Le super-typhon Bavi a touché terre lundi sur une minuscule île relevant de la souveraineté des États-Unis dans le Pacifique occidental, près de Guam, apportant des vents violents et des pluies torrentielles sur les îles Mariannes du Nord, tandis que les habitants étaient invités à rester chez eux.
Selon le Service météorologique national, la tempête a commencé à traverser l’île de Rota lundi matin, heure locale. Le typhon menaçait d’autres parties des îles Mariannes du Nord, un territoire américain situé à l’est des Philippines, ainsi que Guam. La région se remettait encore d’un autre cyclone destructeur survenu plus tôt cette année.
Sur l’île de Saipan, l’aéroport international a enregistré des rafales dépassant les 161 km/h, a indiqué Marcus Landon Aydlett, météorologue. De nombreux habitants de Saipan et de l’île voisine de Tinian étaient déjà privés d’électricité à la suite du dernier super-typhon, a-t-il précisé.
«C’est tout simplement une année difficile», a déclaré M. Aydlett.
Une alerte aux vents extrêmes était en vigueur pour Rota, une île de moins de 2000 habitants située au nord-est de Guam, a indiqué Edwin Montvila, météorologue du service météorologique. Le cyclone devait être un super-typhon de catégorie 5, avec des vents pouvant atteindre 290 km/h et des rafales de 346 km/h, a précisé M. Montvila.
Outre Rota, des alertes au typhon étaient en vigueur pour Guam, Tinian et Saipan, tandis que des alertes et des veilles de tempête tropicale étaient en place pour d’autres îles de la région.
Cette tempête survient plusieurs mois après que le super-typhon Sinlaku, le cyclone tropical le plus puissant de cette année, a frappé les îles de la région en avril, apportant des vents violents et des pluies incessantes.
Un cyclone devient un super-typhon lorsque ses vents soutenus maximaux atteignent 241 km/h ou plus.
Bavi représentait un «danger imminent pour la vie», a expliqué M. Montvila, le service météorologique ayant demandé aux habitants de toutes les îles de se réfugier immédiatement dans des pièces situées à l’intérieur de leurs habitations et de rester à l’écart des fenêtres.
«Sortir à l’extérieur peut entraîner la mort par des projectiles projetés. Les poteaux électriques et les lignes de tension associées seront à terre, a précisé M. Montvila. Tout cela représenterait un risque pour la vie, c’est pourquoi nous recommandons aux gens de ne pas s’aventurer dehors et de rester à l’abri.»
Lundi matin, Bavi se déplaçait à un rythme relativement rapide, ce qui a laissé espérer aux autorités qu’il passerait rapidement, a énoncé M. Montvila. Cependant, en raison de l’ampleur de la tempête, les îles pourraient encore être confrontées à des conditions de tempête tropicale, notamment des pluies torrentielles, au moins jusqu’à lundi soir.
Le typhon «s’est montré quelque peu imprévisible» dans la nuit de dimanche à lundi matin, oscillant entre le nord et le sud alors qu’il se dirigeait vers l’ouest en direction des îles, a rapporté M. Montvila.
La gouverneure de Guam, Lou Leon Guerrero, a exhorté la population à rester chez elle ou dans un abri et à éviter les routes.
«Nous subissons à nouveau des vents violents sur notre île, mais, comme nous le savons, nous sommes toujours prêts et bien préparés, tant au niveau de notre planification que de la protection de notre population», a-t-elle dit dans une vidéo publiée dimanche sur les réseaux sociaux.
Le révérend Francis Hezel, prêtre à l’église catholique Santa Barbara de Dededo, à Guam, a entendu le vent hurler devant chez lui pendant des heures depuis son réveil avant l’aube. Mais il espère que le typhon ne causera pas de dégâts structurels importants sur l’île, car la plupart des habitants vivent dans des maisons en béton.
«Je pense que c’est davantage une question de désagréments qu’autre chose», a-t-il commenté, soulignant le risque de coupures d’électricité qui ont duré plusieurs jours lors d’autres tempêtes récentes.
M. Hezel a estimé que les autorités devraient «modérer» leurs alertes en prévision des typhons qui frappent la région, afin que les habitants ne soient pas trop effrayés.
«À présent, les gens sont habitués aux typhons, a-t-il observé. Ils savent ce qu’ils doivent faire pour s’y préparer.»
