Environ 1800 personnes ont fui leurs localités en raison des feux de forêt qui font rage dans le nord de l’Ontario, a déclaré lundi le premier ministre Doug Ford, alors que les autorités envisageaient de nouvelles évacuations.
Les incendies ont détruit des localités, entraîné de nombreux ordres d’évacuation et couvert le ciel de l’Ontario et au-delà d’une fumée toxique. Les personnes évacuées se sont dispersées dans différentes villes à travers la province, notamment à Thunder Bay, Toronto, Sudbury et Niagara Falls.
«Treize localités ont été évacuées ou sont en cours d’évacuation, la décision concernant une autre localité étant encore en suspens», a indiqué M. Ford.
Au moins 500 personnes étaient hébergées à Thunder Bay durant la fin de semaine, un chiffre que les autorités municipales ont qualifié d’estimation prudente. Le chef des pompiers a précisé que la plupart des personnes évacuées avaient été accueillies par des organisations des Premières Nations ou avaient trouvé elles-mêmes des chambres d’hôtel disponibles.
À l’intérieur de l’aréna de Thunder Bay transformé en centre d’accueil provincial, les lits de camp étaient toujours intacts lundi matin. La province avait annoncé son ouverture samedi, quelques jours après le début de l’évacuation des premiers résidents.
Les récentes pluies ont ralenti certains incendies au cours de la fin de semaine, mais les autorités ont averti que le danger restait élevé, alors qu’une autre Première Nation signalait des destructions massives.
La cheffe Pauline Drake, de la Première Nation de Whitewater Lake, a déclaré dimanche qu’un incendie de forêt avait détruit une grande partie de cette communauté isolée, située à environ 250 kilomètres au nord de Thunder Bay.
La semaine dernière, la Première Nation de Namaygoosisagagun — également connue sous le nom de Première Nation de Collins — a été détruite par un incendie qui s’est propagé très rapidement. Des photos et des vidéos saisissantes montraient des habitants fuyant en bateau tandis qu’un immense mur de fumée et de flammes s’élevait derrière eux.
Un vol d’évacuation prévu au départ de la Première Nation de Neskantaga a été annulé lundi en raison d’un problème technique avec l’avion.
Bien qu’aucun ordre d’évacuation provincial n’ait été donné pour la communauté, la Première Nation a déclaré l’état d’urgence la semaine dernière et a commencé à affréter des vols pour ses résidents.
Trois vols ont été affrétés samedi pour évacuer environ 95 résidents de cette communauté isolée vers Thunder Bay, a indiqué la cheffe. Le vol de lundi devait transporter 35 personnes.
La province a essuyé des critiques répétées de la part des Premières Nations concernant sa gestion des évacuations liées aux feux de forêt. M. Ford a affirmé que toutes les ressources disponibles étaient mobilisées pour maîtriser les incendies et venir en aide aux personnes évacuées.
La ministre ontarienne de la Protection civile et de l’Intervention en cas d’urgence, Jill Dunlop, a semblé clarifier lundi ses propos tenus durant la fin de semaine au sujet du système En Alerte. Elle a indiqué que le système d’alerte national était déjà accessible aux collectivités, après avoir annoncé dimanche son élargissement.
«Il s’agit simplement de rappeler aux municipalités et aux communautés des Premières Nations qu’il s’agit d’un outil supplémentaire à leur disposition, a expliqué la ministre Jill Dunlop.
Parallèlement, des alertes à la qualité de l’air demeuraient en vigueur de Sault-Sainte-Marie à Thunder Bay en raison de la fumée des feux de forêt.
Depuis le début de la saison, les flammes ont ravagé environ 7350 kilomètres carrés de forêt en Ontario, soit une superficie plus de dix fois supérieure à celle de Toronto.
Une grande partie de cette superficie a brûlé la semaine dernière, à la suite de violents orages et d’une importante vague de chaleur autour de Thunder Bay, où les températures ont grimpé jusqu’à environ 15 degrés au-dessus des moyennes saisonnières.
Les changements climatiques, alimentés par la combustion de combustibles fossiles, ont rendu les saisons des feux de forêt plus longues et plus intenses au Canada.
La situation au Québec
Au Québec, le ministère de la Sécurité intérieure a levé totalement l’interdiction de faire des feux à ciel ouvert en forêt ou à proximité depuis 12 h.
Cette décision a été prise en collaboration avec la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) et met fin à la mesure qui était en vigueur depuis le 13 juillet dernier.
«Le (ministère) tient à rappeler à la population que des opérations d’extinction des feux se poursuivent dans le secteur où s’appliquait l’interdiction de circuler en forêt et d’accéder à celle‑ci. Il est donc recommandé d’éviter ces territoires», a ajouté le ministère par communiqué.
Présentement au Québec, 3 incendies de forêt sont en activité en zone de protection intensive (ZPI) et 101 feux sont actifs en zone nordique (ZN).