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Accusé d’une fusillade à Minneapolis, un agent de l’ICE libéré au Texas après une décision du tribunal

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Mary Moriarty, procureur du comté de Hennepin, brandit un document contenant les chefs d'accusation retenus contre Christian Castro, agent de l'ICE, lors d'une conférence de presse au Centre administratif du comté de Hennepin, à Minneapolis, le lundi 18 mai 2026. Photo: Minnesota Star Tribune via AP Mary Moriarty, procureur du comté de Hennepin, brandit un document contenant les chefs d'accusation retenus contre Christian Castro, agent de l'ICE, lors d'une conférence de presse au Centre administratif du comté de Hennepin, à Minneapolis, le lundi 18 mai 2026. Photo: Minnesota Star Tribune via AP (Renée Jones Schneider)

Un agent de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), accusé d’avoir tiré sur un homme et d’avoir menti à ce sujet lors de la campagne de répression contre l’immigration à Minneapolis, a été libéré jeudi d’une prison du Texas, après qu’un juge a refusé d’ordonner son retour au Minnesota.

Christian Castro a été libéré à l’aube d’un centre de détention de Brownsville. Il a fait un geste de la main en direction de quelques caméramans et d’un journaliste qui se pressaient autour de lui, puis est rapidement monté dans une VUS qui a pris la fuite.

La veille, le juge fédéral de district Fernando Rodriguez Jr. avait indiqué dans une ordonnance qu’il ne pouvait empêcher le shérif du comté de libérer Castro ni ordonner au gouverneur du Texas, Greg Abbott, de signer son mandat d’extradition.

M. Castro est accusé au Minnesota d’agression et de fausse déclaration de crime dans le cadre de la fusillade du 14 janvier qui a visé Julio Cesar Sosa-Celis, âgé de 24 ans.

Il est accusé d’avoir tiré avec une arme à feu à travers la porte d’entrée d’une maison de Minneapolis, blessant Sosa-Celis à la jambe. Les procureurs affirment que Castro a également faussement accusé Sosa-Celis et un autre homme d’avoir attaqué un agent de l’ICE avec un manche à balayeuse et une pelle à neige.

Après qu’un juge du Minnesota eut émis en mai un mandat d’arrestation national à son encontre, les autorités, notamment le Bureau of Criminal Apprehension du Minnesota, l’ont arrêté dans le comté de Cameron le 29 mai. Les autorités du Minnesota ont demandé son extradition depuis son arrestation, mais il est resté en détention à Brownsville, une ville frontalière avec le Mexique.

En vertu de la loi texane et à défaut d’extradition, Christian Castro devait être libéré après 90 jours de détention, soit jeudi. Les autorités du Minnesota craignent qu’il ne s’enfuie au Mexique.

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Le procureur général du Minnesota, Keith Ellison, a déposé la semaine dernière une demande d’ordonnance restrictive temporaire visant à empêcher sa libération ou à ordonner son retour au Minnesota.

Mardi, les avocats texans ont fait valoir que le juge ne pouvait pas se prononcer sur une décision qui est encore en suspens. Greg Abbott n’a pas refusé l’extradition. Il attend plutôt l’issue d’une enquête interne menée par l’État visant à déterminer si M. Castro était légalement considéré comme un «fugitif» au sens de la clause d’extradition, ont déclaré les avocats.

Le juge a indiqué dans son ordonnance de mercredi que le tribunal ne pouvait pas encore intervenir.

«La Cour conclut qu’elle n’a pas compétence en la matière, car l’affaire n’est pas mûre pour être jugée», peut-on lire dans l’ordonnance. «Le Minnesota ne peut fonder ses motifs d’action sur l’allégation selon laquelle le gouverneur Greg Abbott pourrait enfreindre ces dispositions à l’avenir; il doit prouver qu’une infraction a déjà été commise.»

Le juge a indiqué dans son ordonnance que les lois sur l’extradition ne précisent pas le délai dont dispose le gouverneur du Texas pour prendre cette décision.

Le procureur a affirmé dans un communiqué que son bureau continuerait de plaider l’affaire, sans toutefois préciser la suite des événements.

Colère à Minneapolis après la mort d’un citoyen américain tué par l’ICE Donald Trump faisait face lundi à des appels croissants, y compris de son propre camp, en faveur d’une enquête indépendante sur l’homicide d’un deuxième citoyen américain, tué par la police fédérale de l’immigration à Minneapolis.

Le porte-parole d’Abbott, Andrew Mahaleris, s’est réjoui de cette décision et a déclaré qu’il était du devoir du gouverneur d’examiner attentivement le bien-fondé des demandes d’extradition.

Greg Abbott a soutenu la semaine dernière qu’il ne répondrait pas à la demande d’extradition, invoquant l’enquête en cours sur des fraudes dans les programmes de services sociaux du gouvernement du Minnesota, que le président Donald Trump a utilisées pour justifier sa campagne de répression en matière d’immigration dans cet État.

Les autorités du Minnesota affirment que M. Castro pourrait fuir le pays, invoquant des appels qu’il a passés depuis la prison à une femme au Mexique, dans lesquels il parlait «de l’épouser et d’acheter une maison au Mexique à sa libération», selon la poursuite.

Le juge a admis que Christian Castro pourrait fuir le pays, mais a ajouté que «la menace d’un préjudice ne constitue pas en soi un motif suffisant pour justifier une décision judiciaire».