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«Est-ce la fin du monde ?»: les feux de forêt sèment l’inquiétude en Ontario

Le voile jaune-orangé de particules qui flotte dans l’air au-dessus de Toronto est particulièrement nocif et peut nuire à la santé.

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Un train du CN encerclé par les feux de forêt Une vidéo montre des images prises à l'intérieur d'un train encerclé par un feu de forêt en Ontario. Tous les passagers ont pu sortir sains et saufs.

Les feux de forêt qui ont dévasté des localités du nord de l’Ontario suscitent également des inquiétudes de santé et entraînent l’annulation d’événements dans le sud de la province, alors que d’épaisses colonnes de fumée persistent dans le ciel pour une journée supplémentaire, jeudi. 

Toronto ne connaît toujours pas de répit après que la fumée des feux de forêt a teinté la ligne d’horizon de la ville en orange mercredi, poussant certains habitants à enfiler des masques de protection et à rester chez eux. Environnement Canada indique que la qualité de l’air dans la ville reste «à très haut risque» jeudi matin.  

Des alertes concernant la qualité de l’air sont en vigueur de Thunder Bay à Kingston, puis jusqu’à Toronto, London et Windsor, tandis que les habitants de plusieurs communautés des Premières Nations du nord-ouest de l’Ontario fuient les feux de forêt.

Environnement Canada a indiqué que les vents du nord-ouest continueront de recouvrir le sud de l’Ontario de fumée au moins jusqu’à vendredi.

L’agence météorologique a conseillé à la population de reporter ou de réduire ses activités physiques intenses à l’extérieur, en particulier si des personnes présentent des symptômes tels que de la toux ou une irritation de la gorge. 

A family walks on the waterfront in Toronto as wildfire smoke fills the city, Une famille se promène sur le front de mer à Toronto alors que la fumée des feux de forêt envahit la ville, le mercredi 15 juillet 2026. (LA PRESSE CANADIENNE/Laura Proctor)

Les personnes à risque devraient éviter totalement les activités physiques exténuantes à l’extérieur, tandis que les enfants et les personnes âgées devraient éviter tout effort physique à l’extérieur, a précisé Environnement Canada. 

«Est-ce la fin du monde ?»

De nombreux événements ont été annulés à Toronto en raison de la mauvaise qualité de l’air et des alertes de chaleur, notamment le Festival des supporters de la FIFA, la diffusion prévue de la demi-finale de la Coupe du monde Angleterre-Argentine sur la place Nathan Phillips et une représentation en plein air de «La Nuit des rois» de Shakespeare à High Park.

La ville a également fermé toutes les pataugeoires, invoquant des risques sanitaires pour les jeunes enfants, tandis que les piscines extérieures restent ouvertes.

Pat Kehs, un touriste de Washington, D.C., en visite à Toronto, s’est dit surpris de la rapidité avec laquelle la situation s’est dégradée après avoir profité de quelques jours de beau temps ensoleillé.

Toronto smoke Une femme roule à vélo le long du front de mer à Toronto alors que la fumée des feux de forêt envahit la ville, le mercredi 15 juillet 2026. ( LA PRESSE CANADIENNE/Laura Proctor)

«Est-ce la fin du monde ? Que se passe-t-il ?, s’est-il demandé en se réveillant mercredi matin et en regardant par la fenêtre de sa chambre d’hôtel. Ce matin, c’était un véritable champ de bataille.»

Jason Wang, un résident de Toronto qui portait un masque lors de son entretien avec La Presse Canadienne, a expliqué n’avoir jamais vu une pollution atmosphérique aussi importante en dix ans de vie dans la ville.

«C’est l’été, et je voulais sortir parce que c’est mon jour de congé, a-t-il dit. C’est déprimant (…) Je ne m’y attendais pas.»

M. Wang a indiqué qu’il garderait probablement son masque pendant les prochains jours pour se protéger, en raison d’antécédents familiaux de maladies respiratoires.

