Une fois de plus, on nage en plein conflit. Ça se bombarde de part et d’autre. De pays en pays. Une guerre de plus au tableau. Un très mauvais festival de missiles et de drones.
Je ne veux en rien minimiser la tragédie humaine parce qu’elle est beaucoup trop présente et douloureuse. Parce que trop de gens meurent chaque jour en raison de ces conflits. Parce qu’on ne peut pas rester insensible à tous ces drames. Toutes ces personnes qui n’ont pas demandé à se retrouver sur la trajectoire d’une bombe. C’est horrible.
Mais je me suis demandé: et la Terre, elle ? La Terre dans le sens de la planète sur laquelle on est installé. Est-ce que nos guerres ne la fragilisent pas, elle aussi ? Vous me direz que je réfléchis trop. C’est fort possible. Mais reste qu’on a juste une et si elle se décide à flancher… c’est beu-bye les Terriens. Nos grosses chicanes seront le dernier de nos soucis.
Gros scoop ici, je ne suis pas géologue, spécialiste de la météo, docteur de la croûte terrestre et de notre atmosphère, alors ce texte ne vous apportera aucune réponse scientifique. C’est seulement ma réflexion de petit terrien.
Déjà qu’on pollue notre globe bleu sans retenue et que tout ça a plusieurs conséquences, qu’en est-il des répercussions de nos guerres? Je ne sais pas si la Terre a une conscience, mais si c’est le cas, elle doit commencer à en avoir plein son casque de nous sentir la piquer de partout. Comme un moustique qui ne nous lâche pas en plein mois de juillet.
Je me dis que chaque explosion crée une onde de choc sur le sol. Des colonnes de feux et de poussières qui envahissent notre atmosphère sans arrêt. Des nuages de fumée créés par les bombardements et les feux de pétrole qui assombrissent le ciel en plein jour. Il me semble qu’à force de faire des cratères un peu partout, la terre va finir par se choquer et nous donner une bonne leçon. On la creuse sans retenue.
Peut-être que je me raconte des peurs, mais j’ai tendance à penser qu’on ne peut pas piocher à grands coups de dynamite sans qu’un moment donné, ça déséquilibre notre équation terrestre. On dit qu’un simple battement d’ailes de papillon a des effets tangibles à l’autre bout de la planète.
Alors j’imagine que ce serait très possible, qu’avec un bon vent dans le bon sens, on respire une bonne sniffe de poussière de détonation de temps en temps. C’est possible que le filtre à air naturel de la terre se bouche un moment donné. Qu’il ne puisse plus suffire à la tâche. On panique quand le filtre de notre sécheuse fait des flammèches, alors imaginez le ciel.
Ça s’pourrait-tu qu’un moment donné, notre noyau terrestre se déséquilibre et dérape sur un moyen temps ? Encore une fois, je ne suis pas spécialiste, mais il me semble que faire la guerre avec un champ magnétique kapout, ce serait plus difficile. On aurait tous un voyage dans l’espace gratuit. Même plus besoin de Space X.
Il suffit d’une éruption volcanique, une tornade, une grosse tempête de neige, une pluie verglaçante et pif, paf, pouf, même avec toute notre grande technologie, on en arrache solide. On devient très petit. On se désorganise. On paralyse. On est un petit grain de sable sur une planète pas mal mieux équipée que nous pour la vraie survie.
On a tendance à croire que la Terre est notre bestfriend. Mais si dans la vie quand on traite mal notre bestfriend, il se pousse, ça se pouvait que la Terre fasse la même chose. La seule différence, c’est que c’est nous qu’elle va pousser en dehors de chez elle. On a la naïveté de penser qu’on est éternel et infaillible, mais non.
Probablement que j’exagère et que je regarde trop de science-fiction. J’ai la catastrophe trop facile. Du moins, je nous le souhaite.
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