Le Canada doit créer un bureau fédéral de coordination des interventions face aux incendies de forêt et aux situations d’urgence, selon un rapport du Sénat publié mercredi.
Cette recommandation figure parmi les 15 propositions contenues dans le rapport du Comité sénatorial permanent de l’agriculture et des forêts.
Lors d’une conférence de presse à Ottawa, les sénateurs membres du comité ont déclaré que l’une des principales demandes qu’ils avaient entendues lors de la rédaction du rapport concernait la mise en place d’un point de contact national unique chargé de coordonner la lutte contre les feux de forêt.
«Nous avons entendu dire que le Canada est le seul pays du G7 qui ne dispose pas, pour ainsi dire, d’une instance fédérale chargée de gérer, de discuter et de coordonner les interventions en cas d’incendie», a déclaré la sénatrice Mary Robinson, présidente du comité, à La Presse Canadienne.
«Je pense que les efforts déployés jusqu’à présent sont appréciés, mais la crise s’aggrave et s’intensifie, et nous avons certainement besoin que le gouvernement en fasse davantage.»
Il y a environ six mois, le gouvernement fédéral a lancé un nouveau centre national afin de permettre une meilleure coordination des interventions en cas de catastrophe.
La ministre fédérale de la Gestion des urgences, Eleanor Olszewski, avait dit à ce moment que ce centre aiderait à coordonner les ressources dans les situations où les provinces et les collectivités ne peuvent pas s’en sortir seules.
Toutefois, le rapport du Sénat invite Ottawa à assumer davantage un rôle de leadership.
«Il n’existe aucun mécanisme permettant de coordonner au niveau fédéral les ressources municipales à travers le pays», a déclaré Ken McMullen, président de l’Association canadienne des chefs de pompiers, lors de la conférence de presse.
«C’est là que ce bureau ferait une différence absolument considérable à l’échelle du pays.»
Le comité a appris que, dans le système actuel, les feux de forêt sont d’abord gérés au niveau municipal, puis transmis aux provinces et aux territoires avant qu’une demande d’aide ne soit adressée au gouvernement fédéral.
Le vice-président du comité, le sénateur John McNair, a affirmé que ce processus faisait perdre un temps précieux.
«Chaque escalade et chaque demande d’aide prennent également un temps précieux à un moment critique où une intervention rapide est la plus nécessaire, et ces défis de coordination contribuent directement à une planification incohérente, à des délais d’intervention prolongés et à un accès sporadique au matériel et au personnel», a déclaré M. McNair.
«Nous avons constamment entendu dire qu’il fallait un point de contact unique pour améliorer la collaboration et briser les cloisonnements.»
La ministre Olszewski a dit à La Presse Canadienne qu’elle n’avait pas encore pris connaissance du rapport du Sénat, car elle avait passé la matinée à la réunion hebdomadaire du caucus libéral. Elle a indiqué qu’elle aurait davantage à dire jeudi après avoir lu le rapport.
Le comité sénatorial a également demandé à ce qu’Ottawa «crée et finance une flotte nationale d’aéronefs modernes de lutte contre les feux».
Ottawa a annoncé le mois dernier qu’il louerait 10 appareils — quatre avions-citernes, un avion de repérage et cinq hélicoptères de transport lourd — pour une durée de 150 jours à compter de ce mois-ci.
Mais Mme Robinson a soutenu que la location d’avions n’était pas suffisante.
«Je pense que cela va certainement renforcer la capacité de lutte contre les incendies à court terme, mais ce comité réclame une solution nationale à long terme pour l’aviation de lutte contre les feux de forêt», a souligné Mme Robinson.
«Nous pensions que cela impliquerait, dans l’idéal, de renouveler la flotte actuelle et d’acheter de nouveaux avions, afin que le Canada puisse être plus autonome dans la lutte contre les feux de forêt de plus en plus fréquents et destructeurs à travers le pays.»
«Les 10 appareils en cours de location, ces nouveaux avions de lutte contre les incendies accompagnés de deux moyens de soutien, c’est formidable. Ils vont sans aucun doute renforcer les efforts. Mais non, ce n’est pas suffisant», a-t-elle ajouté.
Le rapport du comité sénatorial invite également Ottawa à élaborer une politique nationale de reboisement afin de planter davantage d’arbres après les feux de forêt.
Dans son dernier budget, Ottawa a supprimé les dépenses prévues pour la plantation d’arbres dans le cadre d’une mesure de réduction des coûts.

