Environnement

Climat: une année «particulièrement grave» en termes d’incendies, craignent des chercheurs

«La saison des incendies dans le monde a commencé très fort avec 50% de surfaces brûlées de plus que la moyenne pour cette période de l’année.»

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Cette photographie à longue exposition montre l'incendie de Garnet qui fait rage dans la forêt nationale de Sierra, en Californie, le lundi 8 septembre 2025. (Photo AP) Cette photographie à longue exposition montre l'incendie de Garnet qui fait rage dans la forêt nationale de Sierra, en Californie, le lundi 8 septembre 2025. (Photo AP)

Les incendies s’annoncent à un niveau «particulièrement grave» dans le monde cette année, alimentés par le changement climatique et le phénomène El Niño, après avoir déjà atteint un niveau record depuis le début d’année, mettent en garde des chercheurs mardi.

«Cette année, la saison des incendies dans le monde a commencé très fort avec 50% de surfaces brûlées de plus que la moyenne pour cette période de l’année», a souligné Theodore Keeping, de l’Imperial College de Londres, lors d’une présentation à des journalistes.

Et la surface «est 20% plus élevée que le précédent record établi depuis le début de la surveillance mondiale en 2012», indique le chercheur, qui s’attend à une «année particulièrement grave».

La surface totale brûlée dans le monde atteignait ainsi quelque 163 millions d’hectares depuis le début d’année au 6 mai, selon les données du Système d’information mondial sur les incendies (GWIS), contre 110 millions d’hectares sur la période 2012-2025 en moyenne à cette date.

La tendance est particulièrement marquée en Afrique, avec des niveaux records dans de nombreux pays de l’ouest et du Sahel.

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Les feux de savane y ont été encouragés par un phénomène dit de «coup de fouet» climatique, qui fait alterner de fortes pluies favorisant la pousse de la végétation avec des périodes de sécheresse propices aux incendies.

Les chercheurs mettent en garde sur les conséquences du retour attendu du puissant phénomène naturel réchauffant El Niño.

Il s’agit de l’une des phases d’un cycle naturel dans l’océan Pacifique, qui démarre habituellement au printemps, et affecte progressivement dans les mois suivants les températures, les vents et le climat dans le reste du globe.

L’Organisation météorologique mondiale a prévenu, même si des incertitudes demeurent, que le retour d’El Niño était de plus en plus probable de mai à juillet, tandis que s’estompe le phénomène inverse La Niña. Il s’ajouterait au réchauffement continu causé par les activités humaines.

«La probabilité d’incendies extrêmes et dangereux pourrait potentiellement être la plus élevée de l’histoire récente si un El Niño puissant se développe», juge Theodore Keeping. Le phénomène pourrait rendre plus probables «des conditions très chaudes et sèches en Australie, dans le nord-oust des États-Unis et du Canada et dans la jungle amazonienne», précise-t-il.

Friederike Otto, de l’Imperial College, souligne aussi que le développement d’un El Niño puissant cette année, combiné à la tendance au changement climatique, se traduirait par des «extrêmes climatiques sans précédent».