Environnement

La Régie de l’énergie du Canada prévoit une forte augmentation de la production d’électricité

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Power lines coming from the BC Hydro Skeena Substation are pictured in Terrace, B.C., on Thursday, Nov. 13, 2025. THE CANADIAN PRESS/Ethan Cairns On voit ici les lignes électriques provenant de la sous-station Skeena de BC Hydro à Terrace, en Colombie-Britannique, le jeudi 13 novembre 2025. (ETHAN CAIRNS)

Un nouveau rapport de la Régie de l’énergie du Canada prévoit une croissance importante de la production d’électricité d’ici à 2050, en partie en raison de la forte demande générée par les nouveaux centres de données spécialisés dans l’intelligence artificielle.

L’agence fédérale a élaboré quatre scénarios d’offre et de demande pour les marchés canadiens du pétrole, du gaz et de l’électricité: mesures actuelles, hausse, baisse et carboneutralité.

Dans tous les cas, la production d’électricité devrait exploser — de 30 % dans le scénario le plus modeste à une multiplication par deux du niveau actuel dans le scénario le plus ambitieux.

«Pour répondre à la demande croissante en électricité, nous prévoyons une forte augmentation de l’énergie éolienne dans tous les scénarios, parallèlement à un mélange diversifié d’autres sources d’approvisionnement moins variables», a déclaré mardi aux journalistes Darren Christie, économiste en chef de la Régie.

Dans tous les scénarios, l’énergie éolienne représente la majeure partie des ajouts de capacité de production, avec environ 50 à 150 gigawatts supplémentaires injectés dans le réseau d’ici 2050 par rapport aux niveaux de 2023.

La Régie de l’énergie du Canada a pris en compte une grande part d’incertitude concernant la demande en électricité des centres de données, ces structures gigantesques qui abritent l’énorme puissance de calcul nécessaire à l’intelligence artificielle et à d’autres applications technologiques.

Une quantité massive d’électricité est nécessaire pour faire fonctionner les machines et les empêcher de surchauffer, ce qui a mené certains grands acteurs du secteur technologique à conclure des accords exclusifs avec des centrales électriques.

Les projections de la Régie concernant la demande des centres de données d’ici 2050 vont de 1,5 gigawatt à 12 gigawatts, ce qui correspondrait à peu près à la consommation actuelle de toute la province de l’Alberta en période de pointe.

La Régie de l’énergie du Canada a élaboré ses modèles sur la base des politiques fédérales en vigueur en novembre de l’année dernière. Ces modèles ne tiennent pas compte des modifications apportées en février au programme d’Ottawa sur les véhicules électriques, notamment la suppression de l’obligation de rendre toutes les voitures neuves électriques d’ici 2035.

La guerre qui ravage une grande partie du Moyen-Orient depuis quelques semaines n’a pas non plus été explicitement prise en compte dans ces projections.

Le conflit a interrompu les livraisons de pétrole brut en provenance du golfe Persique via le détroit d’Ormuz, d’une importance stratégique vitale, ce qui a fait grimper les prix mondiaux d’environ 45 % par rapport à leurs niveaux d’avant-guerre.

«Nous constatons qu’avec la flambée actuelle des prix du pétrole brut, par exemple, les marchés s’attendent toujours à ce qu’ils redescendent au cours des deux prochaines années à des niveaux qui ne sont pas très différents de ceux que nous avions avant la crise», a noté M. Christie.

«Nos scénarios prévoient une fourchette de prix qui, selon moi, reflète bien le type d’impacts que nous observons actuellement.»

La production canadienne de pétrole brut pourrait connaître une baisse de 12 % ou une hausse de 18 % d’ici 2050, en fonction d’un large éventail de facteurs.

La production s’élevait à 5,5 millions de barils par jour en 2024.

Dans le scénario du statu quo, la production atteindrait 6,1 millions de barils par jour vers 2040 et se stabiliserait à 5,9 millions de barils par jour d’ici 2050.

Dans un scénario de hausse soutenue par des prix élevés, la production atteindrait un pic de 6,7 millions de barils par jour en 2044.

Dans le scénario de baisse, la production diminuerait progressivement pour atteindre 5,2 millions de barils par jour d’ici 2050, soit un niveau proche de celui de 2022.

Dans un scénario de carboneutralité, la production atteindrait un sommet de 5,9 millions de barils par jour vers 2036 et resterait à environ cinq millions de barils par jour jusqu’en 2050, même dans le cadre des efforts de décarbonisation.

Le brut issu des sables bitumineux devrait dominer dans chaque scénario, les productions conventionnelles et en mer étant les premières à diminuer.

Le rapport de la Régie de l’énergie du Canada ne tient pas compte des contraintes physiques liées au transport du brut par pipeline et ne prend en considération que la capacité des projets ayant reçu le feu vert officiel des entreprises qui les construisent.

Ainsi, si la première phase de l’extension transfrontalière de la Main Line de l’entreprise Enbridge est prise en compte, les projets de croissance potentiels de South Bow et de Trans Mountain, ainsi qu’un éventuel nouveau pipeline pétrolier sur la côte ouest mené par le gouvernement de l’Alberta, ne le sont pas.

Lauren Krugel

Lauren Krugel

Journaliste