Au moins 282 cas confirmés d’Ebola ont désormais été signalés dans le cadre de l’épidémie qui sévit actuellement en République démocratique du Congo, a annoncé dimanche soir ce pays d’Afrique centrale.
Au même moment, des patients guéris de la maladie ont fait part de leur joie indescriptible lors d’entretiens accordés à l’Associated Press.
L’épidémie reste concentrée dans la province d’Ituri, à l’est du pays, où 264 cas ont été enregistrés, a indiqué le ministère congolais de la Santé.
La République démocratique du Congo a signalé plus de 1000 cas suspects du virus Bundibugyo, la souche actuelle d’Ebola, qui n’a été identifié que plusieurs semaines après le début discret de l’épidémie.
L’épidémie s’est propagée à 22 zones sanitaires dans 3 provinces de l’est du pays, selon les données du gouvernement. Cette propagation s’est faite alors que l’Organisation mondiale de la santé s’efforce de mettre en avant des signes de progrès, tels que de nouvelles livraisons de fournitures à des centres de santé souffrant d’un grave manque de ressources.
Selon le ministère de la Santé, les principaux défis pour endiguer l’épidémie comprennent la détection précoce et l’isolement rapide des cas, une recherche rigoureuse des contacts, des enterrements sûrs et dignes, ainsi que le renforcement de la prévention et du contrôle des infections dans les établissements de santé.
Par ailleurs, la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies a annoncé lundi qu’elle s’engageait à verser jusqu’à 62 millions $ US pour accélérer le développement de trois vaccins expérimentaux pour le virus de Bundibugyo.
Les trois vaccins en cours sont développés par l’Initiative internationale pour un vaccin contre le sida, Moderna et l’université d’Oxford.
Les professionnels de santé sont exposés à un risque plus élevé. L’OMS a rendu hommage à cinq d’entre eux comme survivants cette fin de semaine, lors d’une visite du directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus à l’occasion de l’inauguration d’un nouveau centre de traitement d’Ebola à Bunia, la capitale de la province d’Ituri, dimanche.
Baraka Bulambulu, un infirmier, a raconté qu’il était fou de joie après que ses deux derniers tests Ebola se sont révélés négatifs.
«Le premier test s’est révélé positif, mais le deuxième et le troisième étaient négatifs pour moi, a expliqué M. Bulambulu avec un large sourire. Sortir vivant de cette maladie est une joie indescriptible.»
Ezo Étienne, un autre infirmier qui s’est remis de la maladie, a raconté avoir commencé à ressentir des vertiges lors de sa tournée dans les services de l’hôpital, alors qu’il prenait des nouvelles des patients.
«C’est comme ça que ça a commencé, s’est-il souvenu. J’ai appelé l’équipe et je leur ai dit : “Il y a quelque chose qui cloche.” J’ai vérifié ma tension artérielle et j’ai vu que je souffrais immédiatement d’hypotension (tension artérielle basse). J’ai décidé de me reposer un peu, et quelques minutes plus tard, j’ai commencé à vomir.»
L’OMS a indiqué que les cinq survivants sont tous des professionnels de santé, le groupe le plus touché par l’épidémie. Le virus se transmet par contact étroit avec les fluides corporels de patients malades ou décédés.
Jusqu’à présent, les traitements ont principalement visé les symptômes des patients, a précisé l’organisation.
«Votre courage donne de l’espoir et votre histoire, celle de votre survie, montre que cette épidémie peut être enrayée», a déclaré le directeur général de l’OMS aux professionnels de santé, dimanche.
Malgré ces difficultés, ces guérisons constituent «une victoire qui mérite d’être célébrée», a mentionné le Dr Dieudonné Mwamba Kazadi, directeur général de l’Institut national de santé publique de la République démocratique du Congo.
«C’est un message fort qui montre qu’il est possible de guérir d’Ebola lorsqu’on se fait soigner rapidement dans un établissement de santé spécialisé», a-t-il ajouté.
L’Ouganda voisin a également signalé neuf cas d’Ebola et a fermé sa frontière avec la République démocratique du Congo afin de limiter la propagation du virus. Bien que plus de 20 épidémies d’Ebola aient eu lieu dans les deux pays, le virus de Bundibugyo est resté rare.