Les plantes succulentes et les cactus comptent parmi les meilleures ventes chez Serres Lavoie, à Laval.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Jérémy Bélanger, qui s’occupe de l’approvisionnement et de l’importation des plantes, explique que cela s’explique notamment par leur grande diversité, leur beauté et leur facilité d’entretien.
«Elles sont très à la mode en ce moment», dit-il.
«Les gens veulent une petite plante facile à entretenir.»
— Jérémy Bélanger, Serres Lavoie
L’importation de ces plantes demande plus de travail, selon M. Bélanger, car une seule plante peut nécessiter trois permis distincts.

Les permis d’importation de plantes et de produits végétaux sont régis par la Loi sur la protection des végétaux du Canada. Cette mesure vise non seulement à prévenir les risques liés aux ravageurs, mais aussi à s’assurer que les plantes ne sont pas récoltées ou prélevées illégalement.
M. Bélanger a indiqué que la plupart des plantes qu’ils importent proviennent d’Amérique du Sud, d’Amérique centrale et d’Afrique du Sud. Il a ajouté que si les acheteurs voient une plante mature à bas prix, il y a de fortes chances qu’elle ait été volée.
Une étude de l’Université de Montréal (UdM) a révélé que les acheteurs à la recherche de plantes succulentes et de cactus rares sont prêts à enfreindre la loi, et qu’il leur est facile de le faire.
«Les plantes sont vraiment disponibles sur des plateformes courantes, comme eBay ou Etsy, donc c’est vraiment facile d’accès pour tout le monde», a expliqué Léanne Vincendon, l’auteure de l’étude.

Elle-même passionnée de plantes, Mme Vincendon a indiqué s’intéresser aux crimes contre la faune et aux motivations qui poussent les gens à acheter ces plantes en ligne. Elle a dit que, dans de nombreux cas, le prix et la variété étaient des facteurs importants, et a ajouté que ceux qui achetaient ces plantes allaient souvent à l’encontre de leurs propres valeurs de protection et de préservation de l’environnement.
«Les consommateurs invoquent de nombreuses justifications ; par exemple, ils peuvent dire que tout le monde le fait et que les autorités compliquent l’obtention du permis.»
— Léanne Vincendon, auteure de l'étude
Mme Vincendon a ajouté qu’il n’existait pas de véritable moyen de dissuasion contre l’achat de plantes illégales, puisque les plateformes en ligne n’exigent pas que les vendeurs aient des permis, et que les acheteurs prennent le risque que leurs colis passent la douane sans être détectés.
Les données d’Interpol montrent qu’à l’échelle mondiale, le commerce illégal de plantes a explosé, avec 10 tonnes de plantes et de matériel végétal saisies en 2025.
Environnement et Changement climatique Canada a confirmé qu’au cours des cinq dernières années, 655 espèces végétales protégées ont été retenues ou saisies par ses agents, dont la plupart étaient des cactus ou des plantes succulentes.
Bien que cela puisse sembler un délit anodin, Mme Vincendon a soutenu que cela causait en fin de compte des dommages à l’environnement.
«Il est certain que la demande pour certaines espèces peut stimuler le braconnage et la cueillette illégale», a-t-elle dit.

