Environnement

Éoliennes et terres agricoles: approché par un promoteur privé, un agriculteur craint le pire

«Si dans cinq ans, l’éolienne est ici et qu’il y a des problèmes avec les animaux, qui va payer pour ça?»

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Éoliennes: grogne chez les agriculteurs Des projets éoliens se développent en Montérégie avec une forte opposition des agriculteurs.

«Cette terre-là ne sera plus jamais de la même qualité.»

Guillaume Brault dit avoir été approché par un promoteur privé qui souhaitait installer une éolienne sur ses terres. Inquiète, sa ferme a refusé. L’agriculteur craint les effets à long terme du projet d’éoliennes d’Hydro-Québec en Montérégie.

Éolienne UPA (Noovo Info)

Le propriétaire de la ferme laitière Brault et Frères, située à Saint-Louis-de-Gonzague, raconte que son grand-père et son père ont travaillé pendant des décennies afin d’améliorer leur sol. La Montérégie, «ce sont les meilleures terres du Québec», rappelle-t-il.

Or, s’il avait accepté le «bon montant d’argent» qui lui avait été proposé afin qu’on installe une éolienne, «tout le travail (que son père et son grand-père) ont fait dans les 50-100 dernières années» auraient été finies, a-t-il déploré.

Ferme UPA éolienne

L’histoire de M. Brault ne serait pas un cas isolé. Dans la MRC de Beauharnois-Salaberry, des projets éoliens se développent, au grand dam des agriculteurs.

«Mettre une éolienne (en territoire agricole), ça a l’air beau et écologique, mais ça prend un chemin d’accès, ça prend un stationnement, l’éolienne doit se connecter, etc. La préoccupation, c’est de perdre ces terres-là.»

—  Guillaume Brault, agriculteur

Une saga très polarisante

Interrogée à ce sujet, l’Union des producteurs agricoles (UPA) ne se dit pas contre de tels projets, mais prône plutôt la protection des terres.

«C’est un dossier très polarisant», admet Jérémie Letellier, président de la Fédération de l’UPA de la Montérégie.

UPA entrevue (Noovo Info)

M. Letellier raconte qu’une éolienne peut avoir de graves effets sur le sol. Pour installer une éolienne, il faut poser un gros volume de béton, qui «va rester dans le sol». «C’est problématique, ça va amener des contenants dans le sol. Ça amène des effets négatifs.», a-t-il souligné.

«Si dans cinq ans, l’éolienne est ici et qu’il y a des problèmes avec les animaux, qui va payer pour ça?» a renchéri M. Brault.

Vaches UPA ferme (Noovo Info)

Parmi les entreprises qui ont un intérêt dans la MRC, Hydroméga développe actuellement un projet de 11 à 15 éoliennes à Saint-Urbain-Premier dans le but d’alimenter 32 000 foyers québécois.

Hydro-Méga n’a pas fait de prospection à Saint-Louis-de-Gonzague, où se trouve Guillaume Brault.

En entrevue avec Noovo Info, la directrice du développement Hydroméga Firslight, Maxine Mongeon, soutient que le projet en présentement en stade de développement préliminaire.

«Notre objectif, c’est toujours de minimiser les impacts sur les plantations agricoles», a-t-elle soutenu. «L’appel d’offres a été lancé il y a deux mois et nous avons signé des contrats d’option avec les propriétaires des terrains visés.»

Mme Mongeon réplique que l’empreinte permanente d’une éolienne est de 0,6 à un hectare. «C’est une information qui n’est pas connue de tous. Et on essaye d’utiliser les routes et les infrastructures existantes pour ne pas en créer de nouvelles.»

M. Brault persiste et signe: les impacts à long terme, «on ne les sait pas».

De son côté, l’UPA compte demander la tenue d’un BAPE générique, soit une enquête du Bureau d’audience publique sur l’environnement quant aux projets éoliens dans l’ensemble de la province.

À voir dans la vidéo.