Environnement

Un éboueur montréalais publie un livre à succès qui pose un nouveau regard sur les déchets

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Simon Pare-Poupart. Simon Pare-Poupart. (Denise Roberts/CTV News)

Alors que la plupart des gens cherchent à éviter les déchets, l’éboueur montréalais Simon Paré-Poupart y trouve une riche source d’histoires sur ce que les gens laissent derrière eux et sur les équipes qui nettoient le tout.

Fort de 20 ans d’expérience comme éboueur, il a transporté des sacs et des bacs dans de nombreux quartiers de Montréal et affirme que la plupart des gens ne se demandent pas ce qu’ils jettent ni où cela finit.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

«Les gens perçoivent les déchets comme quelque chose dont ils n’ont pas à s’occuper», a expliqué M. Pare-Poupart. «Le problème, c’est donc ce décalage.»

Il a commencé à travailler comme éboueur à 18 ans, alors qu’il était étudiant au cégep, et s’est rapidement rendu compte qu’il s’agissait d’un travail très physique. Il explique que c’est comme un sport pour lequel il faut s’entraîner, sauf que, dans son cas, il fournit un service qui permet de garder les rues propres.

«C’est dur. Il faut se replier sur soi-même et réfléchir à la raison pour laquelle on le fait», a-t-il dit.

Même après avoir obtenu des diplômes d’études supérieures et travaillé comme travailleur social, il a déclaré qu’il ne pouvait pas renoncer à son métier d’éboueur.

«J’ai fait les deux, mais j’aime tellement mon travail», a-t-il raconté. «C’est comme une passion; je pense que c’est ma drogue.»

Un professeur l’a encouragé à écrire sur sa passion, un projet qui s’est transformé en un livre de mémoires à succès intitulé Trash! L’histoire d’un éboueur. Sa version originale, en français, est devenue un best-seller, et le livre a récemment été traduit en anglais et présenté dans le New York Times.

«J’avais en quelque sorte une mission, cet intérêt à humaniser le milieu et à humaniser les gens qui ramassaient les déchets ici», a soutenu Simon Pare-Poupart.

Faire les poubelles pour trouver des aubaines Le déchétarisme, «dumpster diving» en anglais, attire de plus en plus d’adeptes. Ce concept consiste à aller récupérer des produits ou des aliments encore consommables dans les bennes à ordures des grandes chaînes d’épicerie. Samuel et son conjoint ont adhéré au déchétarisme il y a 3 ans parce qu’ils se sentaient interpellés par la surconsommation. En plus de profiter de la gratuité de ces produits qui auraient été dirigés vers les sites d’enfouissement, le couple remet une partie des denrées récoltées à des organismes qui viennent en aide aux plus démunis.

Il a expliqué que c’est un travail difficile qui attire beaucoup de marginaux, leur offrant un moyen de gagner un salaire décent. «Je pense que ce travail réhabilite les gens. Je veux dire, des gens qui étaient marginalisés, ostracisés, viennent occuper ce poste», a-t-il confié.

Il a ajouté que c’est un secteur concurrentiel, puisque la plupart des villes confient ce travail à des entreprises privées et que les travailleurs doivent ramasser autant de déchets que possible pendant leur quart de travail. À cela s’ajoutent les conditions de travail difficiles et les mauvaises odeurs; l’hiver est toutefois la pire partie du travail, selon lui.

«L’hiver est la pire chose qui puisse arriver à un manœuvre», a-t-il avoué.

Son histoire a maintenant inspiré un film, une pièce de théâtre et un documentaire, mais il a affirmé qu’il n’avait pas l’intention d’abandonner son emploi de jour, car c’est ce qui lui permet de garder les pieds sur terre et lui donne un but. Il a également affirmé qu’il considérait comme sa mission de veiller à ce que les gens réfléchissent à deux fois à ce qu’ils jettent et à l’impact que cela a sur l’environnement.