Un émissaire de Donald Trump a annoncé jeudi la libération de 250 personnes détenues au Bélarus et la levée de sanctions américaines visant ce pays, après avoir mené des négociations à Minsk avec le président Alexandre Loukachenko.
Sur son compte X où il dit être à la frontière bélarusso-lituanienne, John Coale a annoncé «la libération de 250 individus», saluant une «avancée humanitaire importante», sans préciser l’identité de ces personnes, ni s’il s’agissait de prisonniers politiques.
Il a également publié une photo le montrant entouré d’une quinzaine de personnes, dont plusieurs hommes au crâne rasé suivant la règle en vigueur dans les prisons bélarusses.
On the ground at the Lithuanian-Belarus border. Today’s release of 250 individuals is a significant humanitarian milestone and a testament to the President’s commitment to direct, hard-nosed diplomacy. Freedom is our goal. We extend our deepest gratitude to our Lithuanian… pic.twitter.com/KqyVJaHGev
— john coale (@johnpcoale) March 19, 2026
L’ONG Viasna, qui documente les répressions au Bélarus, a indiqué que plusieurs prisonniers politiques avaient été relâchés, dont deux de ses collaborateurs, Valentin Stefanovitch et Marfa Rabkova, en prison respectivement depuis 2021 et 2020, ainsi qu’une autre militante des droits humains, Nasta Loïko.
Citée par l’agence de presse d’État Belta, le service de presse de la présidence bélarusse a confirmé que 250 personnes avaient été graciées par Alexandre Loukachenko.
Quelques minutes plus tôt, dans une vidéo diffusée par des médias d’État bélarusses après ces pourparlers, M. Coale a également annoncé la levée de sanctions visant deux banques bélarusses, le ministère des Finances, ainsi que deux entreprises dans le secteur du potassium, un minérai produit en quantité importante par le Bélarus et utilisé notamment pour la fabrication d’engrais.
En décembre, John Coale s’était rendu au Bélarus pour des négociations à l’issue desquelles il avait déjà annoncé une levée de sanctions américaines visant le potassium bélarusse.
Minsk avait ensuite libéré des dizaines de prisonniers politiques, dont le militant Ales Bialiatski, co-lauréat du prix Nobel de la paix 2022, et la figure de l’opposition Maria Kolesnikova.
M. Bialiatski s’est dit jeudi «immensément heureux» de ces libérations, dénonçant l’«injustice absolue» de leur détention.
Alexandre Loukachenko, 71 ans, a écrasé plusieurs mouvements de contestation, dont le plus important, en 2020 et en 2021, lorsque des dizaines de milliers de Bélarusses avaient manifesté contre sa réélection jugée frauduleuse.
Depuis 2024, il a libéré à plusieurs reprises des personnes emprisonnées dans le cadre de ces répressions. Donald Trump encourage le Bélarus à libérer ces prisonniers en échange de la levée ou de l’assouplissement des sanctions américaines prises pour punir ces persécutions politiques ainsi que le soutien de Minsk à l’invasion russe de l’Ukraine en 2022.
Mais les associations de défense des droits humains affirment que Minsk continue, parallèlement, à réprimer toute opposition et à emprisonner d’autres personnes. Selon l’ONG Viasna, le Bélarus compte toujours plus de 1 100 prisonniers politiques, dans un pays de 9 millions d’habitants environ.
Jeudi, après ces négociations à Minsk, John Coale a également évoqué «la possibilité d’un voyage du président Loukachenko aux États-Unis».
