrés d’une semaine à l’autre, toutes causes confondues et toutes tranches d’âge confondues, a-t-on précisé.

À l’hôpital de Paris-Saclay, les patients souffrant d’un coup de chaleur ont commencé à affluer en masse le 20 juin, a déclaré à l’Associated Press le docteur Nicolas Gonzales, chef du service des urgences.

Il a précisé qu’ils avaient pris en charge des victimes de la chaleur souffrant de crises cardiaques, de déshydratation, de troubles rénaux et d’autres problèmes liés à la chaleur, qu’il s’agisse d’enfants ou de personnes âgées vivant seules.

Santé publique France a dévoilé une hausse particulièrement marquée, d’une semaine à l’autre, du nombre de décès à domicile, ces chiffres ayant augmenté de 91 %. Les décès dans les maisons de retraite ont augmenté de 37 % et ceux dans les hôpitaux de près de 20 %.

La région parisienne semble avoir été la plus durement touchée, avec une augmentation de près de 63 % du nombre de décès d’une semaine à l’autre, a-t-elle précisé.

L’agence de santé a averti que ses chiffres sous-estimaient le nombre réel de décès, car ils reposaient sur des données incomplètes.

«La mortalité sera donc plus élevée que ces premiers chiffres», a-t-elle prévenu.