Les Canadiens connaîtront un été plus chaud et plus sec que la normale cette année, ce qui accroîtra considérablement les risques de vagues de chaleur et de feux de forêt, a prévenu Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) vendredi.
Des températures plus élevées pour cet été, qui pourraient causer des canicules, sont attendues à travers le Canada, selon Jennifer Smith, météorologue nationale de sensibilisation aux alertes. «Il est important de rappeler qu’un été plus chaud que la normale décrit la tendance générale, et non la température de chaque journée», souligne Mme Smith.
Les épisodes de précipitations sont difficiles à anticiper pour le moment, mais d’autres signaux permettent aux experts de présager une saison plus sèche, propice au développement de feux de forêt.
Les prévisions des météorologues sont élaborées en prenant le climat canadien des 30 dernières années pour établir leur moyenne. Elles s’appliquent à l’ensemble du pays, avec certaines différences à l’échelle locale, qu’ils ne sont pas encore en mesure d’anticiper en détail.
L’augmentation des températures résulte du réchauffement climatique causé par l’activité humaine, d’après le chercheur scientifique d’ECCC, Nathan Gillett. Il souligne que le Canada se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale.
Les prédictions pour la période estivale semblent aussi contraires à celles partagées par MétéoMédia à la fin du mois de mai, puisque les deux organisations utilisent des interprétations et des modèles différents.
La météorologue estime que les deux prévisions pourraient être exactes. «Un été peut être à la fois variable, comme l’a expliqué MétéoMédia, et plus chaud que la moyenne. Les idées ne s’excluent pas mutuellement», explique Mme Smith.
Ainsi, illustre-t-elle, la médiane saisonnière pourrait être plus élevée que la normale dans son ensemble, tout en ne comptant que quelques jours de grande chaleur, ce qui rendrait valides les deux prédictions.
Pour sa part, Santé Canada recommande de surveiller les risques pour la santé liés aux canicules. Le cas échéant, on recommande à la population de s’informer sur les symptômes de maladies liées à la chaleur, de s’hydrater et de rester au frais le plus possible.
Les experts suggèrent aussi de surveiller l’indice de qualité de l’air dans l’éventualité où la fumée des feux de forêt serait déplacée par le vent.
Un phénomène d’El Niño, deuxième facteur le plus influent sur le climat mondial, est attendu, et pourrait devenir l’un des plus puissants jamais enregistrés, selon le chercheur Nathan Gillett.
Cet évènement cyclique, qui joue un rôle dans la formation des ouragans et les risques de feux de forêt, n’aura toutefois pas d’impact sur la température estivale, souligne M. Gillett. «Bien que les conditions d’El Niño aient tendance à entraîner des hivers plus doux que la normale sur la majeure partie du Canada, elles ont peu d’influence sur les températures durant l’été.»
De nouveaux outils pour suivre la météo
Les scientifiques d’ECCC ont fait le point sur le déploiement de trois nouveaux outils pour l’analyse et la prévision des phénomènes météo.
Le développement d’un système d’attribution rapide des événements météorologiques extrêmes permet d’évaluer la probabilité que des anomalies, comme des vagues de chaleur, soient attribuables aux changements climatiques. L’an dernier, les 12 canicules analysées étaient toutes le résultat des changements climatiques. Ils suivront celles à venir en 2026.
Cet été, un nouvel outil de prévision sera déployé et servira à détecter les périodes où l’activité orageuse est la plus probable. Il ciblera les zones favorables aux orages et anticipera leur évolution sur 36 heures.
Des chercheurs ont aussi créé un système de prédiction hybride intégrant une intelligence artificielle entraînée sur des prédictions et observations passées à des modèles traditionnels simulant l’atmosphère selon les lois de la physique. Il permet aux météorologues d’améliorer la qualité et la précision de leurs précisions, jusqu’à dix jours à l’avance.
