La police espagnole a annoncé vendredi l’arrestation de cinq personnes soupçonnées d’avoir fait payer jusqu’à 9 000 euros à des migrants arrivés fin juillet dans la ville de Ceuta, en Afrique du Nord, pour les transporter en bateau vers la péninsule ibérique.
Quatre des personnes interpellées appartenaient à un réseau qui cherchait des «personnes en situation irrégulière» à Ceuta depuis l’arrivée massive de migrants depuis le Maroc dans la petite ville autonome, pour «leur proposer leur transfert» vers la péninsule en échange de 9000 euros, a indiqué la police dans un communiqué.
Quelque 72 000 migrants sont entrés dans les derniers jours de juillet sur ce petit territoire espagnol de 18,5 km2 qui, avec Melilla, constitue l’une des deux seules frontières terrestres de l’Union européenne avec l’Afrique.
Mais, même arrivés sur le territoire espagnol, à Ceuta, ces migrants ne pouvaient pas rejoindre librement le continent européen. Par dérogation, le petit territoire de 84 000 habitants n’appartient pas à l’espace Schengen et l’accès à la péninsule ibérique se fait après des contrôles effectifs.
La grande majorité est arrivée à Ceuta à la nage ou à pied, et presque tous ont ensuite été renvoyés au Maroc dans les jours qui ont suivi.
Mais plusieurs milliers sont restés dans l’enclave depuis lors, dormant dans les rues ou sur les plages. Face à la saturation des capacités d’accueil de Ceuta, le gouvernement espagnol a annoncé la création de centres temporaires pour leur fournir un hébergement.
La police a indiqué que le réseau hébergeait les migrants recrutés dans des logements et des garages à Ceuta jusqu’au moment de leur embarquement à bord d’un bateau qui les transportait vers l’Andalousie, de l’autre côté du détroit de Gibraltar.
Interrogée par l’AFP, la police n’a pas précisé combien de migrants auraient pu être transportés par ce réseau.
Les quatre personnes arrêtées, deux à Ceuta et deux dans la ville andalouse de La Línea de la Concepción, sont soupçonnées d’appartenance à une organisation criminelle et d’aide à l’immigration irrégulière.
La cinquième personne arrêtée avait transporté, le 14 août, sept migrants à bord d’une embarcation «de petite taille et dépourvue des conditions minimales de sécurité», en leur faisant payer 8 000 euros par personne, selon la police.
«Le trajet s’est intégralement déroulé de nuit; les passagers sont restés environ cinq heures en mer et ont parcouru près de 40 kilomètres», dans un contexte de «brouillard dense», ce qui a considérablement accru le danger de la traversée, a précisé la police.
Cette personne a été placée en détention provisoire et mise en examen pour une infraction aux droits des ressortissants étrangers, aggravée par la «vulnérabilité des victimes et le danger pour leur vie, leur santé ou leur intégrité physique», ajoute le communiqué.
