Donald Trump, qui réunit son camp pour deux jours de rassemblement inédit jusqu’à jeudi à Dallas, au Texas, mise sur sa personne pour mobiliser les républicains avant des élections législatives de mi-mandat mal embarquées pour la majorité.
«Ce n’est pas quelque chose d’habituel. Comptez sur Trump pour faire les choses autrement», lance à l’AFP Rosie Swanson, une retraitée résidant dans la ville texane.
Attendu pour un premier discours dans la soirée, avant une autre intervention annoncée le lendemain, le président octogénaire est arrivé sur place moins d’une demi-heure avant l’heure annoncée de sa prise de parole.
Jamais encore les républicains n’avaient organisé de convention avant des élections de mi-mandat. Le format est habituellement réservé, pour eux comme pour les démocrates, aux années d’élection présidentielle.
«C’est une super idée pour mobiliser les électeurs et les inciter à aller voter», applaudit Angie Fisher, casquette rouge brodée «Trump 2028», venue de Caroline du Sud où elle travaille dans un magasin d’électroménager.
À moins de deux mois du scrutin du 3 novembre, les projections sont sombres pour les républicains: elles anticipent que les démocrates vont s’emparer de la majorité à la Chambre des représentants, qui doit être entièrement renouvelée, et possiblement de justesse au Sénat, selon le modèle Decision Desk HQ. Une bascule qui restreindrait sérieusement la marge de manoeuvre de Donald Trump pour les deux dernières années de son mandat.
«Pour Trump»
Ses deux supportrices valident «absolument» la méthode Trump consistant à faire le pari d’entraîner les électeurs aux urnes sur son seul nom, malgré sa popularité au plus bas - tombée sous les 35% dans un récent sondage - entre guerre en Iran dans l’impasse et les prix qui flambent, ceux de l’essence en tête.
«C’est pour ça qu’on est là, pour Trump», souligne Angie Fisher. Sinon, «je ne dirais pas que je ne serais pas venue, mais c’est lui qui me donne envie d’être ici.»
«Faites comme si mon nom était sur le bulletin de vote, s’il vous plaît», plaidait Donald Trump il y a quelques semaines.
La grande salle de l’équipe de basket des Mavericks qui accueille le rassemblement s’est progressivement garnie au fil de l’après-midi - même si ses tribunes hautes, décorées de drapeaux américains, restaient largement vides dans la soirée. Environ un tiers sont en outre condamnées par des rideaux noirs derrière la scène bardée d’écrans géants.
Sur les tenues dans l’assistance, le rouge - la couleur du Parti républicain - est généreusement mis à l’honneur et le drapeau américain interprété à toutes les sauces, jusqu’à la robe à sequins.
Accomplissements revendiqués
Au fil de cette convention pas comme les autres - «à guichets fermés» selon Donald Trump - sont répétés par des dizaines d’intervenants venus de tous horizons - élus, ministres, «Américains ordinaires» et même combattants de MMA - les accomplissements revendiqués des deux dernières années, baisses d’impôts en premier lieu, et la rhétorique trumpiste dépeignant les démocrates en «extrémistes», en particulier avec la récente série de succès de leur aile gauche.
«Il aurait été plus efficace que le président trouve le moyen de maintenir sa cote de popularité au-dessus de 40 %», analyse pour l’AFP Matthew Green, professeur de sciences politiques à l’Université catholique d’Amérique, observant que «quand vous vous situez entre 30 et 35%, c’est généralement synonyme de très mauvais résultats pour votre parti».
Si plus d’une centaine de candidats et parlementaires républicains sont annoncés, d’autres, engagés dans des courses serrées, préfèrent ne pas s’y rendre. Pour éviter d’associer frontalement leur campagne à un président aussi impopulaire et clivant ou encore privilégier leur campagne de terrain.
Parmi les proches de Donald Trump, les ministres de la Justice, Todd Blanche, et des Finances, Scott Bessent, ont pris la parole mercredi. Le vice-président, JD Vance, prononcera lui un discours jeudi.
