Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme a appelé lundi les États-Unis à lever «immédiatement» les sanctions qui se sont accumulées contre Cuba depuis janvier.
«Les restrictions sur le carburant imposées depuis le début de l’année 2026 et le récent durcissement des sanctions extraterritoriales nuisent directement aux Cubains, en particulier aux plus vulnérables», a estimé Volker Türk dans un communiqué.
«Des enfants meurent parce que les médecins n’ont pas accès aux fournitures médicales et aux médicaments essentiels. C’est inacceptable», a ajouté M. Türk, appelant Washington à «lever immédiatement» ces sanctions.
Depuis janvier, Washington impose un blocus pétrolier de facto à l’île, a édicté des vagues de sanctions contre des entreprises et des dirigeants cubains, et inculpé Raul Castro dans une affaire remontant à 1996.
Donald Trump estime que l’île, située à 150 kilomètres des côtes de Floride, représente «une menace extraordinaire» pour la sécurité nationale des États-Unis, et a plusieurs fois menacé d’en «prendre le contrôle».
En mai, de nouvelles sanctions ont été imposées, dont certaines à portée extraterritoriale visant des acteurs privés tels que les négociants, compagnies d’assurance, entreprises touristiques, maritimes, ou institutions financières, note le Haut-Commissariat.
Ces mesures combinées affectent gravement l’accès de la population à des biens et services essentiels, tels que l’eau, l’alimentation et les soins de santé.
Depuis l’imposition des restrictions sur le carburant, la mortalité infantile a doublé pour atteindre 9,9 décès pour 1000 naissances, tandis que le taux de survie des enfants atteints de cancer est passé de 85% à 65%, alerte le Haut-Commissariat.
«Des régimes de sanctions aussi sévères (…) indiscriminés et extrêmement lourds pour les populations, sont incompatibles avec les principes fondamentaux du droit international des droits de l’homme», a dénoncé M. Türk.
Selon lui, l’augmentation des températures estivales risque en plus «d’accroître la propagation des maladies transmises par les vecteurs et par l’eau. La saison des ouragans augmente encore l’exposition aux risques», a-t-il averti.
M. Türk a aussi appelé les sociétés et institutions à travers le monde à éviter «le zèle excessif» dans l’application des sanctions et le désengagement systématique de l’île, tout en appelant La Havane à faire preuve de la plus grande retenue et à respecter les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique.
