Un nouveau modèle météorologique fondé sur l’intelligence artificielle (IA), mis au point par Environnement et Changement climatique Canada, pourrait permettre d’alerter plus tôt les Canadiens en cas d’événements météorologiques majeurs, ce qui pourrait potentiellement sauver des vies, selon un scientifique du ministère.
«Les modèles basés sur la physique […] et la résolution d’équations mathématiques complexes ont longtemps constitué la base des prévisions météorologiques opérationnelles», a expliqué Syed Husain lors d’une entrevue accordée lundi à l’émission CTV Your Morning.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
«Aujourd’hui […] nous disposons de ces modèles météorologiques basés sur l’IA», a-t-il dit. «Au lieu de s’appuyer sur les lois de la physique, ils apprennent essentiellement à partir de données météorologiques historiques ; ils analysent ces données, détectent des tendances, puis apprennent à prédire l’avenir. »
En avril, Environnement et Changement climatique Canada a annoncé son intention de lancer un nouveau modèle de prévision hybride qui utilise l’IA pour analyser en quelques minutes des décennies de données météorologiques historiques, en identifiant les relations entre la température, le vent et la pression afin de mieux estimer les conditions futures, en particulier pour les événements à grande échelle tels que les vagues de chaleur et les ouragans.
Selon M. Husain, les premières recherches montrent que les modèles d’IA présentent des avantages évidents.
«Ils sont assez précis… et bien plus rapides que les modèles basés sur la physique», a-t-il expliqué, tout en soulignant que l’IA a ses limites lorsqu’elle est utilisée seule, notamment lorsqu’il s’agit de saisir les détails fins nécessaires pour prévoir des phénomènes météorologiques violents à l’échelle locale.
Pour combler cette lacune, le département a développé ce que M. Husain décrit comme une approche «le meilleur des deux mondes» : le système étant hybride, il intègre également la modélisation traditionnelle basée sur la physique, qui préserve les détails à petite échelle essentiels pour prévoir les phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les vents violents ou les tempêtes localisées.
D’après M. Husain, les Canadiens ne devraient pas remarquer de différence dans la présentation des prévisions, mais qu’ils devraient bénéficier d’une plus grande précision.
«Ce modèle permettra de faire des prévisions avec une plus grande précision, en particulier pour les prévisions à moyen et long terme», a-t-il avancé. «Ce nouveau modèle hybride leur fournira des alertes et des avertissements plus opportuns, car notre modèle peut offrir un gain de prévisibilité d’environ une demi-journée à une journée.»
Ce délai supplémentaire pourrait faire une différence significative dans un pays aussi vaste et sujet aux intempéries que le Canada, selon l’expert.
«Le Canada est un immense pays où la météo est très active, il est donc très important de disposer de prévisions météorologiques précises et fiables», a-t-il dit. «Par exemple, si nous pouvons émettre une alerte concernant un événement météorologique majeur avec une demi-journée à un jour d’avance, cela peut permettre d’économiser beaucoup d’argent et de sauver des vies.»
L’agence fédérale soutient que le nouveau système pourrait rendre ses prévisions à six jours aussi précises que ses prévisions actuelles à cinq jours, ce qui constitue une amélioration notable dans un domaine où les progrès ont traditionnellement pris des années à se concrétiser.
Selon M. Husain, l’utilisation de l’IA a considérablement accéléré ces progrès. «Le type d’améliorations qui prend habituellement entre sept et dix ans à réaliser, grâce à l’IA, nous avons pu tirer parti de ce gain de précision en l’espace d’environ un an à un an et demi», a-t-il ajouté.
