International

Afrique: les responsables doivent renforcer le financement pour la lutte contre Ebola

Publié le 

Catholic nuns from the orphanage where Vanisa Anifa, a 6-month-old orphaned girl who died of Ebola, was staying, attends her funeral in Bunia, Congo, Friday, June 19, 2026. (AP Photo/Moses Sawasawa) (Moses Sawasawa)

Les responsables africains doivent renforcer le financement destiné à la lutte contre l’épidémie d’Ebola au Congo et en Ouganda ainsi qu’au développement de vaccins, a déclaré vendredi la principale agence sanitaire du continent. Elle a aussi averti que l’Afrique ne pouvait pas continuer à compter sur des partenaires étrangers pour répondre à ses besoins en matière de santé.

L’épidémie a fait plus de 200 morts sur 894 cas confirmés depuis le 15 mai, avec jusqu’à 35 000 contacts, a indiqué le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC). Le nombre de cas serait en réalité plus élevé, car l’épidémie n’a été confirmée qu’avec plusieurs semaines de retard.

Le directeur général de l’Africa CDC, le Dr Jean Kaseya, a dit à l’Associated Press à Addis-Abeba, la capitale de l’Éthiopie, que l’épidémie actuelle — la pire jamais enregistrée à ce stade — est un rappel supplémentaire pour l’Afrique qu’elle doit investir davantage dans son secteur de la santé afin de réduire sa dépendance vis-à-vis des partenaires étrangers.

«Si cette épidémie avait eu lieu en Europe, aux États-Unis ou sur d’autres continents, ils auraient déjà mis au point un vaccin et un traitement, a relevé le Dr Kaseya. Nous ne voulons pas être un continent qui mendie chaque jour. Nous voulons être un continent peuplé de personnes qui savent ce qu’elles font et qui sont respectées parce qu’elles agissent comme il se doit.»

Les efforts de lutte contre l’épidémie ont été entravés par l’absence de vaccins ou de traitements approuvés contre le virus de Bundibugyo. Le virus du Zaïre, plus courant et pour lequel il existe un vaccin, était à l’origine de la plupart des 16 épidémies de la maladie survenues au Congo par le passé.

Dans l’épicentre de la province d’Ituri, dans l’est du Congo, où les enterrements sont devenus monnaie courante, y compris ceux de bébés, les professionnels de santé travaillent sans relâche tout en faisant face aux agressions de résidents en colère et à un scepticisme généralisé.

L’enjeu des vaccins

Des crises sanitaires successives, dont la COVID-19, ont déclenché des efforts visant à renforcer la production locale de vaccins en Afrique, même si peu de progrès ont été réalisés à ce jour.

Le continent, dont la population devrait atteindre 2,5 milliards d’habitants d’ici 2050, produit moins de 1 % de ses besoins en vaccins et 3 % des médicaments, le reste étant importé de l’étranger, ce qui rend des millions de personnes vulnérables aux épidémies.

Bien que des efforts soient déployés pour accélérer le développement de vaccins et de tests de dépistage, M. Kaseya a souligné qu’il n’était pas certain qu’un vaccin soit disponible d’ici la fin de l’année.

Le directeur d’Africa CDC a ajouté que le pic de l’épidémie d’Ebola n’était pas encore atteint en raison de la lenteur des progrès dans l’identification et le suivi des contacts.

Les autorités n’ont pas encore identifié le «patient zéro» de l’épidémie et doivent encore retracer plus de 35 000 personnes ayant été en contact avec des individus infectés, a-t-il ajouté.

«C’est pourquoi nous accélérons notre collecte de fonds afin de déployer sur le terrain un grand nombre d’équipes chargées de rechercher tout contact, direct ou indirect, et de commencer à les suivre», a expliqué M. Kaseya.

Dans le cadre du plan visant à inciter les États africains à soutenir financièrement les efforts de l’agence, M. Kaseya a indiqué que le président sud-africain Cyril Ramaphosa devait se rendre la semaine prochaine dans la province d’Ituri, au Congo, ainsi qu’en Ouganda, afin de soutenir la mobilisation de fonds.

Un Fonds africain de lutte contre les épidémies, récemment créé, a reçu des promesses de dons totalisant environ 80 millions $ US de la part des gouvernements africains, tandis qu’une conférence des donateurs plus large, qui s’est tenue cette semaine, a généré des promesses de dons d’environ 910 millions $ US, a-t-il précisé.

«Nous devons prendre soin de nous-mêmes, a commenté M. Kaseya. Nous devons nous dire: “Il est temps pour nous de réfléchir sérieusement à la manière dont nous pouvons fabriquer des médicaments et des vaccins pour répondre à nos propres besoins.”»