La Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) rapporte que le mois de juillet a été marqué par une activité de feux de forêt «supérieure à la moyenne» au Québec, notamment en raison de la foudre.
Dans la zone de protection intensive, 90 incendies sont survenus en juillet, affectant 1675 hectares de forêt. Ces dernières années, la moyenne était de 66 incendies et de 1115 hectares brûlés.
Selon la SOPFEU, 41 % des brasiers déclenchés en juillet ont été causés par la foudre. Normalement, la proportion se situe entre 20 et 30 %.
Il s’agissait largement de la cause la plus importante, loin devant les feux de camp mal éteints (16 %), les opérations forestières et industrielles (12 %), les articles de fumeurs (8 %), les fils électriques (8 %) et les brûlages de rebuts (4 %).
Dans son bilan transmis jeudi, la SOPFEU a noté que le mois de juillet a été marqué par des températures légèrement supérieures aux normales, par un déficit de précipitations dans l’ouest du Québec et sur la Côte-Nord, ainsi que par la présence de vents soutenus, accompagnés par moments de fortes rafales.
«Cette instabilité atmosphérique a favorisé une activité orageuse exceptionnelle, avec 243 363 coups de foudre enregistrés au cours du dernier mois sur l’ensemble du territoire, soit près de trois fois la moyenne des sept dernières années», a souligné la SOPFEU.
Les incendies se sont produits principalement dans le Nord-du-Québec (22), en Abitibi-Témiscamingue (16), sur la Côte-Nord (11) et en Outaouais (10).
En zone nordique, 45 nouveaux incendies ont brûlé 16 099 hectares de forêt au cours du mois de juillet — tous ont été causés par la foudre. Plusieurs incendies allumés à la fin de juin ont aussi continué de menacer des communautés et des infrastructures stratégiques.
«La région du Nord-du-Québec a connu une période de sécheresse importante à la fin du mois de juin. Le sol était particulièrement sec. C’est pour ça qu’il y a eu une éclosion de foudre de façon assez particulière dans le Nord-du-Québec», explique la porte-parole Josée Poitras.
Pour combattre les flammes, les équipes de la SOPFEU ont reçu l’aide de plus de 220 pompiers forestiers venant d’autres provinces — Colombie-Britannique, Alberta, Nouveau-Brunswick et Île-du-Prince-Édouard — et de certains États américains.
La situation s’améliore
À la fin du mois, la situation au Québec était «sous contrôle», de sorte que la SOPFEU a pu rendre la pareille aux équipes de la Colombie-Britannique, qui étaient à leur tour aux prises avec de nombreux incendies.
Si le mois de juillet a été particulièrement intense pour les pompiers forestiers de la SOPFEU, ceux-ci devraient être moins occupés en août.
«Ça se résorbe. Au fur et à mesure, le nombre de feux qu’on avait en juillet est en train de baisser de façon significative. Au cours des prochains jours, avec la météo annoncée, il y aura moins de feux sous observation et de feux recensés, notamment dans le secteur de la zone nordique», affirme Mme Poitras.
À l’heure actuelle, deux feux sont actifs dans la zone de protection intensive et 66 dans la zone nordique. «On se rappellera qu’au début du mois de juillet, il y avait plus de 200 feux dans la zone nordique», souligne-t-elle.
Mme Poitras invite la population à faire preuve de prudence, puisque ce sont des comportements humains qui provoquent la grande majorité des incendies de forêt.
«En juillet, près de 60 % ont été de causes humaines. Lorsqu’on fait un bilan général des dix dernières années, 80 % des feux peuvent être évités parce qu’ils sont de causes humaines.»
Avec la collaboration de Sébastien Auger

