Environnement

Danger d’incendie extrême au Québec: est-ce normal aussi tôt dans la saison?

Des municipalités comme Saint-Jérôme, Drummondville ou encore Val-des-Monts étaient concernées cette semaine.

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Des appareils de la SOPFEU cloués au sol en raison de la fumée Un avion de la SOPFEU

En date de mardi, plusieurs régions du sud et de l’ouest de la province devaient composer avec un indice de danger d’incendie extrême, d’après les évaluations de la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU).

C’était le cas de municipalités comme Saint-Jérôme, Drummondville ou encore Val-des-Monts.

Voyez la situation provinciale en ce qui concerne les risques d’incendie sur la carte de la SOPFEU.

Est-il normal de faire face à un tel niveau de risque alors que le mois de mai est toujours à nos portes ?

D’après la SOPFEU, il est «assez habituel» de voir les indicateurs pointer au rouge dans autant de régions à ce moment de l’année. «On est au moment de la saison où l’indice va passer de très bas à extrême en très peu de temps», relève le conseiller à la prévention et aux communications Philippe Bergeron.

Celui-ci explique que le risque accru de feu de forêt est notamment causé par une couche de feuilles mortes et de végétation datant de l’an dernier qui sèche très rapidement en raison de la température plus clémente.

M. Bergeron s’attend néanmoins à ce que le niveau de risque baisse rapidement dès mercredi ou jeudi.

Les variations de risque devraient d’ailleurs se produire sur des périodes plus prolongées vers les mois de mai ou juin. «La nouvelle végétation va arriver et les sols vont retenir davantage l’humidité», explique M. Bergeron.

Trop tôt pour prédire la saison des feux de forêt

Philippe Bergeron mentionne qu’il est difficile de prévoir à quel d’été nous aurons droit en ce qui concerne les feux de forêt. «On est tributaire de la météo qu’on va avoir», indique-t-il.

Plusieurs facteurs, comme la sécheresse et la foudre ou encore l’activité humaine, entrent aussi en ligne de compte.

Sur le plan national, le professeur à l’Université Thompson Rivers de Kamloops et spécialiste des feux de forêt Mike Flannigan a confié en entrevue avec La Presse canadienne que 2026 sera pour lui un «test décisif» pour déterminer si les saisons des feux de forêt au Canada, qui se trouvent déjà en territoire inconnu et sont alimentées par le changement climatique d’origine humaine, sont entrées dans une «nouvelle réalité».

«Avant, je disais qu’il y aurait des années de grands feux et des années calmes. Je commence maintenant à penser qu’à l’échelle du pays, la plupart des années seront des années de grands feux», a affirmé M. Flannigan.

Dans son bilan de 2025, la SOPFEU relevait que 527 incendies de forêt avaient été combattus, pour une superficie de 1313,7 hectares brûlés en zone de protection intensive. Le nombre de feux de forêt était supérieur de 65 à la moyenne observée au cours des dix dernières années. 87 % des incendies survenus cette année ont été causés par l’activité humaine.

«Près de 70 % des incendies sont survenus en fin de saison (d’août à octobre), principalement dans le sud du Québec, où le déficit de précipitations a été particulièrement prononcé», précisait la SOPFEU.