On continuait d’étroitement surveiller la montée des eaux de plusieurs rivières lundi, en raison de la crue printanière et des précipitations des dernières heures au Québec. La situation demeurait toutefois sous contrôle dans les régions où les inondations pourraient causer du trouble, selon les autorités.
C’est notamment le cas de Gatineau, en Outaouais, où 164 maisons étaient toujours menacées d’inondation en matinée lundi. Pas moins de 41 rues sont fermées (voir des rues concernées plus bas dans le texte) alors que les équipes d’intervention sont sur un pied d’alerte pour répondre en cas d’urgence.
Suivez les développements en direct:
Surveillance serrée de la rivière des Outaouais
La rivière des Outaouais pourrait monter d’environ 30 centimètres en cours de journée. «Les niveaux d’eau pourraient commencer à se stabiliser mardi, mais devraient rester élevés pendant plusieurs jours», a précisé la Ville de Gatineau dimanche.
«Les prévisions sont globalement supérieures à celles de 2025, mais inférieures à celles de 2023.»
Lors d’un entretien accordé lundi à Newstalk 580 CFRA, la mairesse Maude Marquis-Bissonnette a réitéré que les responsables municipaux surveillaient de près les niveaux d’eau.
«Il est très difficile de prévoir exactement ce qui va se passer. D’après ce que nous observons actuellement, les niveaux d’eau pourraient commencer à se stabiliser mardi. Ils devraient rester élevés pendant plusieurs jours... plus de deux semaines», a précisé Mme Marquis-Bissonnette à l’émission Ottawa at Work de Newstalk 580 CFRA, animée par Patricia Boal.
La mairesse a indiqué que «quelques tronçons» de rues longeant la rivière des Outaouais sont touchés par les inondations.
Mme Marquis-Bissonnette a ajouté que les responsables municipaux et les habitants espèrent que le temps plus frais et plus sec dont bénéficiait Gatineau lundi se maintiendra tout au long de la semaine.
«Cela a indéniablement un impact sur le niveau de l’eau», a indiqué la mairesse.
«Nous croisons donc les doigts pour que le temps de cette semaine ressemble globalement à celui d’aujourd’hui.»
Les régions de Québec, d’Argenteuil, d’Outaouais, et de Lanaudière font toujours l’objet d’une grande surveillance.

Rues sous surveillance à Gatineau:
Plusieurs rues font l’objet d’une surveillance en raison d’un risque d’inondation, notamment :
- rue Adélard
- rue Blais
- rue Corriveau
- rue de Versailles
- rue des Montgolfières
- rue du Prince-Albert
- rue Ernest-Charron
- rue Glaude
- rue Jacques-Cartier
- rue Moreau
- rue Oscar
- rue René
- rue Riviera
- rue Sabourin
- rue Saint-François-Xavier
- rue Saint-Louis
- rue Saint-Patrice
Des sacs de sable sont disponibles 24 heures sur 24 aux endroits suivants :
- Parc Louis-Roy (5, rue Louis-Roy, Aylmer)
- Parc du Lac-Beauchamp (745, boul. Maloney-Est, Gatineau)
- Parc Jack-Eyamie (40, rue du Bassin, Masson-Angers)
- Stationnement du Centre communautaire Saint-Jean-de-Brébeouf (70, rue Moreau, Gatineau)
Québec
Pour la région de Québec, une alerte d’«onde de tempête» était encore en vigueur en matinée lundi. «On prévoit des niveaux d’eau plus élevés que la normale près de la côte ce matin à l’heure de la marée haute», indiquait Environnement Canada.
Fort-Coulonge
La municipalité de Fort-Coulonge, située dans la région de Pontiac, dans l’ouest du Québec, a déclaré l’état d’urgence en raison des inondations le long de la rivière des Outaouais.
Le pont Rouge est fermé jusqu’à nouvel ordre, tandis que le pont Blanc reste sous surveillance en raison de la montée du niveau de l’eau.
Les autorités demandent à la population de réduire sa consommation d’eau potable «jusqu’à la fin des inondations, afin de maintenir la station d’épuration en bon état de fonctionnement».
Fort Coulonge est situé à 118 km à l’ouest du centre-ville d’Ottawa.
Situation critique à Mansfield-et-Pontefract
Mansfield-et-Pontefract est dans une situation qu’elle qualifie de critique. Soixante-dix résidences et chalets ont reçu un avis d’évacuation et une trentaine d’autres doivent aussi être avisés à cet effet. Plusieurs propriétés sont isolées par l’eau. Le directeur général de la municipalité, Éric Rochon, signale toutefois que la collaboration n’est pas toujours facile. «Il y en a qui veulent, il y en qui veulent moins. Présentement on ne sent pas un danger imminent, mais on le recommande fortement. Ce n’est pas trop bien accueilli parce que les gens ont une résilience à ça assez bien développée depuis plusieurs années.»
M. Rochon déplore toutefois que les prévisions du réseau Vigilance ne soient pas à point pour sa municipalité et qu’elles sous-estiment les niveaux d’eau.
Résident en kayak à Ripon
À Ripon, le directeur du service des incendies, Bruno Bédard, a rapporté un incident inusité en entrevue avec La Presse Canadienne. «On a une résidence où on a évacué une personne hier. La personne s’en venait chez elle en kayak, mais là, parce que ce n’était plus évident, on l’a fait quitter. Sinon, les autres maisons actuellement sur le reste du territoire, ça va quand même bien. On a aussi un chemin qui va être partiellement inondé bientôt.»
Le Lac Maskinongé ne semble plus aussi menaçant à Saint-Gabriel-de-Brandon, dans Lanaudière, où la directrice générale adjointe de la municipalité, Maxine Fournier, nous a signalé que «le pire semble être passé» et que le niveau est en baisse. Personne n’a été évacué.
Les autorités sur un pied d’alerte
Dimanche, en début de soirée, les autorités signalaient huit inondations moyennes dans la province, 27 inondations mineures et 16 plans d’eau sous surveillance.
La nouvelle première ministre, Christine Fréchette, confirmait lors d’un point de presse cette fin de semaine que «l’ensemble des ressources» était à l’œuvre et que les autorités surveillaient «l’évolution de la situation d’heure en heure».
Le Québec a eu un petit coup de pouce de mère Nature cette fin de semaine alors que les précipitations prévues se sont avérées moins importantes que prévu. À cet effet, Mme Fréchette a souligné que les niveaux de précipitation demeuraient «sous les niveaux critiques».
À Montréal, la mairesse Soraya Martinez Ferrada a souligné que les équipes étaient prêtes à réagir si les niveaux d’eau devaient passer les seuils critiques. «Sur le terrain tout est prêt. Les livraisons de sac de sable et de pompes ont été faites», avait confirmé l’élue au cours des derniers jours.

Dans l’arrondissement montréalais d’Ahuntsic-Cartierville, le niveau de la rivière des Prairies inquiétait néanmoins lundi. Au passage de Noovo Info, une digue avait été érigée afin de limiter les dégâts dans un secteur qui avait déjà été touché par des inondations en 2019.
Avec la collaboration de CTV News et de La Presse canadienne

