Le maire de Summerland, en Colombie-Britannique, affirme que sa communauté a un long chemin à parcourir avant de se remettre de l’incendie qui a ravagé des milliers de maisons au début du mois.
Doug Holmes a cependant espoir que les résidents s’entraideront à mesure que beaucoup apprendront qu’ils peuvent rentrer chez eux.
«Ce sera difficile, mais je sais que nous surmonterons cette épreuve comme nous l’avons fait lors de l’évacuation, a-t-il dit dans une vidéo publiée en ligne mardi. Nous allons nous entraider. Nous serons bienveillants et solidaires, comme le font les habitants de Summerland.»

Les autorités régionales ont également fourni un premier bilan des dégâts causés par l’incendie de Bald Range, faisant état de 150 structures détruites ou inhabitées.
M. Holmes a précisé que le paysage à leur retour sera différent selon les quartiers.
«Certains quartiers seront exactement comme avant leur départ. Dans d’autres, vous verrez que certains de vos voisins ont perdu leur maison, a-t-il expliqué. Dans certains endroits, vous verrez que le feu a atteint votre cour arrière et que votre maison a été sauvée par nos pompiers, qui ont fait preuve d’un héroïsme exceptionnel.»
La plupart des quelque 12 000 résidents ont été autorisés à regagner leurs foyers mardi, plus de dix jours après avoir été chassés par l’un des feux de forêt les plus rapides jamais vus dans la province.
Les ordres d’évacuation qui concernaient une grande partie de la communauté ont été remplacés par des alertes d’évacuation, invitant les résidents à se tenir prêts à partir rapidement.
Environ 530 propriétés font toujours l’objet d’un ordre d’évacuation, tandis que les équipes s’efforcent de dégager les arbres dangereux, de déblayer les débris et de rétablir le courant dans certains secteurs, a déclaré le maire.
Une communauté presque entièrement rasée
Graham Statt, directeur général du district de Summerland, a indiqué lundi que l’incendie avait détruit ou endommagé une quarantaine de bâtiments à Summerland et plus d’une centaine d’autres dans le district régional d’Okanagan-Similkameen, où la communauté de Faulder a été presque entièrement rasée.
M. Statt a expliqué, lors d’une diffusion en direct du district, que le chiffre de 150 structures incendiées était provisoire et que l’évaluation des dégâts augmentait généralement avec le temps.
«Nous avons discuté avec toutes les personnes que nous avons pu joindre ou qui nous ont recontactés. Un soutien psychologique est disponible pour ces personnes, a-t-il affirmé. Nous nous rendons sur place avec elles si elles le souhaitent. Si elles préfèrent ne pas le faire, nous leur proposons des photos ou d’autres ressources.»
Denise Trudeau et sa famille ont passé les 36 dernières années à bâtir leur foyer à Faulder.
Elle a raconté que la propriété avait commencé par une caravane, qu’elle qualifiait affectueusement de «miteuse», et un hangar pour le matériel d’équitation. Puis, elle s’est agrandie pour inclure un manège, puis une maison avec une terrasse où ils ont créé des décennies de souvenirs.
Mme Trudeau a confié avoir vu des photos et des vidéos qui lui montrent que tout ce qu’ils avaient construit a disparu.
«J’ai vu des vidéos de gens qui passaient en voiture devant notre propriété, et j’ai vu des photos, et c’est quasiment confirmé pour moi (…) c’est comme si la maison était partie en fumée, la grange, tout. Il ne reste plus rien», a-t-elle dit lors d’une entrevue mardi.
Faulder a été l’une des premières communautés contraintes d’évacuer lorsque l’incendie a déferlé sur le lac Okanagan le 7 août, attisé par une sécheresse extrême et des vents violents.
Le feu a parcouru les 15 kilomètres jusqu’au lac en quelques heures, ravageant des dizaines de maisons à Meadow Valley et à Faulder, ne laissant derrière lui que des fondations noircies.
Mme Trudeau a indiqué que sa propriété était toujours sous ordre d’évacuation et qu’elle ignorait quand elle pourrait y retourner.
Elle a expliqué qu’elle et son mari étaient partis paniqués avec quelques vêtements et des documents importants à mesure que l’incendie se rapprochait, et qu’ils avaient pu mettre leurs chevaux à l’abri.
«C’était si rapide. C’était comme une tornade. C’était (…) vous n’imaginez pas à quelle vitesse c’est arrivé», a-t-elle dit.
Faulder est une communauté d’environ 200 résidents et, selon Mme Trudeau, ce groupe autonome fait de son mieux pour se soutenir mutuellement, même s’il est impossible pour l’instant de se réunir physiquement.
Les groupes en ligne permettent de garder le contact et de rassurer ses voisins, a-t-elle expliqué.
«Nous avons donc pris des nouvelles les uns des autres, a dit Mme Trudeau. Nous ne sommes pas en mesure de nous entraider financièrement pour le moment, mais nous pouvons au moins communiquer via Facebook et nous nous reverrons bien sûr en personne dès que ce sera possible.»
La ministre de la Gestion des urgences, Kelly Greene, a indiqué mardi, lors d’un point de situation sur les feux de forêt, qu’environ 2 100 propriétés demeurent sous ordre d’évacuation en Colombie-Britannique.
M. Statt a précisé que la décision de lever les ordres d’évacuation est prise en fonction de plusieurs facteurs, notamment la disponibilité des services publics, la présence d’arbres dangereux sur le chemin et les risques liés à la stabilité des pentes.
Erick Thompson, porte-parole du district régional, a ajouté lors de la diffusion en direct que, selon certains témoignages, les pompiers ont réussi à protéger certaines maisons.
«Ce que j’ai vu à Summerland, en particulier, ce sont des maisons dont les collines environnantes étaient noircies. Les maisons étaient toujours là, noircies par la progression des flammes, et les pompiers ont réussi à les sauver, a-t-il déclaré. C’est une histoire incroyable.»
Mme Trudeau a affirmé qu’elle comptait bien reconstruire dès qu’elle serait autorisée à revenir.
Elle a ajouté que certains lui avaient suggéré de quitter la communauté.
«C’est tout simplement hors de question pour mon mari et moi.»
Avec la collaboration de Darryl Greer