Environnement

Des villes trouvent des moyens de réduire la quantité de déchets qui finissent dans les décharges

À Lorraine, les camions à ordures passent chaque semaine. Toutefois, les résidents doivent payer s’ils dépassent 12 collectes par an.

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Lorraine Mayor Jean Comptois Le maire de Lorraine, Jean Comtois, présente les poubelles de sa ville qui permettent de suivre les collectes.(Denise Roberts/CTV News)

Les villes du Grand Montréal sont confrontées à des défis croissants et adoptent différentes approches pour réduire la quantité de déchets qui finissent dans les décharges.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Certaines ont recours à des mesures incitatives telles que des réductions de taxes, tandis que d’autres ont adopté un système de paiement à l’utilisation.

À Lorraine, une banlieue d’environ 10 000 habitants au nord de Laval, les camions à ordures passent chaque semaine, mais les résidents doivent payer s’ils dépassent 12 collectes par an.

«Lorsque nous avons emménagé ici, nous ne savions pas que le nombre de collectes était limité à 12 par an, et nous avons donc dû payer des frais supplémentaires», explique James Lapierre, un habitant de la ville.

«Maintenant, nous essayons de composter davantage et de recycler, mais sinon, nous ne faisons qu’une collecte par mois.»

—  James Lapierre, résident de Lorraine

Le maire de Lorraine, Jean Comtois, a indiqué que la ville devait prendre des mesures pour réduire la quantité de déchets produits.

En 2020, ils ont commencé à utiliser des poubelles équipées de puces pour suivre chaque ramassage.

«Notre objectif était de réduire les déchets mis en décharge pour le bien de l’environnement», a-t-il expliqué. «Mais en même temps, nous aidons nos citoyens à économiser de l’argent et à changer leurs habitudes, ce qui est le meilleur des deux mondes.»

Si certains ont critiqué ce changement, estimant qu’il pénalise les familles qui produisent davantage de déchets, M. Comtois a soutenu que de nombreux habitants changent leurs habitudes.

L’année dernière, il a indiqué que 40 % des ménages avaient sorti leurs poubelles 12 fois ou moins, contre 28 % en 2020.

D’autres villes ont adopté une approche différente pour réduire le nombre de collectes.

La banlieue de Beaconsfield, située sur l’île de Montréal, a été l’une des premières à utiliser la technologie pour suivre et calculer le coût des déchets.

Des puces RFID ont été installées dans les poubelles en 2015.

Andrew Duffield, directeur du développement durable à Beaconsfield, a expliqué que cela avait contribué à réduire considérablement la quantité de déchets mis en décharge.

«Le coût pour un résident est basé sur la taille du bac qu’il choisit et le nombre de fois où il le sort au cours d’une année donnée», a-t-il dit.

Les résidents paient un coût fixe pour 12 collectes, en fonction de la taille du bac, puis un tarif supplémentaire s’ils dépassent ce nombre.

Bien que de nombreuses communautés soient passées à un ramassage bihebdomadaire, M. Duffield a indiqué qu’ils avaient choisi de faire passer les camions chaque semaine, ce qui produit moins de gaz à effet de serre que les arrêts et démarrages fréquents générés par les ramassages bihebdomadaires.

Il a ajouté que cela donnait également aux résidents plus de choix quant au moment où ils sortent leur poubelle.

La ville a également augmenté sa collecte de matières organiques et de recyclage, «de sorte qu’au final, vous n’utilisez vos poubelles que pour ce qui est vraiment des déchets», a-t-il ajouté.

M. Duffield a dit que leurs statistiques montrent que la plupart des ménages sortent leur poubelle toutes les deux semaines, et certains seulement une fois tous les deux mois, ce qu’il considère comme un succès puisque Beaconsfield générait autrefois la deuxième plus grande quantité de déchets par habitant sur l’île de Montréal.

«Cette notion de choix, de besoin individuel et de fierté collective reste un élément important», a-t-il souligné.

Selon le maire de Vaudreuil-Dorion, Paul Dumoulin, les villes sont non seulement confrontées à une augmentation des coûts de collecte, mais elles sont également soumises à la pression de devoir respecter les directives fixées par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM).

«Nous devons passer à 170 kg de déchets par citoyen d’ici 2030, c’est pourquoi nous devons demander l’aide de la population pour y parvenir», a-t-il expliqué.

La ville est passée à 26 collectes de déchets par an et prévoit de rembourser les habitants s’ils sortent leurs poubelles moins souvent.

M. Dumoulin a précisé que les détails concernant le mode de remboursement étaient encore en cours d’élaboration, mais que la ville souhaitait recourir à des mesures incitatives positives pour réduire les déchets.

«Tout le monde se soucie de l’environnement, a-t-il soutenu. Mais les citoyens doivent agir pour nous aider.»