Un groupe d’orques a été filmé en train de mettre en pièces un poisson-lune, offrant un aperçu inédit du comportement de ces gros mammifères marins, selon un article paru jeudi dans une revue éthologie et relayé par une ONG américaine.
La vidéo aux images spectaculaires diffusée par l’ONG Beneath The Waves, basée aux États-Unis, montre une orque tenant la queue d’un poisson-lune tandis qu’une autre orque fonce sur la cible et l’explose en morceaux.
Rien à voir avec un rituel meurtrier: le poisson-lune était en fait déjà mort. Le choc est néanmoins très violent, un poisson-lune pouvant peser jusqu’à deux tonnes tandis qu’une orque peut atteindre le double.
Il pourrait s’agir d’une tentative de découper le poisson en morceaux plus petits faciles à manger, estime Kathryn Ayres, biologiste marine, car «les orques déchiquettent souvent leurs proies et les partagent avec les autres membres du groupe, y compris les bébés et les jeunes».
«Ou alors, c’est peut-être simplement pour s’amuser. Les orques sont connues pour jouer avec leur nourriture», rappelle-t-elle.
Ces comportements ont été observés à deux reprises, en 2024 et 2025, au large du golfe de Californie (États-Unis), précise l’article paru dans la nouvelle revue Frontiers in Ethology.
Mark Peter Simmonds, directeur scientifique chez OceanCare, une ONG de conservation des océans, compare ce phénomène à «des repas formels chez les humains, où la socialisation joue un rôle tout autant que l’alimentation». «C’est peut-être similaire au moment où, lors d’un repas formel, l’hôte découpe le rôti», a-t-il déclaré à l’AFP.
Les orques sont des prédateurs au sommet de la chaîne alimentaire, dotés d’une grande intelligence et connus pour jouer avec leurs proies et déployer des tactiques sophistiquées pour les piéger.
Les observations montrent qu’elles pratiquent le wave washing (chasse par création de vagues): elles coopèrent pour créer des eaux agitées qui font tomber les phoques des plaques de glace, afin de pouvoir les capturer et les manger plus facilement.
Elles ont aussi été observées portant des saumons morts en guise de chapeaux pour des raisons qui restent inconnues.
Elles utilisent également des outils: des recherches menées l’année dernière ont montré qu’une population d’orques en danger critique d’extinction dans la mer des Salish, située en bordure de l’Alaska du sud-est (États-Unis) et de la Colombie britannique (Canada), arrachait des morceaux d’algues pour se frotter et se toiletter mutuellement.