Environnement

Des médecins demandent à Fréchette de renoncer aux concessions données à la Fonderie Horne

Dans un message publié sur les réseaux sociaux lundi, l’AQME écrit que la « santé des gens doit cesser d’être dans l’ombre» de la création d’emplois.

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La Fonderie Horne, propriété de Glencore, est visible à Rouyn-Noranda (Québec), le 29 octobre 2022. LA PRESSE CANADIENNE/Stéphane Blais La Fonderie Horne, propriété de Glencore, est visible à Rouyn-Noranda (Québec), le 29 octobre 2022. (Stephane Blais/La Presse canadienne)

L’Association québécoise des médecins pour l’environnement (AQME) appuie les 118 médecins de l’Abitibi-Témiscamingue, qui demandent à la nouvelle première ministre du Québec de renoncer aux concessions accordées à la Fonderie Horne, opérée par la multinationale Glencore.

Dans un message publié sur les réseaux sociaux lundi, l’AQME écrit que la « santé des gens doit cesser d’être dans l’ombre» de la création d’emplois.

L’AQME a offert son appui aux médecins de famille et aux spécialistes, qui, selon ce qu’à rapporté Radio-Canada lundi matin, ont envoyé une missive dimanche, à la première ministre du Québec, Christine Fréchette pour la convaincre de renoncer aux concessions promises à la Fonderie Horne par son prédécesseur François Legault.

La Fonderie Horne, un employeur important en Abitibi, a régulièrement fait les manchettes au cours des dernières années en raison de ses émissions d’arsenic, qui dépassent de loin les normes en vigueur au Québec, et en raison de ses demandes pour reporter les nouvelles exigences.

Il y a quelques semaines, un amendement à un projet de loi a conduit à accorder de nouveaux sursis pour atteindre des cibles de réduction des émissions d’arsenic, mais aussi de plomb, de cadmium et d’autres métaux.

L’autorisation ministérielle actuelle, accordée de 2023 à 2028, serait donc repoussée jusqu’en 2033, malgré les mises en garde de la Direction régionale de la santé publique, qui avait indiqué, en mars dernier, que le gouvernement sous-estime «le risque sanitaire réel dans un contexte environnemental unique au Québec».

«Malheureusement, la nouvelle première ministre compte rappeler le projet de loi 11, et l’adopter» et «il n’y a pas d’équilibre dans cette décision», a écrit l’AQME

«En solidarité avec les médecins de cette région, nous souhaitons plus de courage politique et réglementaire face à une multinationale qui a certainement les moyens de respecter nos normes sans prendre les gens et l’air d’une région en otage», a ajouté l’association de médecins.

Plusieurs fois au-dessus des normes sanitaires

La fonderie devait atteindre une cible de 45 ng/m3 en 2024 et respecter un objectif de 15 ng/m3 à partir de 2027, soit la valeur repère de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), ce qui est néanmoins au-dessus du 3mg/m3 de la norme québécoise.

La fonderie devait aussi présenter un plan d’action visant à atteindre la norme québécoise.

En juillet dernier, le directeur général pour la filière cuivre en Amérique du Nord de Glencore, Vincent Plante, avait indiqué que l’entreprise jugeait la cible de 3 ng/m3 «techniquement impossible» à atteindre.

En décembre dernier, le gouvernement était ouvert à accorder un délai supplémentaire de 18 mois à Glencore pour l’atteinte de ses cibles de réduction de l’arsenic, en échange de quoi l’entreprise s’engageait à investir 300 millions $, pour réduire ses émissions.

En février, Glencore avait laissé planer des menaces de fermeture de la fonderie.

L’entreprise réclamait de l’aide financière du gouvernement et, en cas de refus, un sursis pour atteindre la moyenne annuelle maximale de 15 ng/m3 qui devait être exigée à partir de 2027.

Le gouvernement avait alors indiqué qu’il était prêt à accorder sept ans de prévisibilité réglementaire à Glencore, c’est-à-dire un engagement à ne pas changer les règles d’ici à 2033.

Stéphane Blais

Stéphane Blais

Journaliste