Le nouveau premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador a lancé lundi l’examen d’un important projet d’entente énergétique avec Hydro-Québec, promettant qu’un comité de trois personnes enquêterait afin de déterminer si l’entente est la plus avantageuse pour la province, qui connaît des difficultés financières.
Le premier ministre progressiste-conservateur, Tony Wakeham, réclamait un examen indépendant depuis que le précédent gouvernement libéral avait dévoilé l’entente de principe avec Hydro-Québec, il y a environ un an.
Les équipes de négociation espéraient conclure des ententes finales en avril 2026. M. Wakeham a toutefois mentionné lundi que le comité devra terminer ses travaux d’ici le 30 avril 2026.
Il a également réitéré sa promesse de soumettre tout accord final à un référendum public.
«J’ai accompli en six semaines ce que le précédent gouvernement libéral n’a pas réussi à faire en près d’un an, a avancé M. Wakeham. Si ce processus avait été lancé en janvier dernier, au lieu de ce que nous avons mis en place, nous aurions pu en avoir fini avec cet examen.»
Selon les termes de l’entente préliminaire, Hydro-Québec paierait plus cher l’électricité produite par la centrale de Churchill Falls, au Labrador, et piloterait de nouveaux projets d’aménagement le long du fleuve Churchill, en partenariat avec Newfoundland and Labrador Hydro.
Les libéraux estiment que cette entente pourrait rapporter environ 225 milliards $ à la province la plus à l’est du Canada au cours des 50 prochaines années.
Cette nouvelle entente mettrait fin 16 ans plus tôt au contrat actuel qui permet à Hydro-Québec d’acheter la majeure partie de l’électricité de Churchill Falls à des prix dérisoires et de la revendre à des tarifs beaucoup plus élevés.
De son côté, la ministre québécoise de l’Économie et de l’Énergie, Christine Fréchette, a fait valoir à ses interlocuteurs terre-neuviens qu’une défaite de la Coalition avenir Québec (CAQ) aux élections de 2026 pourrait mettre en péril l’entente.
Le gouvernement Legault a ainsi fait comprendre à son vis-à-vis qu’il avait tout intérêt à conclure une entente dans les meilleurs délais, a expliqué la ministre lors d’une entrevue avec La Presse Canadienne.
M. Wakeham a indiqué qu’il ne se préoccupait pas de l’issue possible des élections québécoises.
«Je me soucie uniquement des Terre-Neuviens et des Labradoriens, et des générations futures de Terre-Neuviens et de Labradoriens, a-t-il affirmé. C’est notre ressource, développons-la avec nos citoyens, pour leur bénéfice.»
M. Wakeham prévoit rencontrer le premier ministre du Québec, François Legault, au début de l’année prochaine.
Chris Huskilson, ancien chef de la direction de la société énergétique néo-écossaise Emera, présidera le comité d’examen. Ce comité comprend également Michael Wilson, ancien cadre d’EY, qui a critiqué l’ébauche de l’entente et affirmé que Terre-Neuve-et-Labrador pourrait obtenir de meilleures conditions.
M. Wilson faisait partie d’un comité mis sur pied par le précédent gouvernement libéral pour superviser les négociations des contrats définitifs. Il a démissionné de ce groupe, estimant que le mandat de l’équipe, tel qu’interprété par les libéraux, n’était pas suffisamment large pour examiner adéquatement le contrat.
M. Huskilson a mentionné ne pas connaître les opinions passées de M. Wilson «en détail». Il a précisé que le gouvernement avait lancé l’examen en vertu de sa loi sur les enquêtes publiques, qui autorise l’équipe à travailler de façon indépendante et à accéder aux informations nécessaires à l’exécution de ses travaux.
«Nous sommes tous les trois très attachés à l’indépendance de ce comité et au fait de partir de nouvelles informations», a déclaré M. Huskilson en entrevue.
Le comité examinera plusieurs questions, notamment si d’autres marchés de l’énergie ont été pris en compte et si les affirmations concernant les retombées économiques de l’accord étaient exactes et raisonnables.
En fin de compte, le comité est chargé de déterminer si l’entente provisoire sert au mieux les intérêts à long terme des Terre-Neuviens et des Labradoriens, conformément au mandat de l’examen.
Quatre mois suffiront, a soutenu M. Huskilson, «pourvu que nous ayons l’information nécessaire».
«Nous commencerons dès que possible», a-t-il affirmé, ajoutant que le comité avait tenu sa première réunion lundi.
«Nous ferons tout notre possible avant Noël, puis nous avancerons», a-t-il fait savoir.

