Le pape Léon XIV a appelé lundi à Metz, pour le «bien supérieur de la paix» en Europe, à «faire preuve de courage dans la négociation» et à «être prêt à sacrifier certaines positions», au quatrième et dernier jour de sa visite en France.
«Aujourd’hui, malheureusement, la guerre a refait surface, même en Europe (…). Il est nécessaire de s’engager dans un dialogue patient, de faire preuve de courage dans la négociation et d’être prêt à sacrifier certaines positions pour le bien supérieur de la paix», a déclaré le pape, sans nommer de pays, alors que la guerre en Ukraine continue de faire rage malgré les multiples tentatives de médiation.
Blâmant des «relations humaines, et entre les États, de plus en plus barbares», il a aussi critiqué que l’on «se vante plutôt du mensonge et de la tromperie» et exhorté en conséquence l’Europe à «mettre fin à cette spirale grâce au respect de l’autre qu’elle a su cultiver et préserver».
L’Europe doit retrouver «le courage de ses fondateurs (…) le courage pour ne pas céder au repli, à la haine de l’autre, au retour des nationalismes qui divisent», a lancé de son côté Emmanuel Macron, depuis le centre de congrès Robert Schuman (1886-1963), l’un des fondateurs de l’Europe, à qui le souverain pontife, comme le président français, ont rendu hommage.
Le président français a «réorganisé son agenda», selon la présidence, pour également assister à la messe du pape dans l’après-midi et le raccompagner jusqu’à l’aéroport après quatre jours de visite en France.

«Vous avez senti, je l’espère, une nation fervente, unie et heureuse (…) Nous avons voulu vous voir heureux aussi», a déclaré au pape le chef d’État français, en présence notamment du prince Albert II de Monaco et le Grand-Duc Guillaume de Luxembourg.
Dans le poste de pilotage
Auparavant, Léon XIV, aux côtés de représentants d’autres cultes, avait considéré que le discours religieux devait «désarmer les cœurs», affirmant qu’«invoquer le nom de Dieu pour légitimer la violence ou l’oppression est une profanation de ce nom».
Les représentants de différents cultes en France ont signé «l’appel de Metz», déclaration commune appelant au dialogue interreligieux et à la paix.
Pour sa dernière journée en France, Léon XIV a fait le trajet entre Lourdes et Metz escorté par deux avions de l’armée de l’Air et a passé une demi-heure dans le poste de pilotage de l’A321 d’Air France.
Le pape fera un dernier tour en papamobile au milieu de milliers de fidèles attendus et une messe à la cathédrale Saint-Étienne (16h heure locale), joyau de l’art gothique.
«C’est son quatrième jour en France, et on voit qu’il y a quelque chose qui a changé dans l’atmosphère. On nous dit souvent qu’on est des râleurs et là, on voit davantage de bienveillance, de joie», a estimé Florence Prieur, catholique de 45 ans, à l’entrée du centre de congrès Robert Schuman.
Des fidèles ont commencé tôt à investir la ville, se préparant à une longue attente. «Nous sommes arrivés à 7H30 et il y avait déjà du monde. J’espère qu’on pourra voir quelque chose !», raconte Franck Rivoire, électricien suisse de 52 ans. Pour le Messin Sébastien Fontana, 51 ans, «c’est presque un miracle» de recevoir ce «pape de paix, qui veut fédérer».
1,3 million de fidèles
Accueilli dans une immense ferveur depuis vendredi, à Paris puis Lourdes, Léon XIV, 71 ans, a voulu faire passer des messages forts sur la fin de vie et la laïcité.
Lors de ce premier séjour en France, pays d’où est originaire sa grand-mère, Robert Francis Prevost a lancé plusieurs appels à la paix, à défendre la dignité des exilés et à contrôler l’intelligence artificielle en se méfiant de l’avènement d’un «paradis de machines».

Très attendu sur la question des violences sexuelles dans l’Église, le pape a clairement appelé, dimanche à Lourdes, les évêques français à «poursuivre» leur action face au «fléau» des violences sexuelles «en maintenant la plus grande vigilance». Il a rencontré pendant deux heures à huis clos plusieurs victimes, qui ont rapporté qu’il avait reconnu le caractère «systémique» de ces violences.
Deux mois après l’adoption en France d’une loi instaurant un droit à l’aide à mourir, Léon XIV a également rappelé fortement l’opposition de l’Église à l’euthanasie, jugeant «impossible de considérer comme normal de donner la mort».
Bains de foule en papamobile, messes géantes, veillée avec des jeunes au Stade de France: Léon XIV, souriant et chaleureux, a attiré d’immenses foules sur son passage, signe d’une popularité affirmée 16 mois après son élection à la tête de l’Église catholique. Selon les chiffres communiqués par le Vatican, plus de 1,3 million de personnes sont déjà venues à sa rencontre entre vendredi et dimanche.