Bernadette Chirac, veuve de l’ancien président de droite français Jacques Chirac, est décédée vendredi soir à l’âge de 93 ans, a annoncé samedi à l’AFP sa fille Claude Chirac.
Mme Chirac, née Bernadette Chodron de Courcel, «s’est éteinte dans la soirée, paisiblement, entourée des siens. Elle venait d’avoir 93 ans», le 18 mai, a déclaré sa fille. Jacques Chirac est décédé en 2019 à l’âge de 86 ans.
Elle aura été la seule première dame à avoir elle-même exercé un mandat politique sur son nom propre, celui de conseillère générale de Corrèze, département où elle a été élue sans discontinuer de 1979 à 2015.
Epouse pendant plus de soixante ans de Jacques Chirac, restée longtemps dans l’ombre du «grand», elle a accompagné son époux tout au long de son chemin vers l’Élysée (député, ministre, Premier ministre, maire de Paris) jusqu’à la victoire à l’élection présidentielle de 1995, à la troisième tentative.
Le président français Emmanuel Macron a salué une «grande dame de cœur» qui «a marqué notre histoire». Son épouse Brigitte Macron, à laquelle Bernadette Chirac avait laissé sa place en 2019 la tête de la Fondation des Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France, a fait part de son «immense respect» pour son action.

En hommage, le président et son épouse ont invité «ceux qui le souhaitent à se rendre à la Maison Élysée située en face du palais» présidentiel dans le centre de Paris, où «un registre de condoléances sera mis à disposition».
Solide sens politique
Née le 18 mai 1933 à Paris, Bernadette Chodron de Courcel a grandi dans une famille de diplomates du très chic XVIe arrondissement de la capitale française. Elève de Sciences-Po Paris, c’est dans cette grande école qu’elle a rencontré Jacques Chirac, qu’elle a épousé en 1956.
Au Palais de l’Élysée, elle est d’abord cantonnée au second plan, avant de contribuer en 2002 à la réélection de son mari, devenue populaire auprès des Français notamment en lançant une campagne de dons des «pièces jaunes» en faveur des enfants hospitalisés.
D’allure classique et bourgeoise, réputée beaucoup plus conservatrice que son mari, dotée d’un solide sens politique, celle qui avait acquis le surnom de «Bernie» avait mis en garde Jacques Chirac en 1997 contre le désastre électoral d’une dissolution de l’Assemblée nationale, dont elle accablait le secrétaire général de l’Élysée d’alors, Dominique de Villepin, appelé «Néron» en petit comité.
Son époux racontait aussi qu’elle avait été la seule à l’alerter sur la montée du leader du Front national Jean-Marie Le Pen lors de la présidentielle de 2002 - M. Le Pen s’étant alors qualifié au second tour à la surprise de beaucoup, profitant notamment de la division de la gauche.
«Elle est la femme de ma vie, nous avons tant accompli ensemble!», disait d’elle Jacques Chirac dans ses mémoires.
Les réactions
L’ancien premier ministre Édouard Philippe, candidat de droite à la présidentielle de 2027, a salué «une personnalité que les Français respectaient et aimaient». L’ancien président Nicolas Sarkozy, qu’elle avait soutenu bien qu’il eût trahi politiquement Jacques Chirac, a dit perdre «une grande amie».
En dépit de ses convictions à droite, plusieurs personnalités de gauche ont aussi salué son parcours.
L’ancien président François Hollande a salué une «dame obstinée» qui avait réussi «à imposer sa personnalité, ses idées et son style dans un univers qui ne lui était pas acquis».
Le socialiste Olivier Faure a de son côté souligné qu’elle avait su «se donner une place dans un siècle où les femmes étaient encore présentées comme la simple prolongation de leurs époux».
