La Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) appelle à la prudence après avoir recensé 19 incendies de forêt causés par des mégots de cigarette depuis le début du printemps au Québec. Au total, 12,1 hectares ont été détruits par les flammes.
Ce volume est tôt dans la saison, selon la SOPFEU.
«Malgré les rappels constants, les mégots jetés par terre continuent d’être à l’origine de nombreux incendies chaque année», a écrit la SOPFEU dans un communiqué diffusé jeudi.
L’organisme rappelle que quatre incendies de forêt sur cinq sont d’origine humaine, et que les mégots de cigarette sont la cause la plus fréquente.
L’organisme recommande aux fumeurs qui travaillent ou qui se rendent en forêt de demeurer immobile sur une surface dégagée, de ne pas fumer en marchant ou en se déplaçant. Il est conseillé d’éteindre le mégot en le mouillant ou en l’écrasant sur une rouche, de ne pas le jeter à terre et de le disposer dans un contenant apporté à cet effet. Il faut également éviter de se débarrasser d’un mégot par la fenêtre d’un véhicule.
Chaque année, environ 80 feux de forêt sur le territoire sont causés par des articles de fumeur jetés au sol, rapporte la SOPFEU.
«Par temps chaud et sec, un mégot qui atterrit dans les broussailles peut facilement provoquer un incendie», a-t-on rapporté par communiqué. «Avec un peu de vent, toutes les conditions sont alors réunies pour embraser la végétation.»
Toute personne qui contrevient à la Loi sur l’aménagement durable du territoire forestier s’expose à une amende pouvant aller de 1000$ à 5000$.
Plus de feux de forêt cette année?
Le risque des feux de forêt est plus accru notamment en raison des changements climatiques.
La saison des feux de forêt de 2025 a été la deuxième pire jamais enregistrée au Canada, avec près de 90 000 kilomètres carrés ravagés en septembre 2025 — une superficie plus grande que le Nouveau-Brunswick.
Afin d’aider les provinces et territoires face à cette nouvelle saison des feux de forêt, le gouvernement fédéral a mis en place la toute première réserve fédérale d’avions de lutte contre les incendies au Canada.
La ministre de la Gestion des urgences, Eleanor Olszewski, avaient expliqué que les feux de forêt devenaient «plus graves et plus fréquents», et que le gouvernement avait donc jugé nécessaire d’investir dans un service national.
Jeudi, les météorologues ont indiqué que le phénomène climatique El Niño s’était développé dans un océan Pacifique particulièrement chaud et qu’il devrait atteindre une force historique.
Selon les experts, El Niño, un cycle naturel de réchauffement, devrait réchauffer encore plus une planète déjà en train de se réchauffer en raison de la pollution liée aux combustibles fossiles et risque d’amplifier les phénomènes météorologiques extrêmes à l’échelle mondiale.
Les météorologues prévoient qu’il rivalisera avec — voire dépassera — l’El Niño record qui a débuté en 1997 et a contribué à causer des milliards de dollars de dégâts avec des vagues de chaleur, des inondations, des sécheresses, des tornades et des feux de forêt.
Les effets de ce phénomène météorologique varient selon les régions. El Niño atténue souvent — sans toutefois l’éliminer — l’activité de la saison des ouragans dans l’Atlantique, mais l’intensifie dans le Pacifique. Ainsi, alors que les côtes est et du golfe des États-Unis pourraient bénéficier d’un répit, Hawaï et d’autres îles sont davantage en danger.
L’impact d’El Niño au Canada est principalement ressenti l’hiver, avec des températures un peu plus chaudes et des chutes de neige moindres. Au Québec, en été, on peut anticiper des températures près des ― ou un peu inférieures aux ― normales, ainsi que des précipitations plus abondantes, surtout dans le sud de la province.
Selon le collaborateur météo pour Noovo Info, Alex Verville, l’Ouest du pays devrait avoir des températures plus chaudes alors que l’impact au Québec serait moindre.
Avec des informations de La Presse canadienne, l’Associated Press et de Noovo Info

