Une autre Première Nation de l’Ontario a été ravagée par les flammes et de nombreux résidents ont fui leurs communautés du Nord au cours de la fin de semaine, tandis que le premier ministre Mark Carney a déclaré que plus de 5000 pompiers luttaient contre les incendies à travers le pays.
M. Carney a indiqué avoir rencontré dimanche matin à Ottawa des employés fédéraux qui participent aux efforts de lutte contre les feux de forêt dans le nord-ouest de l’Ontario et d’autres provinces.
Les vagues de chaleur extrêmes et la sécheresse ont fait de cette année «l’une des saisons de feux de forêt les plus intenses de l’histoire du Canada», a déclaré le premier ministre dans une publication sur les médias sociaux.
Près de 1000 feux de forêt font rage d’un océan à l’autre et près de 200 d’entre eux se situent dans le nord de l’Ontario, causant d’importantes destructions.
La cheffe Pauline Drake de la Première Nation de Whitewater Lake a indiqué dimanche qu’un feu de forêt avait détruit une grande partie de cette communauté isolée, située à environ 250 kilomètres au nord de Thunder Bay, en Ontario.
«Des maisons, des biens personnels et des infrastructures communautaires essentielles ont été perdus», a écrit la cheffe Drake dans un communiqué.
Les terres abritant les sépultures d’ancêtres et de membres de familles récemment décédés ont également été touchées, accentuant la douleur ressentie par les membres de la communauté.
Michael Heintzman, porte-parole de la Nation Nishnawbe Aski, qui représente des dizaines de communautés des Premières Nations, a déclaré que les membres de la Première Nation de Whitewater Lake étaient encore sur place lorsque le feu a atteint leurs abords.
La Première Nation surveillait l’incendie depuis le 13 juillet avec l’aide de pourvoyeurs locaux, a précisé M. Heintzman.
«Ils n’ont jamais reçu d’avis officiel de la province les informant que le feu approchait de leur communauté», a ajouté M. Heintzman, soulignant que la majorité des résidents sont maintenant réfugiés à Thunder Bay.
Plus tôt cette semaine, la Première Nation de Namaygoosisagagun — également connue sous le nom de Première Nation de Collins — a été ravagée par un incendie qui s’est propagé rapidement. Des photos et des vidéos impressionnantes montraient des résidents fuyant en bateau, tandis qu’un immense mur de fumée et de flammes s’élevait derrière eux.
À plus de 200 kilomètres au nord de la Première Nation de Collins, une autre communauté était en pleine évacuation cette fin de semaine.
La Première Nation de Neskantaga a affrété trois vols pour évacuer environ 95 résidents de cette communauté isolée vers Thunder Bay samedi, a expliqué le chef Gary Quisess. Un autre vol d’évacuation est prévu lundi et les personnes évacuées se rendront ensuite à Toronto, Thunder Bay faisant face à une pénurie de chambres d’hôtel.
M. Quisess a indiqué que la fumée envahissait les maisons et que les livraisons de nourriture et d’eau à cette communauté isolée étaient interrompues par les feux de forêt. Il souhaitait évacuer les gens avant que la situation ne s’aggrave.
«La sécurité, la sécurité alimentaire, rien n’est garanti», a expliqué le chef lors d’une entrevue.
La Première Nation de Neskantaga a déclaré l’état d’urgence jeudi. Bien qu’aucun ordre d’évacuation provincial n’ait été émis pour la communauté et que le risque d’incendie de forêt dans la région ait été jugé modéré dimanche après-midi, M. Quisess a indiqué que certains résidents avaient aperçu de nouveaux feux de forêt se rapprochant.
Le chef a indiqué avoir demandé au ministère des Ressources naturelles d’enquêter.
M. Quisess a ajouté qu’il était frustrant de devoir informer la province de l’évolution de la situation, plutôt que l’inverse, car de nombreuses autres Premières Nations évacuées ont affirmé que la province les avait laissées dans l’ignorance.
La province a défendu sa gestion des feux de forêt. Le premier ministre Doug Ford a expliqué que toutes les ressources disponibles étaient mobilisées pour maîtriser les incendies et venir en aide aux personnes évacuées.
Élargissement des messages d’alerte
La ministre de la Protection civile et de l’Intervention en cas d’urgence de l’Ontario, Jill Dunlop, a indiqué dimanche dans une note de service que les maires, les chefs des Premières Nations, les chefs de police et autres responsables peuvent demander la diffusion de messages d’alerte aux résidents par télévision, radio et appareils mobiles.
Le système d’alerte est utilisé à l’échelle du pays pour alerter la population en cas d’urgences telles que les tornades, les feux de forêt et les alertes AMBER.
Dans une lettre adressée aux chefs des conseils de l’Ontario, Mme Dunlop a indiqué que la province «élargissait l’accès» au système en raison de l’importante saison des feux de forêt de cette année. Son bureau n’a toutefois pas immédiatement répondu à la question de savoir si les chefs des Premières Nations et les autres personnes mentionnées avaient déjà la possibilité de formuler de telles demandes d’alerte.
La province a également essuyé des critiques quant à sa gestion de certaines évacuations, notamment après que des résidents des Premières Nations de Whitesand et de Collins ont fui les feux de forêt qui approchaient sans l’aide de la province.
La province a déclaré que les récentes pluies dans le nord de l’Ontario ont contribué à ralentir certains feux de forêt, mais le ministre des Ressources naturelles, Mike Harris, a affirmé samedi que la région a besoin de pluies soutenues pour maîtriser les incendies.
Plusieurs communautés du nord ont déjà été évacuées ou sont en cours d’évacuation, et d’autres se préparent à d’éventuelles évacuations.
