Environnement et Changement climatique Canada s’attend à un nombre de tempêtes inférieur à la moyenne pour la saison des ouragans 2026, une première depuis 2015, tel qu’annoncé jeudi.
Entre un et trois ouragans majeurs sont pressentis, ce qui est moins que la moyenne de trois, rapporte Bob Robichaud, météorologue au Centre canadien de prévision des ouragans. Ces cyclones sont comptabilisés dans les 8 à 14 tempêtes nommées anticipées, soit les tempêtes dont les vents passent le cap des 60 km/h. Le météorologue entrevoit une probabilité de 90 % que la saison sera près ou sous la normale.
Les projections concernent l’Atlantique, mais il est encore trop tôt pour anticiper quelles régions exactement seraient touchées. M. Robichaud prévoit qu’une à deux tempêtes pourraient avoir un impact sur les étendues terrestres, les zones côtières étant plus à risque.
«La prévision d’aujourd’hui donne une idée de l’activité dans l’ensemble du bassin, mais c’est impossible de déterminer quelles trajectoires seront les plus probables», affirme M. Robichaud. Il ajoute qu’entre 35 et 40 % des tempêtes franchissent la zone d’intervention du Centre canadien de prévision des ouragans, qui s’étend un peu au large des provinces maritimes.
M. Robichaud souligne que le nombre de tempêtes prévu, même s’il est sous la moyenne, n’est pas corrélé à leur intensité. Ainsi, les ouragans pourraient être dévastateurs, même s’ils sont moins nombreux. «Lorsqu’on parle d’une prévision sous la moyenne, les gens baissent leur garde et pensent que ce ne sera pas si pire, mais on peut certainement avoir un ouragan majeur durant une saison où il y a un El Niño», dit-il.
Un réchauffement anormal des eaux dans le Pacifique, phénomène météorologique cyclique qu’on nomme El Niño, est attendu cette année. Ceci a pour effet de diminuer l’activité des ouragans de l’autre côté du continent et explique pourquoi la saison, qui débute le 1er juin et se termine à la fin du mois de novembre, s’annonce plus tranquille.
Les cyclones, aussi appelés ouragans et typhons, se forment dans les eaux chaudes, qui s’évaporent, puis refroidissent en altitude. Leur refroidissement crée des nuages et provoque également un dégagement de chaleur. Les chocs thermiques engendrés créent des mouvements d’air, qui mènent à la formation d’orages tropicaux. Lorsque les vents s’intensifient, elles deviennent des ouragans.
Un vent cisaillant comme celui qu’engendre El Niño, souffle vers l’Est en surface et vers l’Ouest en altitude, à des vitesses et des directions différentes, et empêche la tempête de se former. «Si on a trop de cisaillement, il y a une interruption dans l’énergie de la tempête, qui ne se formera pas même si les températures de l’eau sont chaudes», explique le météorologue.
Le météorologue recommande aux Canadiens de se préparer, peu importe la prévision, en évaluant leur niveau de risque et en mettant en place le nécessaire afin de minimiser les dommages potentiels d’un ouragan. Au Canada, les effets habituels d’un ouragan sont des pluies diluviennes menant à des inondations, des coupes de courant et des inondations côtières provoquées par de hautes vagues. «Ça ne prend qu’une seule grosse tempête pour que ça devienne une mauvaise année», rappelle Bob Robichaud.
Pour ce qui est du bilan 2025, l’ouragan Melissa, qui a frappé la Jamaïque en octobre 2025, a été de loin le plus violent. L’ouragan de catégorie 5 a battu des records, se hissant au palmarès des cyclones les plus puissants, ses vents de 306 km/h égalant ceux de Allen, survenu en 1980, avec lequel il partage désormais le podium. Selon le Centre canadien de prévision des ouragans, l’ouragan Melissa a fait 123 morts et a engendré près de 2 milliards $ US en dommages.
Quatre ouragans majeurs ont eu lieu l’an dernier, tous s’étant intensifiés particulièrement rapidement — l’intensification étant l’augmentation de la vitesse des vents de 60 km/h en 24h. Le phénomène, qui rend plus destructeurs les ouragans, est en augmentation constante depuis plusieurs années, rapporte Environnement et Changement climatique Canada.
