Environnement

L'ONU vote en faveur d'une action forte contre les changements climatiques

La résolution n’est toutefois pas contraignante.

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ARCHIVES - Les villas Holiday Inn, autrefois emblématiques, de Port Vila, au Vanuatu, sont partiellement submergées (19 juillet 2025), après avoir été frappées par plusieurs cyclones et un tremblement de terre qui ont causé des dégâts irréparables. (... ARCHIVES - Les villas Holiday Inn, autrefois emblématiques, de Port Vila, au Vanuatu, sont partiellement submergées (19 juillet 2025), après avoir été frappées par plusieurs cyclones et un tremblement de terre qui ont causé des dégâts irréparables. Photo AP (Annika Hammerschlag)

L’Assemblée générale des Nations Unies a voté massivement mercredi en faveur d’une action forte pour lutter contre les changements climatiques, malgré les récentes tentatives diplomatiques des États-Unis pour obtenir le retrait de cette mesure.

L’instance mondiale, composée de 193 membres, a adopté une résolution non contraignante entérinant l’avis consultatif historique rendu en juillet dernier par la Cour de justice de l’ONU, qui qualifie de violation du droit international le fait pour les États de ne pas protéger la planète contre les changements climatiques. Le vote a été de 141 voix pour, 8 contre et 28 abstentions.

Les États-Unis, la Russie, l’Iran et l’Arabie saoudite — parmi les plus grands producteurs de pétrole et les principaux émetteurs de gaz à effet de serre — se sont opposés à la mesure.

Le texte prévoit notamment l’adoption d’un plan d’action national pour le climat afin de limiter la hausse des températures mondiales à moins de 1,5 degré Celsius et la suppression progressive des subventions à l’exploration, à la production et à l’exploitation des combustibles fossiles et exhortant les contrevenants à indemniser intégralement les dommages.

La résolution comprenait initialement un passage plus ferme de l’avis de la Cour internationale de Justice, appelant à la création d’un «Registre international des dommages» pour consigner les preuves et les réclamations. Ce passage a été retiré après une douzaine de consultations afin de recueillir davantage de soutien.

L’adoption est intervenue malgré un article de l’Associated Press paru en février, selon lequel l’administration Trump avait exhorté d’autres pays à faire pression sur le Vanuatu, petit État insulaire à l’origine du projet, pour qu’il le retire.

Dans une note adressée à toutes les ambassades et consulats américains, le Département d’État a déclaré s’opposer fermement à la proposition et que son adoption «pourrait constituer une menace majeure pour l’industrie américaine».

Mercredi, Tammy Bruce, ambassadrice adjointe des États-Unis auprès des Nations Unies, a de nouveau fustigé la mesure, la qualifiant de «très problématique» et réaffirmant que Washington nourrissait de sérieuses préoccupations juridiques et politiques, malgré les modifications apportées au projet.

«La résolution contient des exigences politiques inappropriées concernant les énergies fossiles et d’autres questions climatiques», a souligné Mme Bruce à l’Assemblée générale avant le vote.

Cependant, les représentants du Vanuatu et d’autres nations insulaires, qui craignent pour leur survie face aux conséquences du changement climatique, ont indiqué qu’il était essentiel que l’Assemblée générale soutienne la décision de la Cour, saluée comme un tournant dans le droit international du climat.

«Nous devons être honnêtes les uns envers les autres quant à l’importance de cette question, a dit Odo Tevi, ambassadeur du Vanuatu auprès des Nations Unies, avant le vote. C’est important car les dommages sont réels et déjà présents, le long de nos îles et de nos côtes, pour les communautés confrontées à la sécheresse et aux mauvaises récoltes.»

Il a ajouté: «Les États et les peuples qui supportent le plus lourd fardeau sont très souvent ceux qui ont le moins contribué au problème.»

Cette décision de l’ONU fait suite à des décennies de frustration pour les nations du Pacifique qui voient leurs terres disparaître.

À Tuvalu, où l’altitude moyenne n’est que de 2 mètres, plus d’un tiers de la population a demandé un visa de migration climatique pour l’Australie. D’ici 2100, une grande partie du pays devrait être submergée à marée haute.

À Nauru, le gouvernement a commencé à vendre des passeports à de riches étrangers, leur offrant un accès sans visa à des dizaines de pays, afin de générer des revenus pour d’éventuels efforts de relocalisation.