Environnement

L’ONU alerte sur le «danger accru» des vagues de chaleur pour les femmes enceintes

«Mariages d’enfants, grossesses non désirées, violences sexistes et sexuelles»

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A pregnant visitor shields herself from the sunlight during a tour of the Griffith Observatory in Los Angeles on July 14, 2023. (Damian Dovarganes / AP Photo)
Une visiteuse enceinte se protège du soleil lors d'une visite guidée de l'Observatoire Griffith à Los Angeles, le 14 juillet 2023. Une visiteuse enceinte se protège du soleil lors d'une visite guidée de l'Observatoire Griffith à Los Angeles, le 14 juillet 2023. (Damian Dovarganes/AP)

L’ONU a alerté lundi sur le «danger accru» des vagues de chaleur extrême pour les femmes enceintes, à l’ouverture aux îles Fidji de la réunion préparatoire au sommet de la COP31, où les pays développés ont été exhortés à soutenir une «transition juste» vers les énergies renouvelables.

Le chef de l’ONU Climat, Simon Stiell, a mis en avant dans un discours l’impact des vagues de chaleur sur les grossesses. «Les vagues de chaleur extrême liées au changement climatique pendant la grossesse sont de plus en plus souvent associées à des naissances prématurées, à des mort-nés, à un faible poids à la naissance et à des complications maternelles», a-t-il relevé.

«Mariages d’enfants, grossesses non désirées, violences sexistes et sexuelles»: le dérèglement climatique a aussi des «conséquences dramatiques» sur les droits des filles, signale l’ONG humanitaire Plan International dans un rapport publié le même jour, s’appuyant sur une enquête menée auprès de 5.000 filles et jeunes femmes, âgées de 15 à 24 ans, au Pérou, Sénégal, Zimbabwe, Kenya et Bangladesh.

Ministres, négociateurs mais très peu de dirigeants mondiaux sont réunis jusqu’à jeudi dans la ville fidjienne de Nadi et aux Tuvalu pour cette pré-COP, qui vise à insister sur la réalité du changement climatique déjà à l’œuvre dans le Pacifique.

À Tuvalu, deux des neuf atolls coralliens sont déjà en grande partie submergés.

Les discussions doivent préparer le terrain pour la COP31, la grande conférence mondiale sur le climat sous l’égide de l’ONU qui doit se tenir en novembre à Antalya, en Turquie.

Des critiques ont d’ores et déjà résonné contre l’Australie, chef de file des négociations mais aussi grand exportateur de charbon, accusé d’hypocrisie.

La ministre fidjienne du Climat, Lynda Tabuya, a dit avoir eu une «discussion franche» lundi avec son homologue australien Chris Bowen et des responsables du Pacifique.

«Oui, certains pays ont fait part de leurs sentiments», a-t-elle répondu lorsque des journalistes ont demandé si elle soutenait les appels d’autres dirigeants du Pacifique pour une suspension de l’expansion des projets australiens liés au charbon et au gaz.

«Mais pour le Pacifique, il est important, lors de cette pré-COP, que nous trouvions un terrain d’entente», a tempéré la ministre.

Le ministre australien chargé du climat et président des négociations de la COP31 Chris Bowen a de son côté assuré qu’«en tant que pays exportateur de combustibles fossiles, nous avons quelque chose de différent à apporter».

Lynda Tabuya a appelé les pays développés à s’engager pour une «transition juste» et un soutien aux «pays qui souffrent le plus dans le monde».

Selon un rapport de l’ONU publié en août, les pays en développement ont besoin de 310 à 365 milliards de dollars pour s’adapter, mais ne disposaient que de 26 milliards de dollars à cette fin en 2023.

Montée des eaux

La priorité pour les dirigeants des nations du Pacifique, particulièrement touchées par le dérèglement climatique, est de maintenir l’objectif de 1,5°C et de souligner l’impact des hausses des températures sur les océans.

Le niveau de la mer s’élève à un rythme record, sous l’effet du réchauffement des océans et de la fonte des glaciers, selon un rapport du Secrétariat général de l’ONU publié en août.

Cela pourrait contraindre 1,2 milliard de personnes dans le monde à être déplacées d’ici 2050, les pays insulaires étant confrontés à une élévation du niveau de la mer deux fois supérieure à la moyenne mondiale.

Environnement: le Canada s’engage à mieux observer et protéger l'Arctique Mark Carney a pris part à un événement de l’ONU visant à renforcer la collaboration en matière d’observation des océans, mercredi.

Malgré ces enjeux importants, moins d’une dizaine de dirigeants ont confirmé publiquement leur participation à la pré-COP.

Parmi eux figurera le ministre des Affaires étrangères du Népal, Shisir Khanal, dont le pays est encore sous le choc de la crue dévastatrice survenue dans l’Himalaya le 26 août.

Au programme des principaux délégués, une journée est prévue à Tuvalu, petit État insulaire qui prépare des plans de déplacement de sa population face à la montée des eaux.

«La montée du niveau de la mer n’est pas une menace future, c’est une réalité du présent», a souligné à l’ONU la semaine dernière le premier ministre du pays, Feleti Teo.

«Le Pacifique ne doit pas devenir une zone sacrifiée pour les grands pollueurs et les entreprises de combustibles fossiles», a exhorté Shiva Gounden, de Greenpeace.