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Allemagne: l’AfD attaque Merz en justice pour ses propos sur le «nettoyage ethnique»

Les propos du chancelier sont «pénalement répréhensibles» et «totalement inacceptables».

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Alice Weidel, présidente fédérale et chef du groupe parlementaire de l'AfD, ouvre le débat général dans le cadre des délibérations budgétaires au Bundestag, avec le chancelier allemand Friedrich Merz assis à l'arrière-plan, à Berlin, le 9 septembre 2026. Photo: dpa via AP Alice Weidel, présidente fédérale et chef du groupe parlementaire de l'AfD, ouvre le débat général dans le cadre des délibérations budgétaires au Bundestag, avec le chancelier allemand Friedrich Merz assis à l'arrière-plan, à Berlin, le 9 septembre 2026. Photo: dpa via AP (Michael Kappeler)

Le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) a annoncé déposer plainte pour diffamation contre le chancelier Friedrich Merz, pour avoir qualifié le concept de «remigration» cher à l’extrême-droite de «nettoyage ethnique».

Les propos du chancelier sont «pénalement répréhensibles» et «totalement inacceptables», a estimé dans la nuit de jeudi à vendredi, dans une vidéo publiée sur le réseau social X, Stephan Brandner, un responsable du groupe parlementaire de l’AfD, annonçant la plainte pour «injure diffamatoire»

Les députés du Bundestag bénéficient d’une immunité parlementaire qui doit asseoir l’indépendance de la chambre basse du parlement et l’exercice de leur mandat sans pression judiciaire ou exécutive.

Mais le texte prévoit une exception pour les injures diffamatoires, seul motif pour lequel des députés — dont le chancelier — peuvent être poursuivis pour des propos tenus dans l’hémicycle.

Dimanche, lors d’une élection régionale en Saxe-Anhalt, l’AfD, parti prorusse et anti-immigration a recueilli près de 44% des voix, loin devant le parti conservateur (CDU) de Merz et du ministre-président sortant, crédité de 17% des voix.

Percée historique de l’extrême droit en Allemagne: qu’est-ce qui explique le succès d’Ulrich Siegmund? Ulrich Siegmund, homme politique allemand de 35 ans a conduit son parti, Alternative pour l’Allemagne, à une victoire historique dimanche aux élections régionales.

Le chancelier a tenté mercredi de reprendre la main, accusant l’AfD de promouvoir un «nettoyage ethnique» avec la «remigration», mot employé par l’extrême droite pour définir sa politique d’expulsion de masse d’étrangers.

«Le mot “remigration” n’est rien d’autre que le synonyme d’un nettoyage ethnique en fonction de l’origine et de la couleur de peau», avait accusé M. Merz lors d’un débat au Bundestag, sous les colibets des élus de l’AfD.

Le chef du gouvernement s’exprimait après un discours agressif d’Alice Weidel, la co-cheffe de l’AfD, qui a regretté que les Allemands doivent «vivre au quotidien avec les conséquences de l’immigration de masse».

En Allemagne, la frontière entre critique politique et insulte pénale a été retracée par la justice, qui a condamné deux simples citoyens pour des injures écrites sur les réseaux sociaux à l’encontre de M. Merz ou de l’ancien vice-chancelier écologiste Robert Habeck.