Environnement

Il faut allumer des bougies et des feux de foyer avec modération, dit une experte

Certains experts invitent à réfléchir à l’impact de cette pratique sur la qualité de l’air intérieur.

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Une bougie parfumée appelée «Bright Christmas Morning» est exposée dans un magasin Bath and Body Works, le mercredi 9 octobre 2024, à New York. AP Photo/Peter Morgan, Archive Une bougie parfumée appelée «Bright Christmas Morning» est exposée dans un magasin Bath and Body Works, le mercredi 9 octobre 2024, à New York. (Peter Morgan/Associated Press (Archives))

Le pain d’épices, l’arôme boisé des pins et des sapins, ainsi que la saveur fruitée du vin chaud sont des odeurs emblématiques des fêtes de fin d’année. Nombreux sont ceux qui aiment allumer des bougies, de l’encens et des feux de foyer pour recréer l’ambiance chaleureuse associée à ces parfums festifs.

Brûler des produits parfumés peut certes créer une atmosphère agréable et, dans le cas d’un foyer, apporter lumière et chaleur. Cependant, certains experts invitent à réfléchir à l’impact de cette pratique sur la qualité de l’air intérieur.

Toute flamme libère des substances chimiques susceptibles de provoquer des symptômes allergiques ou de contribuer à des problèmes respiratoires chroniques en cas d’inhalation importante.

Nul besoin pour autant de renoncer aux moments passés au coin du feu ni de se débarrasser de produits comme les bougies parfumées et les diffuseurs d’huiles essentielles, explique la Dre Meredith McCormack, directrice du service de pneumologie et de soins intensifs de la faculté de médecine de l’Université Johns Hopkins. Elle recommande plutôt de prendre des précautions pour limiter la pollution de l’air intérieur.

«L’air pur est sans parfum», a expliqué la Dre McCormack, qui étudie la qualité de l’air et la santé pulmonaire depuis plus de 20 ans. «Si les parfums saisonniers font partie de vos traditions ou évoquent des souvenirs nostalgiques, pensez à les utiliser avec modération.»

Dans l’hémisphère nord, on a tendance à passer plus de temps à l’intérieur pendant les fêtes de fin d’année, lorsque les températures baissent. L’air intérieur peut être beaucoup plus pollué que l’air extérieur, car les polluants s’y accumulent et s’y concentrent en l’absence d’une ventilation ou d’une filtration adéquates, selon l’Association américaine du poumon.

Par exemple, les cheminées et les appareils à gaz en fonctionnement libèrent de fines particules en suspension qui peuvent pénétrer dans les poumons, ainsi que des substances chimiques comme le dioxyde d’azote, un composant majeur du smog, selon l’Agence américaine de protection de l’environnement. Les produits de nettoyage, les désodorisants et les bougies émettent également des polluants atmosphériques à des concentrations variables.

Le risque que les parfums et autres polluants atmosphériques peuvent présenter pour la santé respiratoire dépend de leur source, de la durée et de l’intensité de l’exposition, ainsi que de l’état de santé de chaque individu, a précisé la Dre McCormack.

Il est également important de noter que certains polluants sont inodores: par conséquent, même les produits sans parfum peuvent affecter la qualité de l’air intérieur, selon les experts.

Des personnes plus vulnérables

La pollution de l’air affecte tout le monde, mais pas de la même manière. Les enfants, les personnes âgées et les personnes de faible statut socio-économique sont plus susceptibles d’être affectées par une mauvaise qualité de l’air, en raison de vulnérabilités physiologiques ou d’une exposition plus importante, selon l’agence environnementale.

Les enfants sont plus sensibles à la pollution de l’air en raison de la taille de leurs poumons, ce qui signifie qu’ils reçoivent une dose d’exposition plus élevée par rapport à leur taille corporelle, a expliqué la Dre McCormack. Les polluants présents à l’intérieur des habitations représentent également un risque accru pour les personnes souffrant de maladies cardiaques ou pulmonaires, notamment l’asthme, a-t-elle précisé.

Les signes d’irritation respiratoire comprennent la toux, l’essoufflement, les maux de tête, l’écoulement nasal et les éternuements. Les experts conseillent d’arrêter l’utilisation de produits dégageant des polluants ou d’aérer immédiatement les pièces en cas de symptômes.

«Plus vous cumulez de facteurs de risque, plus la pollution de l’air ou la mauvaise qualité de l’air intérieur peuvent être nocives», a déclaré la Dre McCormack.

Précautions pratiques à prendre

Les experts rappellent que toutes les bougies allumées émettent des polluants atmosphériques, quelle que soit leur composition.

Acheter des produits contenant moins d’ingrédients, ouvrir les fenêtres lorsque la température le permet et utiliser des purificateurs d’air équipés de filtres HEPA sont autant de moyens de réduire l’exposition aux polluants provenant des cheminées, des appareils électroménagers et des bougies, a expliqué la Dre McCormack.

Elle recommande également d’allumer la hotte aspirante avant de démarrer une plaque de cuisson au gaz et d’utiliser les brûleurs arrière afin que la hotte aspire plus facilement les polluants.

Il est également judicieux de fixer des limites claires avec les invités qui fument des cigarettes ou consomment d’autres produits du tabac, ajoute-t-elle.

«De petites améliorations de la qualité de l’air peuvent avoir des effets bénéfiques mesurables sur la santé, a affirmé la Dre McCormack. Tout comme faire de l’exercice et manger un peu mieux nous permettent d’être en meilleure santé.»