Discord a annoncé lundi avoir suspendu les transmissions en direct sur la plateforme au Brésil, se pliant à une exigence des autorités après le suicide d’une adolescente.
Le 12 août, l’Agence nationale de protection des données (ANPD) avait ordonné la suspension des directs sur cette plateforme très prisée par les adolescents. L’injonction faisait suite à la mort d’une adolescente qui aurait été incitée au suicide sur ce réseau social.
«Conformément à la décision» de l’ANPD, «nous avons suspendu les fonctionnalités vidéo de Discord au Brésil», a indiqué l’entreprise dans un communiqué envoyé à l’AFP.
Soulignant que le direct est «un élément important et très apprécié de l’expérience sur Discord», la plateforme a dit «dialoguer activement avec l’ANPD afin de trouver une solution qui nous permette de rétablir ces fonctionnalités pour nos utilisateurs au Brésil».
Début août, la police a arrêté dans plusieurs États brésiliens cinq adolescents soupçonnés d’être en lien avec le suicide d’une jeune fille de 13 ans en juillet dans le centre-ouest du pays.
Selon les enquêteurs, elle aurait été incitée à se mutiler et à se suicider lors d’une transmission en direct sur ce réseau social.
Selon l’ANPD, «la plateforme a été utilisée de manière récurrente comme un environnement propice à la pratique de graves violations à l’encontre d’enfants et d’adolescents, dans des épisodes où les directs ont été régulièrement employés pour des pratiques de violence, de harcèlement, d’incitation à l’automutilation et au suicide».
Rosangela da Silva, dite «Janja», épouse du président Lula, avait demandé d’«agir avec le pouvoir judiciaire pour retirer ce réseau horrible d’internet».
Disant refuser toute incitation à la violence sur la plateforme, Discord a rapporté avoir «désactivé avant la mort de l’adolescente» un «groupe de discussion privé» soupçonné d’être utilisé par «des individus impliqués dans des activités criminelles encourageant l’automutilation».
En 2024, la plateforme X avait été bloquée durant 40 jours sur décision de la Cour suprême brésilienne, jusqu’à ce que le réseau du multimilliardaire Elon Musk se conforme à des ordres judiciaires de supprimer des comptes accusés de désinformation.
