Montréal abrite désormais un parchemin rare, extrait d’un manuscrit vieux de plus de mille ans.
Il s’agit de l’une des huit nouvelles acquisitions que l’Université de Montréal ajoute à sa Bibliothèque des livres rares et des collections spéciales.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Le bibliothécaire Mathieu Thomas explique que ces nouvelles acquisitions sont le fruit de généreux dons versés à un fonds de dotation, ce qui a permis à la bibliothèque d’acheter des ouvrages exceptionnels et ce parchemin qu’elle n’aurait autrement pas pu se permettre.
«Quand ils sont arrivés à la bibliothèque, c’était comme à Noël: on ouvrait les boîtes pour découvrir ce qu’il y avait à l’intérieur», a-t-il dit.
Des illustrations précieuses pour l’enseignement
Ce fragment de parchemin est l’un des plus anciens documents conservés dans une université montréalaise. Écrit en latin sur une peau d’animal, il remonte à environ l’an 900, à l’époque de Charlemagne.
Ce fut une découverte passionnante pour le professeur d’études médiévales Francis Gingras, qui explique que des pages de manuscrits en parchemin étaient utilisées pour relier des livres plus récents.
«Ils trouvaient que le texte n’était pas intéressant. Mais c’est ainsi que nous avons conservé de très anciens fragments de parchemin comme celui-ci», a-t-il dit, ajoutant que les chercheurs tentent souvent de faire correspondre des fragments entre eux pour comprendre le manuscrit original.

«Le fait qu’il soit en si bon état et qu’on puisse vraiment y voir l’origine de notre écriture actuelle, la façon dont nous écrivons», a ajouté Mathieu Thomas. «Même si le document a plus de 1000 ans, on peut encore le lire assez facilement.»
La bibliothèque a également fait l’acquisition de plusieurs livres rares, notamment un psautier enluminé datant de la France du XIIIe siècle, ainsi que d’autres ouvrages religieux, un livre sur la politique datant des années 1400 et neuf volumes de l’Anatomie de l’homme de Jean-Marc Bourgery, publiés en 1866, qui contiennent environ 750 lithographies en couleur représentant des illustrations anatomiques détaillées.
M. Thomas explique qu’avant l’apparition de la photographie, des illustrations précises comme celles-ci constituaient un outil précieux pour l’enseignement de la médecine, même si certaines sont assez macabres à regarder.
Une ressource utile pour la recherche
M. Thomas et M. Gingras s’accordent à dire qu’il est essentiel que de tels documents soient conservés dans une bibliothèque plutôt que dans un musée ou une collection privée, car ils peuvent ainsi être préservés de manière adéquate et sont accessibles aux chercheurs, aux étudiants et même au grand public.
«En tant que médiéviste, j’ai beaucoup voyagé pour voir ces manuscrits, pour voir des livres comme ceux-là, et savoir que Montréal peut désormais accueillir des chercheurs qui font le même travail – c’est une source de fierté», a rapporté M. Gingras.

M. Thomas ajoute qu’à l’ère numérique, il constate que les jeunes étudiants sont souvent attirés par les objets physiques, avec lesquels ils peuvent interagir de près.
«Certains me disent: “J’ai hâte de raconter à mes parents que j’ai touché un livre du XIVe siècle”, ce qui me fait généralement très plaisir», a-t-il confié.
La bibliothèque offre des visites guidées de sa collection une fois par mois pour ceux qui souhaitent se rapprocher de l’histoire.

