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Afghanistan: des combattants tués après avoir traversé la frontière du Pakistan

Les tensions entre le Pakistan et l’Afghanistan se sont intensifiées ces derniers jours.

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Des agents de sécurité talibans inspectent les lieux de ce que des responsables talibans ont qualifié de frappes aériennes pakistanaises dans la province de Khost, en Afghanistan, le jeudi 24 septembre 2026. AP/Saifullah Zahir Des agents de sécurité talibans inspectent les lieux de ce que des responsables talibans ont qualifié de frappes aériennes pakistanaises dans la province de Khost, en Afghanistan, le jeudi 24 septembre 2026. AP (Saifullah Zahir)

L’Afghanistan a indiqué dimanche que ses forces avaient tué 28 combattants et en avaient capturé 32 autres, parmi lesquels des membres présumés du groupe armé Daech, qui auraient traversé la frontière depuis le Pakistan voisin.

Les tensions entre le Pakistan et l’Afghanistan se sont intensifiées ces derniers jours, les combats transfrontaliers et les frappes aériennes pakistanaises sur le territoire afghan venant s’ajouter aux différends de longue date concernant les activités des militants le long de leur frontière.

Le ministère afghan de la Défense a indiqué dans un message publié sur X que ces combattants avaient été tués ou capturés samedi dans le district de Kamdesh, dans la province du Nuristan, au nord-est du pays.

Il a affirmé que plusieurs groupes affiliés à Daech avaient été envoyés depuis le Pakistan avec le soutien des autorités pakistanaises «dans le but de mener des actes de subversion et de semer l’insécurité».

L’Afghanistan ne reconnaît pas sa frontière avec le Pakistan comme une frontière internationale. Les deux pays partagent une frontière de 2611 kilomètres, connue sous le nom de «ligne Durand».

Le ministère pakistanais de l’Information a rejeté ces allégations, les qualifiant de «frivoles, sans fondement et dénuées de toute vérité».

Dans un message publié sur X, il a avancé que le Pakistan «rejette catégoriquement» les allégations selon lesquelles ses forces de sécurité ou ses services de renseignement auraient été impliqués dans des affrontements au Nuristan ou ailleurs en Afghanistan.

Il a également nié avoir recruté ou formé d’anciens membres des forces de sécurité afghanes, ou avoir apporté son soutien à Daech ou à d’autres militants.

Le ministère a mentionné que l’Afghanistan n’avait fourni aucune preuve à l’appui de ses allégations, qu’il s’agisse d’identités, de documents, de communications ou d’éléments de police scientifique.

Il a rejeté une vidéo circulant sur les réseaux sociaux, affirmant qu’elle ne montrait que quelques personnes non armées, et l’a qualifiée de «tournage vidéo prémédité» par le gouvernement taliban afghan.

Le Pakistan a fait savoir que la présence et les activités de groupes militants en Afghanistan avaient été documentées dans des rapports des Nations unies et d’autres organisations internationales.

Il a accusé Kaboul de tenter de «fabriquer de toutes pièces un lien avec le Pakistan» afin de dissimuler ce qu’il a qualifié de présence continue de militants en Afghanistan.

Par ailleurs, l’armée pakistanaise a déclaré dimanche que ses forces avaient tué plus de 71 militants au cours de multiples opérations menées dans la province du Baloutchistan, au sud-ouest du pays, au cours des 96 dernières heures.

L’armée a précisé que ces opérations visaient les repaires de groupes qu’elle désigne sous les noms de «Fitna al-Khawarij» et «Fitna al-Hindustan», termes utilisés par Islamabad pour désigner les talibans pakistanais établis en Afghanistan et les membres de l’Armée de libération du Baloutchistan, une organisation interdite.

Le Pakistan accuse fréquemment le gouvernement taliban afghan de permettre aux talibans pakistanais, officiellement connus sous le nom de Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), d’opérer depuis le territoire afghan et de mener des attaques à l’intérieur du Pakistan.

Le TTP est distinct des talibans afghans, mais il leur est allié. Kaboul nie offrir un refuge à ce groupe et a rejeté les accusations du Pakistan.

Intensification des attaques

Ces dernières hostilités font suite à des frappes aériennes pakistanaises menées lundi contre des sites situés dans l’est de l’Afghanistan, que le Pakistan a décrits comme des repaires de militants.

Le Pakistan a souligné que ces frappes avaient tué 28 militants, tandis que les autorités afghanes ont fait état de la mort de 3 civils, un bilan confirmé par les Nations unies.

Le ministère afghan de la Défense a déclaré que la plupart des personnes impliquées dans le prétendu complot du Nuristan étaient d’anciens membres de l’armée afghane ayant servi sous le gouvernement précédent, renversé lors du retour au pouvoir des talibans en août 2021.

«D’après les informations disponibles, les services de renseignement pakistanais les avaient emmenés au Pakistan en leur promettant que des dispositions seraient prises pour qu’ils obtiennent l’asile dans des pays étrangers et perçoivent des salaires élevés», a précisé le ministère.

Il a affirmé que ces hommes avaient en réalité été emmenés dans des camps mis en place par l’armée et les services de renseignement pakistanais, où ils avaient suivi une brève formation militaire avant d’être renvoyés en Afghanistan pour semer le trouble dans certaines régions du Nuristan, qui borde le district de Chitral, au nord du Pakistan.

Le ministère a appelé «tous les jeunes et anciens militaires qui ont été trompés par les services de renseignement pakistanais» à ne pas devenir de nouvelles victimes de ce qu’il a qualifié de complots ennemis.