La présidente-directrice générale d’Hydro-Québec, Claudine Bouchard, affirme que la tempête de mercredi, bien que perturbatrice, était beaucoup plus facile à gérer que celle d’avril 2023, qui avait privé d’électricité plus d’un million de clients dans la province.
La principale différence réside dans l’emplacement, a-t-elle expliqué.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
En 2023, le cœur de la tempête s’était concentré sur Montréal, recouvrant les rues d’arbres endommagés, bloquant les véhicules d’urgence et rendant les réparations lentes et difficiles dans les quartiers urbains densément peuplés.
Le système de cette semaine s’est étendu sur un territoire beaucoup plus vaste, ce qui a facilité le travail, a expliqué Mme Bouchard lors d’une conférence de presse jeudi.
«Il est beaucoup plus facile de travailler sur un vaste territoire que de se concentrer sur les rues de Montréal, où il y a des maisons endommagées, des voitures à déplacer et des services d’urgence qui doivent passer», a affirmé Mme Bouchard.
La tempête a également donné lieu à ce qu’Hydro-Québec qualifie de première historique: une opération préventive de dégivrage sur une ligne de transport à haute tension de 735 000 volts dans la région de Québec mercredi soir.
À l’aide d’un dispositif appelé dégivreur, les équipes ont envoyé un courant à haute intensité dans la ligne pour la chauffer et éliminer l’accumulation de glace avant qu’elle ne cause des dommages. Il s’agit d’une technique qui, selon le service public, n’avait jamais été utilisée auparavant pendant une tempête de verglas active.
Le premier ministre du Québec, François Legault, également présent à la conférence de presse, a salué la fermeture temporaire de plusieurs tronçons routiers à proximité de la ligne, qui a permis aux équipes de mener à bien cette opération délicate en toute sécurité.
À son apogée, plus de 200 000 clients ont été privés d’électricité dans la province, mais en fin de journée, ce nombre était tombé à 63 000.
Environ 2000 employés d’Hydro-Québec s’affairent à réparer les lignes de distribution à travers la province, et la majorité des pannes devraient être résolues d’ici 23 h.
La tempête a été plus ou moins conforme aux prévisions
Dans une entrevue jeudi, Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) a déclaré que la tempête de verglas s’était déroulée comme prévu, avec environ 20 à 30 millimètres de précipitations dans les zones touchées. La météorologue Giselle Dookhie a expliqué qu’avec la pluie verglaçante, c’est l’accumulation des effets tout au long de la journée qui peut être dangereuse.
«L’après-midi et le soir, les conditions étaient plus glissantes. Il y avait déjà une accumulation de glace au sol. Nous avons eu des aquaplanages sur certaines autoroutes», a-t-elle indiqué. «J’étais très reconnaissante qu’il n’y ait pas beaucoup de véhicules sur la route à ce moment-là, car cela a rendu les déplacements beaucoup plus faciles.»
Cependant, pendant la nuit, il y a eu beaucoup plus d’accumulation de glace sur les branches des arbres, qui sont devenues lourdes et, avec les vents violents, ont commencé à se briser et à heurter les lignes électriques.
«Nous avons donc eu un certain nombre de pannes de courant en raison des effets de la pluie verglaçante que nous avons observée pendant la journée», a noté Mme Dookhie.
Bien que la tempête de verglas ait commencé tôt mercredi matin, ECCC a indiqué qu’elle avait été principalement intermittente pendant la majeure partie de la matinée et jusqu’en début d’après-midi. Au total, Montréal a reçu 20 millimètres de précipitations, tandis que Lanaudière et les Laurentides ont enregistré entre 25 et 35 millimètres, la tempête s’étant déplacée un peu plus au nord que prévu initialement.
«Heureusement, toutes les mesures préventives qui ont été mises en place, comme le sel supplémentaire sur les routes et les abrasifs que nous avons utilisés, ont vraiment fait une grande différence, et nous sommes reconnaissants qu’il n’y ait pas eu beaucoup d’accidents», a soutenu la météorologue.
«En ce qui concerne les répercussions, beaucoup de gens sont restés chez eux, ce qui a rendu la situation beaucoup plus facile à gérer. Si les gens avaient été sur la route, cela aurait probablement conduit à un résultat différent», a-t-elle conclu.
Avec des informations de la Presse canadienne

