Les feux de forêt qui ravagent le nord de l’Ontario ne semblent pas entraîner de pertes importantes pour le secteur canadien de l’assurance, mais la situation mérite d’être suivie de près, a indiqué Morningstar DBRS dans un nouveau rapport.
Ce rapport, publié mercredi, précise que les incendies les plus importants restent concentrés dans des zones reculées, ce qui limite leur impact direct sur les sinistres liés à l’assurance de biens et à l’assurance commerciale.
En conséquence, les sinistres directs liés aux biens devraient rester maîtrisés, tandis que les sinistres liés aux ordres d’évacuation, aux frais de subsistance supplémentaires et aux pertes d’exploitation devraient rester gérables.
«Les assureurs canadiens restent bien placés pour absorber des pertes modérées liées aux feux de forêt, compte tenu de l’évolution actuelle de la saison des feux», a indiqué Steve Liu, vice-président adjoint chargé des notations mondiales en matière d’assurance et de retraite.
«Il faudrait probablement une accumulation plus importante de grands feux de forêt et d’autres sinistres liés à des conditions météorologiques extrêmes pour épuiser les budgets annuels des assureurs consacrés aux catastrophes, déclencher la protection de réassurance et augmenter les coûts de réintégration de la réassurance.»
Par ailleurs, l’agence de notation a indiqué que les provinces où les feux de forêt ont historiquement été les plus coûteux, notamment la Colombie-Britannique et l’Alberta, n’ont connu que peu d’activité liée aux feux de forêt depuis le début de l’année.
Toutefois, Morningstar DBRS a précisé que l’impact final sur les assureurs dépend moins de la superficie totale brûlée que du fait que les incendies menacent ou non de grands centres urbains ou des zones abritant d’importants biens assurés.
Les assureurs de dommages sont bien placés pour absorber des pertes modérées liées aux feux de forêt grâce à plusieurs facteurs, notamment une forte rentabilité de la souscription, des réserves de capital et une tarification adéquate des biens personnels, a dit Morningstar DBRS.
«Plusieurs années d’augmentations des primes d’assurance des biens mobiliers ont aidé les assureurs à faire face à la hausse des coûts des sinistres, à l’inflation et à la fréquence accrue des catastrophes. Les résultats financiers de 2025 et du premier trimestre 2026 des principaux assureurs canadiens cotés en bourse (d’assurance dommages) témoignent de leur discipline en matière de tarification, avec des ratios combinés inférieurs à 95 %», indique le rapport.
Selon les premières estimations, les flammes auraient ravagé cette saison une superficie de forêts ontariennes plus importante que lors de n’importe quelle autre année enregistrée jusqu’à présent, avec plus de 7250 kilomètres carrés déjà consumés.
Morningstar DBRS a rapporté que la superficie totale brûlée au Canada a atteint 29 500 kilomètres carrés, un chiffre supérieur à la moyenne sur dix ans, qui s’établit à environ 25 500 kilomètres carrés.
