Environnement

Le PDG de Trans Mountain est convaincu que le nouvel oléoduc vers la côte ouest verra le jour

Mark Maki évoque la demande mondiale de pétrole canadien.

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0b3e53950e77f38152c8577d747b8e61256abc9afc897fe5e1c07999c9eb8872.jpg Sur cette photo d'archive, des travailleurs oeuvrent à l'expansion de l'oléoduc de Trans Mountain en Colombie-Britannique le mercredi 3 mai 2023. (Darryl Dyck | La Presse canadienne)

Alors que les gouvernements fédéral et de l’Alberta font avancer un projet de nouvel oléoduc d’envergure vers la côte ouest, le PDG de la société d’État désormais chargée de mener le développement du projet se dit convaincu que ce nouvel oléoduc sera construit.

Le premier ministre Mark Carney a annoncé au début du mois que le gouvernement canadien allait soumettre la proposition de la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, concernant un nouvel oléoduc vers la côte Ouest au Bureau des grands projets, et il a chargé la société Trans Mountain de diriger le développement du projet.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News

«Oui, et oui», a répondu Mark Maki, PDG de Trans Mountain, à Vassy Kapelos, correspondante politique en chef de CTV News, lorsqu’elle lui a demandé s’il pensait que l’oléoduc pouvait être construit et le serait effectivement.

«Je pense vraiment qu’il peut être construit», a mentionné M. Maki lors d’une entrevue exclusive accordée jeudi à CTV News.

Workers laying pipe during construction of the Trans Mountain pipeline expansion and Trans Mountain CEO Mark Maki are shown in this combination photo. Cette photo composite montre des ouvriers en train de poser des canalisations dans le cadre du projet d'extension de l'oléoduc Trans Mountain, ainsi que Mark Maki, PDG de Trans Mountain. (Crédit image | CTV News)

«Nous avons déjà construit un projet similaire», a-t-il ajouté. «Celui-ci est un peu plus long, un peu plus grand et d’une capacité supérieure à ce que Trans Mountain a construit auparavant, mais je pense qu’il est absolument nécessaire dans le contexte mondial dans lequel nous vivons aujourd’hui, et cela est devenu infiniment plus clair au cours de l’année écoulée.»

L’oléoduc proposé par l’Alberta suivrait en grande partie le tracé existant de Trans Mountain et acheminerait un million de barils par jour jusqu’à la côte de la Colombie-Britannique, doublant ainsi la capacité d’exportation de pétrole du Canada vers la mer.

Cette augmentation potentielle de la capacité d’exportation de pétrole canadien a pris une importance mondiale accrue, suite aux crises d’approvisionnement énergétique sans précédent provoquées par les perturbations persistantes du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.

«Qu’il s’agisse des États-Unis, de la Chine, de la Corée, du Japon ou de l’Inde, tous ces pays bénéficieront des ressources énergétiques du Canada», a également déclaré M. Maki.

«Le Canada dispose ici d’un gisement de ressources incroyablement unique qui fera l’objet d’une forte demande pendant très longtemps encore.»

—  Mark Maki, PDG de Trans Mountain

Kanji Yamanouchi, ambassadeur du Japon au Canada dont le mandat touche à sa fin, a affirmé à CTV News au début du mois que son pays voyait «un énorme potentiel» dans les exportations de pétrole canadien, d’autant plus que la guerre qui fait rage au Moyen-Orient continue de dévaster les chaînes d’approvisionnement énergétiques en Asie.

«Des arguments convaincants» en faveur d’un nouvel oléoduc

Bien qu’il semble y avoir une volonté politique en faveur de la construction d’un nouvel oléoduc, une seule entreprise privée — Pembina — s’est jusqu’à présent engagée à investir dans le projet en tant qu’acteur du secteur privé.

Les gouvernements canadien et albertain se partageront à parts égales la propriété de l’oléoduc proposé, selon M. Carney, une part significative du capital étant réservée aux peuples autochtones.

M. Carney insiste sur le fait que les participations des gouvernements fédéral et provincial serviront de «catalyseurs» pour créer des opportunités supplémentaires d’investissement privé à mesure que le projet avancera.

Trans Mountain, le seul autre grand oléoduc canadien desservant la côte ouest, a finalement été financé par des fonds publics, après que le gouvernement fédéral a racheté l’oléoduc et le projet d’extension en 2018 pour 4,5 milliards de dollars. Ce rachat faisait suite à la décision de Kinder Morgan Canada de suspendre le projet, invoquant des incertitudes réglementaires.

Le coût du projet a explosé sous la gestion du gouvernement fédéral, finissant par coûter aux deniers publics environ 34 milliards de dollars. Le réseau d’oléoducs Trans Mountain agrandi a été mis en service en 2024.

Interrogé sur le coût potentiel de ce nouveau projet, M. Maki a dit qu’il pensait que le nouvel oléoduc serait «très compétitif» par rapport au réseau Trans Mountain «sur une base unitaire».

«Cela s’explique par les économies d’échelle», a souligné M. Maki, soulignant la capacité de l’oléoduc proposé, la clarté accrue apportée par les réformes réglementaires et la validation du concept fournie par le réseau Trans Mountain existant.

«Je m’attends à ce que ce processus se déroule de manière beaucoup plus fluide que celui qu’a connu Trans Mountain auparavant ; le nouveau réseau bénéficie donc de certains atouts», a-t-il ajouté.

M. Maki a également mis en avant les arguments financiers «très, très solides» fournis par l’oléoduc Trans Mountain existant.

«Nous avons versé 1,7 milliard de dollars au Trésor l’année dernière sous forme de dividendes et d’intérêts», a expliqué M. Maki. «Nous ferons mieux cette année. Nous réinvestirons probablement une partie du capital dans les années qui suivront, et ensuite, une fois que nous aurons franchi cette étape, ce sera un investissement très rentable pour le pays.»

«Je m’attends à ce que le nouveau réseau soit similaire, et l’impact économique global qu’il générera sera colossal pour le pays», a-t-il ajouté. «Je pense qu’il existe des arguments très, très convaincants en faveur du nouvel oléoduc.»

En ce qui concerne la vente potentielle de l’oléoduc Trans Mountain existant, M. Maki a déclaré à Mme Kapelos qu’il considérait ce réseau comme un actif stratégique important pour le Canada, et que le gouvernement ne devrait pas le vendre de sitôt.

«Je ne m’en cache pas : je pense que le Canada devrait conserver ce réseau», a-t-il dit. «Il pourrait en céder certaines parties aux peuples autochtones. Il pourrait en céder certaines parties, par exemple, à des fonds de pension. Mais je pense que le Canada devrait toujours garder, dans une certaine mesure, le contrôle de ce réseau et conserver une participation dans celui-ci.»

Cet oléoduc est «un atout bien trop stratégique pour le pays», croit M. Maki. «C’est pour cette raison que je pencherais plutôt pour une détention à long terme.»