Des émeutes entre détenus de gangs rivaux ont causé la mort d’au moins 26 personnes, dont sept gardiens, et plus d’une centaine de blessés dans une prison du Sri Lanka, ont rapporté lundi les autorités.
Ces violences, les plus meurtrières depuis cinq ans dans le pays, ont éclaté dimanche soir dans la prison de Negombo, dans la banlieue nord de la capitale Colombo, qui accueille près de 10 000 détenus.
Le bilan est de 26 morts, a annoncé le ministre de la Justice, après un précédent bilan de 23 personnes tuées.
Parmi eux se trouvaient sept gardiens, qui ont péri en tenant de mettre fin aux émeutes, a indiqué un responsable de la police à l’AFP. «La situation nous a échappé ce matin», a-t-il ajouté.
«Certaines des victimes présentaient des blessures par balles», a précisé Pushpa Gamlath, directrice de l’hôpital de la ville.
Selon la police, les affrontements ont opposé les détenus de deux organisations criminelles concurrentes impliquées dans le trafic de drogue. Des habitants du quartier ont indiqué à la presse avoir entendu des coups de feu résonner dans l’établissement.
«La situation a complètement dégénéré», a commenté sous couvert d’anonymat un policier auprès de l’AFP. «Six gardiens ont été tués alors qu’ils tentaient de mettre un terme aux émeutes».
Le ministre de la Justice s’est déclaré «profondément choqué et attristé». «Des êtres humains sont morts (…) c’est quelque chose qui n’aurait jamais dû se produire», a ajouté Harshana Nanayakkara.
Tentative d’évasion
Le gouvernement a annoncé la mise en place d’une commission de trois membres, présidée par un juge retraité de la Cour suprême, pour mener une enquête sur l’émeute.
Lorsqu’elles ont été informées des affrontements en cours, des détenues de l’aile de la prison réservée aux femmes se sont enfuies sur les toits, dont une partie s’est ensuite effondrée en faisant plusieurs blessées parmi elles, selon la police.
Lundi matin, des prisonniers ont tenté de profiter du chaos pour s’évader, a déclaré un porte-parole de l’établissement, Chaminda Gajanayake. «Ils se sont précipités vers la porte principale mais nous sommes parvenus à les repousser», a-t-il précisé à la presse.
Les commandos de la police ont été appelés en renfort, mais ne sont pas intervenus dans l’enceinte de la prison, devant laquelle se sont rassemblés de nombreux membres des familles de détenus.
Les forces de sécurité ont déployé un hélicoptère et des drones pour surveiller la situation dans la prison, a constaté un photographe de l’AFP.
Des bus ont commencé à évacuer des détenus vers d’autres établissements, selon les autorités.
En décembre 2020, une mutinerie survenue dans les prisons sri-lankaises pendant la pandémie de coronavirus s’était soldée par 11 morts et 117 blessés, contraignant le gouvernement de l’époque à remettre en liberté des centaines de détenus.
Selon les statistiques officielles, les prisons du Sri Lanka accueillaient 41 250 détenus à la date de dimanche, soit près de quatre fois leur capacité d’accueil normale.