Selon l’Agence de la santé publique du Canada, les respirateurs, comme les masques N95, KN95 ou KF94, peuvent contribuer à empêcher l’inhalation des fines particules de fumée des feux de forêt.

Cette mauvaise qualité de l’air survient alors que de vastes régions de l’Ontario subissent une deuxième journée de vague de chaleur, avec un indice humidex atteignant jusqu’à 45 °C dans certaines zones mardi.

Cette chaleur extrême a battu un record de température au centre-ville de Toronto, où le mercure a grimpé jusqu’à 37,6 °C, selon les données publiées par Environnement Canada. Le précédent record pour un 14 juillet remontait à 1995, avec une température de 35,6 °C.

L’alerte de chaleur pour Toronto a été levée mercredi après-midi.

People look toward the downtown skyline from the Toronto Islands as forest fires in Northern Ontario cause poor air quality over the city, in Toronto, July 15, 2026. (Photo by Cole BURSTON / AFP via Getty Images) À Toronto, le 15 juillet 2026, des gens contemplent la ligne d’horizon du centre-ville depuis les îles de Toronto, alors que les feux de forêt dans le nord de l’Ontario entraînent une mauvaise qualité de l’air au-dessus de la ville. (Photo de Cole BURSTON / AFP via Getty Images)

En cas de fortes chaleurs et de mauvaise qualité de l’air, Environnement Canada recommande de privilégier le maintien d’une température fraîche.

Selon M. Bégin, un système de basse pression qui devrait apporter de la pluie sur de nombreuses régions vendredi pourrait soulager les pompiers du nord-ouest de l’Ontario et améliorer la qualité de l’air en éliminant les particules en suspension.

Le météorologue a indiqué que la qualité de l’air continuera de fluctuer dans la région en raison des feux de forêt.

Les responsables de la lutte contre les incendies de forêt en Ontario indiquent qu’il y a 136 feux actifs dans la région du nord-ouest, dont 63 hors de contrôle, et 44 feux actifs dans la région du nord-est, dont neuf hors de contrôle.

L’aide d’Ottawa sollicitée en vue d’éventuelles évacuations

La ministre ontarienne de la Protection civile et de l’Intervention en cas d’urgence, Jill Dunlop, indique dans une lettre adressée à la ministre fédérale de la Gestion des urgences, Eleanor Olszewski, que 15 localités du nord ont déjà entamé des évacuations ou envisagent de le faire.

Elle précise que la situation pourrait continuer à s’aggraver rapidement.

Mme Dunlop affirme qu’il est probable que des évacuations simultanées doivent être effectuées par voie aérienne, plusieurs communautés du nord étant inaccessibles par la route, et que l’Ontario pourrait ne pas disposer de ressources suffisantes pour répondre à ce besoin.

L’Ontario demande donc au gouvernement fédéral de veiller à ce que des avions et des équipages puissent être déployés dans un délai de 24 heures ou moins au cas où la province ait besoin d’aide.

Le premier ministre Doug Ford a souligné que les équipes et les avions travaillaient d’arrache-pied pour lutter contre plus de 180 incendies de forêt dans le nord de l’Ontario, et que la province ne ménagerait pas ses efforts pour assurer la sécurité de la population.

Des vents soufflant du nord-ouest pourraient attiser les flammes de dizaines d’incendies de forêt qui ont déjà dévasté des communautés, notamment un brasier qui se propage rapidement et qui a endommagé et détruit des habitations et des bâtiments au sein de la Première Nation de Namaygoosisagagun, également connue sous le nom de Première Nation de Collins, au nord de Thunder Bay.

Selon Environnement Canada, la communauté d’Armstrong doit s’attendre à une fumée généralisée accompagnée de rafales pouvant atteindre 40 kilomètres à l’heure pendant la majeure partie de la journée de jeudi.

Ces incendies ont entraîné des ordres d’évacuation pour plusieurs communautés, notamment Armstrong, la Première Nation de Lac La Croix, la Première Nation de Whitesand, la Première Nation de Gull Bay et la Première Nation de Lac des Mille Lacs.

— Avec Kathryn Mannie et Sharif Hassan